Depuis plusieurs jours, les habitants de Conakry vivent au rythme des coupures intempestives d’électricité. Aucun quartier n’est épargné par ces interruptions qui surviennent sans préavis, de jour comme de nuit, perturbant gravement le quotidien des citoyens et paralysant les activités économiques.
Dans la capitale, les témoignages se multiplient. Entre frustration et incompréhension, les habitants dénoncent une situation devenue invivable. « Le courant est coupé à tout moment, même en pleine nuit. On ne sait plus à quel saint se vouer », confie un résident de Hamdallaye.
Du côté des commerçants et des entrepreneurs, le bilan est lourd. Les pertes s’accumulent, notamment pour ceux dont la survie de l’activité dépend de la chaîne du froid. « Nous travaillons avec des congélateurs, mais avec ces délestages, nos marchandises périssent. Nous perdons beaucoup d’argent », déplore une vendeuse rencontrée au marché.
Face à cette crise, les autorités observent un silence troublant. Sollicité à maintes reprises, un responsable de la compagnie nationale d’électricité n’a pas donné suite à nos appels, laissant planer le doute sur les véritables causes de ces perturbations.
Dans un communiqué, Électricité de Guinée (EDG) a fini par évoquer un programme de maintenance. L’entreprise indique que des travaux d’entretien préventif sont en cours dans les postes de Hamdallaye et de Kipé, visant à améliorer la desserte. Elle assure que ses équipes sont mobilisées pour un rétablissement progressif du courant dans les zones concernées.
Une communication jugée largement insuffisante par les citoyens. Pour nombre d’observateurs, ces annonces ressemblent à des justifications tardives face à une réalité critique sur le terrain. « On nous parle de maintenance, mais les coupures dépassent largement ces zones et durent depuis plusieurs jours », s’indigne un internaute sur Facebook.
Ce décalage entre le vécu des populations et le discours officiel alimente davantage la frustration. S’agit-il réellement de simples travaux d’entretien ou d’un délestage non assumé ? La question reste entière.
En attendant plus de clarté, les Conakrykas continuent de s’adapter, entre groupes électrogènes, lampes rechargeables et systèmes D, dans un climat d’incertitude qui perdure.

