À l’occasion d’un récent forum d’échanges amicaux avec des médias guinéens le ministre conseiller de l’ambassade de Chine en Guinée, Xu Zheng, a évoqué les ambitions de de son pays dans le cadre de « l’Année des échanges culturels et humains sino-africains », une initiative présentée comme un levier stratégique pour consolider les relations entre la Chine et le continent africain.
Dans son allocution, le diplomate chinois a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements issus du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) de 2024, tout en marquant le 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. « Les relations entre les États reposent sur la proximité entre les peuples », a-t-il souligné, citant le président chinois Xi Jinping, pour qui le renforcement des liens humains constitue le socle d’une coopération durable.
Une année marquée par près de 600 activités
Selon Xu Zheng, près de 600 activités culturelles et humaines sont prévues à travers le continent, sous le thème : « Consolider une amitié de tout temps, poursuivre un rêve commun de modernisation ». Ces initiatives visent à rapprocher les peuples chinois et africains, tout en élargissant les champs de coopération.
Le ministre conseiller a décliné trois dimensions majeures de cette année d’échanges. Sur le plan historique, il a insisté sur la nécessité de préserver une amitié forgée « dans la lutte pour l’indépendance » et consolidée au fil des décennies. Sur le plan stratégique, il a évoqué un contexte international marqué par des « transformations inédites », appelant à davantage de solidarité entre pays du Sud face aux défis globaux. Enfin, sur le plan civilisationnel, il a souligné le rôle des échanges culturels comme vecteur de dialogue et de compréhension mutuelle dans un monde traversé par des tensions géopolitiques.
La Guinée, un terrain actif de coopération humaine
Au-delà des discours, Xu Zheng a illustré cette dynamique par plusieurs initiatives concrètes en Guinée. Il a notamment évoqué la célébration récente du Nouvel An chinois à Conakry, en présence de l’ambassadeur Sun Yong et du Premier ministre Amadou Oury Bah, symbole du lancement local de cette année d’échanges.
Le diplomate a également parlé de l’action de la mission médicale chinoise, ainsi que la création du premier centre de médecine conjoint sino-africain en Guinée, appelé à jouer un rôle clé dans la lutte contre les maladies infectieuses. Dans le domaine éducatif, l’Institut Confucius de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry attire un nombre croissant de jeunes Guinéens désireux d’apprendre la langue et la culture chinoises.
Par ailleurs, les bourses offertes par le gouvernement chinois permettent à de nombreux étudiants guinéens de poursuivre leurs études en Chine, tandis que les échanges économiques et humains entre les deux pays s’intensifient. Entrepreneurs, délégations et voyageurs participent ainsi à un flux croissant de mobilité bilatérale.
Pour l’avenir, l’ambassade de Chine en Guinée entend accentuer ses actions de terrain, en ciblant notamment les écoles, les villages et la jeunesse. Plusieurs activités sont annoncées, parmi lesquelles la Journée internationale de la langue chinoise, le concours « Pont vers le chinois », des démonstrations de médecine traditionnelle ou encore des compétitions d’arts martiaux.
En parallèle, la Chine ambitionne de renforcer l’implication de ses entreprises dans le développement local, notamment à travers des formations professionnelles et des actions de soutien en cas d’urgence.
«Nous continuerons à promouvoir la participation des entreprises chinoises au développement de communautés locales, à renforcer les échanges locaux entre les deux pays et à soutenir davantage d’étudiants guinéens dans leurs études en Chine, afin d’insuffler une nouvelle dynamique humaine aux relations bilatérales», a-t-il conclu.
À travers cette stratégie axée sur les échanges humains, la Chine entend ainsi donner une nouvelle dimension à son partenariat avec la Guinée et, plus largement, avec l’Afrique, en misant sur la culture, l’éducation et les interactions entre les peuples comme piliers d’une coopération durable.

