La Cour suprême a examiné, ce mardi 14 avril 2026, une affaire d’envergure opposant l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, à la société Djoma Groupe SA ainsi qu’à son dirigeant, Kabinet Sylla, dit « Bill Gates ».
Dès l’ouverture des débats, la défense, assurée par Me Almamy Samory Taoré, a soulevé une exception de procédure en sollicitant le renvoi du dossier devant la chambre réunie de la haute juridiction. L’avocat a motivé sa requête par la sensibilité de l’affaire et la complexité des questions juridiques qu’elle soulève. Une demande à laquelle la Cour a fait droit.
Dans ce dossier, Djoma Groupe SA et Kabinet Sylla sont poursuivis par l’État guinéen, à travers l’Agent judiciaire de l’État, pour des faits présumés de »corruption dans le secteur privé, de détournement de fonds publics, ainsi que de faux et usage de faux ».
Revenant sur sa requête, Me Traoré a insisté sur la nécessité d’un examen approfondi par la chambre réunie, évoquant notamment la durée de détention de certains prévenus. « Des personnes impliquées dans cette affaire sont incarcérées depuis plus de quatre ans. Il est donc souhaitable que ce dossier soit examiné par la chambre réunie de la Cour suprême », a-t-il plaidé.
Le ministère public, représenté à l’audience par l’avocat général, ne s’est pas opposé à cette demande. Il a, au contraire, appuyé le renvoi, estimant que la nature et les enjeux du dossier le justifient pleinement.
Au terme d’un bref examen, la Cour suprême de Guinée a ordonné le renvoi de l’affaire devant la chambre réunie.

