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Cour constitutionnelle : un ancien greffier réclame 2 milliards à l’ex-président de l’institution 

L’audience de ce lundi 30 mars 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a été marquée par la déposition d’une partie civile au profil particulier. Lancinet Kanko Kourouma, ancien greffier en chef de la Cour constitutionnelle, est venu exposer ses griefs contre l’ex-président de cette institution, Mohamed Lamine Bangoura, et ses coaccusés.

À la barre, il affirme avoir été victime d’un non-paiement partiel de son salaire pendant plusieurs années. Selon ses déclarations, sa rémunération, fixée par décret présidentiel en 2019 à 16,5 millions GNF par mois, n’aurait été que partiellement versée. Il soutient n’avoir perçu que 3 millions GNF mensuels entre 2015 et 2021.
« J’avais un manque à gagner de 13 millions 500 mille GNF par mois », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qu’il qualifie d’« injustice ».

Sur cette base, la partie civile réclame aujourd’hui 2 milliards 236 millions GNF, un montant qu’il indique être susceptible d’être réévalué. « Je ne le demande pas à cause de l’argent, mais pour mon honneur », a-t-il insisté devant la Cour.

Dans son récit, l’ancien greffier situe l’origine du différend dans le contexte de tensions ayant précédé la destitution de Kéléfa Sall. Il affirme avoir été sanctionné en raison de sa proximité supposée avec l’ancien président de la Cour constitutionnelle.

Selon lui, le tournant intervient lors du renouvellement partiel des membres de l’institution, période durant laquelle un climat de suspicion se serait installé à son encontre, après une destitution qu’il qualifie d’« illégale ».

À l’arrivée de la nouvelle équipe dirigée par Mohamed Lamine Bangoura, il soutient que ses fonctions auraient été réduites et que des sanctions informelles auraient visé, lui et d’autres agents considérés comme proches de l’ancien président.

Au-delà du préjudice financier, Lancinet Kanko Kourouma évoque également un lourd impact psychologique. Il affirme avoir sombré dans la dépression, nécessitant un séjour au centre psychiatrique de Donka.
« J’ai été maltraité à la Cour constitutionnelle », a-t-il déclaré, allant jusqu’à parler de « détournement » de son salaire.

La partie civile a demandé à la Cour d’autoriser une réévaluation à la hausse de sa réclamation, estimant que le calcul initial, effectué en 2023, avait été réalisé « dans la précipitation ».

L’affaire a été renvoyée au 1er avril 2026 pour la suite des débats.

Pour rappel, Mohamed Lamine Bangoura, détenu depuis 2022, est poursuivi aux côtés d’Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, cette dernière étant en fuite. Ils sont accusés de « détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité ».

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