Invité sur le plateau de la télévision nationale, Ansoumane Toumany Camara, Directeur général de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), a tenu à clarifier la situation sécuritaire aux frontières de la Guinée. Contrairement à certaines perceptions, il a affirmé qu’« il n’y a pas de crise entre la Guinée et ses voisins », mais plutôt « des incidents localisés entre populations frontalières ».
Selon lui, ces tensions ponctuelles s’inscrivent dans un contexte où les communautés vivent ensemble depuis des siècles, partageant histoire, culture et espaces géographiques. « L’État est resté maître de la situation », a-t-il rapporté, écartant toute idée d’escalade ou d’affrontement entre États.
Des incidents localisés à la frontière
Aux dires du porte-parole du ministère de la Défense Nationale, le premier incident concerne la localité de Koudaya, dans la sous-préfecture de Sandénia, préfecture de Faranah, où des soldats de la Sierra Leone auraient franchi la frontière guinéenne sans autorisation. Rapidement maîtrisée, la situation a conduit à l’interpellation de 16 soldats, ensuite remis aux autorités de leur pays après des négociations.
Un second cas évoqué par Ansoumane Toumany Camara a été signalé à Kisséné, à la frontière avec le Libéria, sur l’autre rive du fleuve Makona, où des incompréhensions entre populations ont émergé autour de revendications territoriales, sans toutefois dégénérer en affrontements, a-t-il expliqué.
La voie diplomatique privilégiée
Poursuivant, le Directeur général de la SIRPA a indiqué que face à ces tensions, le président Mamadi Doumbouya a convoqué à Conakry un sommet de l’Union du fleuve Mano, réunissant les dirigeants de la Guinée, de la Sierra Leone et du Libéria, sous l’observation de la Côte d’Ivoire.
Une initiative qui s’inscrit dans le respect de l’article 33 de la Charte des Nations Unies, qui recommande le règlement pacifique des différends. « Il s’agissait de parler en famille », a souligné le porte-parole.
Des conclusions apaisantes
Le sommet a permis de désamorcer les tensions et de réaffirmer les accords historiques encadrant les frontières. Les chefs d’État ont notamment reconnu la validité des conventions existantes, notamment celles issues des processus de délimitation engagés entre la France et la Grande-Bretagne entre 1882 et 1912, selon les explications de Ansoumane Toumany Camara.
Concernant le différend avec le Libéria, il a rappelé que les accords de 1907 attribuent clairement certaines zones, notamment autour du fleuve Makona, à la Guinée. « Aucune portion du territoire guinéen n’a été cédée ou occupée », a soutenu avec fermeté Ansoumane Toumany Camara.
Un retrait militaire progressif, mais une vigilance maintenue
Dans la foulée du sommet, l’état-major général des armées a annoncé un retrait progressif du dispositif militaire déployé aux frontières. Une décision conforme à la volonté d’apaisement exprimée par les chefs d’État.
Toutefois, le porte-parole a rassuré en ces termes : ce retrait ne signifie pas un relâchement. « Les forces armées restent vigilantes et mobilisées pour la défense de l’intégrité territoriale ».
En conclusion, Ansoumane Toumany Camara a appelé les populations frontalières à reprendre leurs activités dans le calme et à préserver les liens historiques qui les unissent, tout en soutenant les efforts de dialogue engagés au plus haut niveau.

