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Libération du Dr Ibrahima Kourouma : réaction de son avocat 

Après quatre années passées en détention, le Dr Ibrahima Kourouma a recouvré la liberté. L’information a été confirmée par son avocat, Me Soufiane Kouyaté, à la suite de la libération intervenue hier en début de soirée.
L’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire sort ainsi d’un long feuilleton judiciaire marqué par de nombreux rebondissements.
« Je confirme la libération du Dr Ibrahima Kourouma. Hier en fin d’après-midi, il a été remis en liberté et a regagné son domicile après réception de l’ordre de mise en liberté signé par le procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières », a déclaré son avocat.
Selon Me Kouyaté, cette décision marque l’aboutissement d’un long combat judiciaire. « C’est un sentiment de satisfaction et de soulagement, car nous avons toujours soutenu, haut et fort, que notre client est innocent. Après les débats, il s’est avéré qu’il n’a commis aucune infraction, malgré quatre années passées en détention », a-t-il affirmé.
Toutefois, l’avocat déplore que la mise en liberté de son client n’ait pas été immédiate, en dépit de la décision rendue. Il dénonce des pratiques qu’il juge contraires à la loi.
« Lorsqu’une personne est libérée, elle doit immédiatement rentrer chez elle. Or, il arrive que certains procureurs maintiennent cette personne en détention en violation de la loi, parfois pour donner l’impression qu’ils sont au-dessus des décisions rendues par les juges », a-t-il regretté.
Face à cette situation, la défense affirme avoir multiplié les démarches administratives. « Nous avons adressé des correspondances au procureur spécial ainsi qu’au régisseur de la maison centrale, avec ampliation au Bâtonnier de l’Ordre des avocats et au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. C’est à la suite de ces interventions que nous avons finalement reçu l’ordre de mise en liberté », a expliqué Me Kouyaté.
Ce n’est qu’après ces démarches que le Dr Kourouma a effectivement quitté la maison d’arrêt pour regagner son domicile dans la soirée.
L’avocat a également tenu à clarifier un point juridique souvent mal compris : le caractère suspensif du pourvoi en cassation.
« Beaucoup ne comprennent pas ce que signifie le caractère suspensif d’un pourvoi. Tout dépend du cadre dans lequel la décision est rendue. Lorsque nous étions devant la chambre de contrôle de l’instruction et qu’une mise en liberté était prononcée, un pourvoi du parquet spécial pouvait suspendre automatiquement l’exécution de la décision », a-t-il expliqué.
En revanche, dans le cas présent, il s’agit d’une décision rendue au fond, en audience publique. « Nous sommes désormais dans le cadre d’un jugement au fond. Dans cette situation, le pourvoi n’a pas le même effet automatique sur l’exécution de la décision », a-t-il précisé.
Après quatre années de détention, le Dr Ibrahima Kourouma retrouve ainsi les siens, tandis que son avocat estime que cette libération vient confirmer l’innocence qu’il n’a cessé de plaider depuis l’ouverture de la procédure.

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