Le procès opposant le professeur Mamadou Dadhi Baldé DG de l’hôpital Ignace Deen, Oumar Yansané, agent comptable, et de Samuel Koundoua, directeur des affaires financières (DAF) de l’établissement, à l’agent judiciaire de l’État pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur plus de 866 millions de francs guinéens, s’est poursuivi ce mercredi, 25 février 2026, devant le TPI de Kaloum. Après que les prévenus aient nié les faits a tour de rôle, le tribunal avait ordonné à la dernière audience sur demande de la partie civile, la comparution des inspecteurs qui ont produit le rapport incriminent les prévenus.
À la barre, Alhassane Barry, inspecteur général de contrôle, a indiqué que la mission d’inspection avait été diligentée par le ministère de la Santé.
« Notre mission consistait à vérifier l’utilisation des crédits mis à disposition par l’État ainsi que la gestion des médicaments fournis par le ministère », a-t-il expliqué.
Selon lui, les investigations ont porté sur quatre principales lignes budgétaires :
les contractuels, l’entretien et les réparations, l’achat et la fourniture de biens courants, l’acquisition de produits pharmaceutiques.
À l’issue des vérifications, plusieurs manquements auraient été relevés.
« Nous avons examiné les pièces fournies. Certaines ont été acceptées, d’autres écartées. Des bons de commande et de réception n’étaient pas conformes. Dans certains cas, des commandes ont été passées sans livraison effective », a précisé l’inspecteur.
Alhassane Barry a également évoqué des dépenses engagées pour l’achat de médicaments qui, selon lui, n’ont jamais été réceptionnés par la pharmacie de l’hôpital.
« Le récepteur n’a pas signé. Pour des ordinateurs incriminés, la dépense a été engagée en 2022, mais en 2023 aucun bien n’a été constaté. Pour nous, il n’y a rien », a-t-il affirmé devant la juridiction.
De son côté, Celia Dounoh, inspecteur de contrôle de santé, a corroboré ces constats en soulignant des irrégularités dans les pièces comptables transmises.
« Ma mission était de trier, collecter et saisir les informations. Mais les documents transmis étaient irréguliers. On me dictait même des informations à introduire dans l’ordinateur », a-t-il soutenu.
Au cours de l’audience, le contrôleur financier du CHU Ignace Deen ainsi que le représentant de la Société Guinéenne d’Importation de Médicaments (SOGUIPREM) ont également été entendus afin d’éclairer le tribunal sur les aspects financiers et logistiques du dossier.
Les débats ont principalement porté sur la conformité des procédures d’engagement et de liquidation des dépenses, ainsi que sur la traçabilité des biens et médicaments supposément acquis.
Au terme des échanges, le Tribunal de première instance de Kaloum a renvoyé l’affaire au 11 mars 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.

