En plénière ce mercredi 25 février au Palais du Peuple, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Sylla, a marqué sa première intervention officielle devant le Conseil National de la Transition (CNT) par une déclaration forte, empreinte de solennité et d’engagement.
Face aux conseillers nationaux, elle a présenté deux accords de financement majeurs, totalisant 190 millions en devises, destinés à renforcer la protection sociale et à accélérer l’intégration sous-régionale de la Guinée.
Dès l’entame de son discours, la ministre a exprimé «un profond sentiment d’honneur et une sincère gratitude » pour la confiance placée en elle. Elle a salué l’engagement constant des conseillers dans l’examen des textes stratégiques pour le développement national, tout en réaffirmant sa volonté de faire du ministère un partenaire loyal et transparent de l’institution parlementaire.
Selon elle, le premier accord soumis à ratification concerne un financement additionnel de 50 millions de dollars américains en faveur du projet de riposte d’urgence et d’appui au programme NAFA, soutenu par l’Association internationale de développement, branche du Groupe de la Banque mondiale.
Poursuivant elle a rappelé que ce financement porte l’engagement total du projet à 150 millions de dollars américains. Il a été activé pour répondre aux conséquences de l’explosion tragique survenue en décembre 2023 au terminal pétrolier de Caloum, qui a entraîné d’importants dégâts humains, sociaux et matériels.
Concrètement, a-t-elle fait savoir, ce programme vise à accompagner environ 136 000 ménages vulnérables à travers des transferts monétaires, favoriser l’inclusion économique de près de 15 000 femmes, renforcer les filets sociaux pour une meilleure résilience face aux chocs et contribuer à la reconstruction d’infrastructures essentielles endommagées.
Au-delà des aides directes, elle a affirmé que le projet intègre un ambitieux programme de renforcement des capacités pour près de 130 000 ménages, avec un appui aux activités génératrices de revenus afin d’assurer la durabilité des interventions.
« Les conditions financières ont été saluées pour leur caractère concessionnel : une commission d’engagement de 0,5 % sur le solde non décaissé, une maturité exceptionnelle de 50 ans, avec des échéances semestrielles fixées aux 15 juin et 15 décembre », a-t-elle expliqué.
Dans la même logique, elle a déclaré que le second accord porte sur la construction du corridor routier régional Guinée–Sénégal, notamment sur le tronçon Mali–Gadaloubé, pour un montant de 140 millions d’euros. « Le projet est financé par la Banque islamique de développement. Présenté comme « bien plus qu’une route », ce corridor est appelé à devenir une artère vitale pour l’intégration ouest-africaine », a-t-elle dit .
Avant ajouter qu’il permettra de dynamiser les échanges commerciaux entre la Guinée et le Sénégal, d’améliorer la mobilité des personnes et des biens, et de désenclaver des zones stratégiques.
« Ce projet s’inscrit dans la continuité du programme routier Labé–Mali, dont l’engagement global atteint désormais 326 millions de dollars américains. Il contribuera à stimuler le développement économique local, renforcer la cohésion sociale et accroître la résilience des régions concernées. Les conditions du financement incluent un taux d’intérêt concessionnel de 1,5 %, une commission d’engagement de 0,5 %, une période de grâce de 7 ans, et des échéances fixées aux 15 février et 15 août » a-t-elle conclu.

