« Je ne ferai pas de promesses que je ne peux tenir, mais nous nous battrons ensemble », déclare Ibrahima Sory II Tounkara
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a rencontré les représentants de la Chambre nationale des huissiers de justice et les commissaires-priseurs, dans le cadre de ses consultations avec les acteurs du secteur judiciaire. Cette rencontre, tenue vendredi 20 février 2026, au département, a permis à la corporation d’exposer les principales difficultés entravant le bon exercice de leur profession.
Le président d’honneur de la Chambre nationale des huissiers de justice, Sory Daouda Camara, a notamment évoqué les obstacles liés à l’exécution des décisions de justice, l’absence de siège depuis l’explosion du dépôt de carburant de Coronthie, le manque de subventions ainsi que la nécessité d’un appui institutionnel plus soutenu.
Il a également insisté sur les blocages liés aux décisions correctionnelles, en raison du retard dans la nomination des juges de l’application des peines : « Auparavant, face au refus d’un débiteur de s’acquitter de condamnations pécuniaires, nous saisissions le parquet, pour obtenir une réquisition d’incarcération. Cette procédure a été réaménagée et prévoit désormais la nomination d’un juge de l’application des peines (JAP). Malheureusement, ces nominations tardent à venir. Nous avons donc sollicité l’intervention du ministre pour que ces juges soient nommés dans des délais raisonnables », a-t-il expliqué au sortir de la rencontre.
Les huissiers ont par ailleurs plaidé pour l’application effective de l’article 29 du traité de l’OHADA, qui prévoit le concours des forces de sécurité dans l’exécution des décisions judiciaires. Un mémorandum regroupant leurs revendications sera transmis au ministre.
En réponse, le Garde des Sceaux a salué la sincérité des échanges, tout en appelant à plus de responsabilité, au sein de la profession : « Je ne ferai pas de promesses que je ne peux tenir, mais nous nous battrons ensemble. En retour, je demande de la rigueur et de la responsabilité, dans l’établissement de vos actes », a-t-il déclaré.
Le ministre a également dénoncé certaines dérives, insistant sur la nécessité d’assainir la profession : « Je veux qu’on approfondisse l’assainissement au sein de votre corporation. Lorsqu’un secteur faillit, c’est toute la justice qui est discréditée aux yeux de la population », a-t-il ajouté.
Ibrahima Sory II Tounkara a enfin réaffirmé sa volonté de poursuivre les réformes et le dialogue avec l’ensemble des acteurs judiciaires, notamment les magistrats, dans le but de renforcer la crédibilité de la justice guinéenne.

