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Affaire Apache Bérété & Cie : le procès renvoyé au 4 mars

Le procès de Souleymane Bérété, dit « Apache », et de ses co-prévenus s’est poursuivi ce mercredi 18 février 2026 devant le Tribunal de première instance de Kaloum, sans toutefois aborder le fond du dossier. En cause : des exceptions préjudicielles soulevées par la défense. À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 4 mars prochain afin de statuer sur ces questions de procédure.

Souleymane Bérété, président de la Chambre nationale d’agriculture, comparaît libre aux côtés de Madina Dansoko, vice-présidente de l’institution, ainsi que de représentants de la société Crédit Rural de Guinée. Tous sont poursuivis pour organisation frauduleuse d’insolvabilité, faux et usage de faux, ainsi que complicité, au préjudice de la banque Afriland First Bank, constituée partie civile.

Une bataille procédurale dès l’ouverture

Dès l’ouverture de l’audience, le collectif d’avocats de la défense, par la voix de Me Bakary Millimono, a soulevé plusieurs exceptions préjudicielles. Selon lui, le litige opposant la Chambre nationale d’agriculture à Afriland First Bank a déjà été examiné par le tribunal de commerce, où le Crédit Rural de Guinée aurait obtenu gain de cause.

La défense soutient que l’affaire est actuellement pendante devant la cour d’appel et qu’en application de l’article 7 du Code de procédure pénale, une juridiction répressive ne peut statuer sur les mêmes faits tant qu’une décision définitive n’a pas été rendue par la juridiction civile saisie en premier.

De son côté, la partie civile, représentée par Me Amadou Oury Diallo, a demandé au tribunal de rejeter ces exceptions et d’ordonner l’ouverture immédiate des débats au fond, estimant les poursuites pénales régulières.

Après plusieurs échanges entre les parties, le tribunal a finalement décidé de renvoyer l’affaire au 4 mars 2026 pour délibérer spécifiquement sur la recevabilité des exceptions soulevées par la défense.

Une affaire portant sur plus de 2 milliards de francs guinéens

Ce dossier judiciaire remonte au 21 janvier 2026, date de l’ouverture du procès. Les prévenus sont accusés d’avoir organisé frauduleusement leur insolvabilité dans une affaire portant sur plus de 2 milliards de francs guinéens, soit environ 14 millions de dollars réclamés par la banque plaignante.

Lors de la première audience, l’ensemble des prévenus avait plaidé non coupable. Le ministère public, représenté par le procureur Biwon Milimono, avait alors insisté sur la gravité des faits et exigé la présence de tous les mis en cause aux audiences, évoquant la possibilité de mandats d’amener en cas d’absence.

Le sort du procès dépend désormais de la décision attendue le 4 mars prochain. Si les exceptions soulevées par la défense sont jugées fondées, la procédure pénale pourrait être suspendue. Dans le cas contraire, le tribunal ordonnera l’ouverture des débats sur le fond dans cette affaire aux importants enjeux financiers et institutionnels.

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