À Kérouané, la pêche artisanale se meurt. Entre explosion démographique, pollution sauvage et pratiques destructrices, les ressources halieutiques s’épuisent. Ce lundi 16 février 2026, Moussa Camara, figure locale de la pêche « Sômônô », a confié son désarroi au correspondant local de Guineenews.
Surnommé « BRINO », Moussa Camara porte le regard amer de ceux qui ont connu le Milo généreux. Pour lui, le déclin est brutal : « Avant, le poisson se trouvait en abondance car la population était moins nombreuse et le fleuve restait préservé », explique-t-il.
Le tournant ? L’exploitation du mont Simandou. Si ce projet a boosté l’économie, il a aussi provoqué une pression démographique sans précédent. Résultat : le fleuve Milo est devenu le réceptacle des déchets ménagers d’une ville en pleine extension, transformant ce sanctuaire en dépotoir public.
Un écosystème sous l’assaut de l’homme
La raréfaction du poisson n’est que la face visible d’un désastre écologique plus profond. Plusieurs facteurs se conjuguent pour asphyxier l’affluent du Niger :
L’érosion des berges : La fabrication de briques cuites à même les rives fragilise les sols et pollue l’eau.
L’agression agricole : Les cultures intensives pratiquées dans le lit du fleuve favorisent le ruissellement des boues, comblant progressivement le cours d’eau.
L’irresponsabilité de certains pêcheurs : Le tableau ne serait pas complet sans mentionner des pratiques locales néfastes, comme l’abandon de filets durant plusieurs jours, entraînant la pourriture des captures sur place.
Un danger sanitaire imminent
Le constat final de « BRINO » est sans appel : autrefois source de vie et d’eau potable, le Milo est désormais impropre à la consommation. Cette pollution drastique menace aujourd’hui non seulement la survie économique des pêcheurs, mais aussi la santé publique des populations riveraines.
De Kérouané, Kaman Traoré pour Guineenews

