
Opérateur de la délégation de service public au Port autonome de Conakry pour les opérations de conteneurs et la manutention des véhicules, Conakry Terminal fait aujourd’hui face à un défi majeur.
« Conakry Terminal n’est rien tout seul », a martelé le directeur général devant la délégation. Pour lui, la performance portuaire repose sur une responsabilité collective. Cette journée a ainsi permis de présenter les investissements et réformes engagés, tant au niveau du terminal que sur différents sites , afin d’augmenter la cadence des opérations navires et d’accélérer la sortie des conteneurs.
Parmi les mesures structurantes, l’ouverture récente de la circulation des gros porteurs 24 heures sur 24 dans la commune de Kaloum constitue une avancée significative.
Longtemps limitée aux horaires administratifs, la circulation restreinte freinait la fluidité des enlèvements. Depuis une dizaine de jours, cette nouvelle disposition permet aux transporteurs et aux réceptionnaires de récupérer plus rapidement leurs marchandises.
Sur le plan technique, Conakry Terminal a renforcé ses capacités avec l’équipement du deuxième quai, le quai 10, en moyens modernes de manutention de conteneurs. « Nous sommes prêts. Tout est en place pour aller plus vite », a assuré Emmanuel Masson, soulignant toutefois que la rapidité des opérations dépend désormais de l’implication de tous les acteurs : importateurs, industriels, transitaires, transporteurs et services administratifs, notamment la douane.
Le terminal enregistre aujourd’hui un volume mensuel estimé entre 45 000 et 50 000 TEU, contre 32 000 à 35 000 auparavant. Une progression notable qui, si elle traduit une dynamique économique positive, met également sous tension l’ensemble de la chaîne logistique. Le directeur général préfère parler de « défi » plutôt que de congestion, même si l’allongement des délais d’importation peut engendrer des surcoûts et impacter les prix des marchandises.
Il a également rappelé que la pression sur le port est liée à l’engouement économique vers Conakry, alimenté par les sociétés minières, les commerçants et les industriels, tous dépendants du port pour leurs activités. Tout en remerciant le gouvernement pour la suspension temporaire des surestaries, il a lancé un appel solennel aux opérateurs économiques afin qu’ils procèdent rapidement à l’enlèvement de leurs conteneurs encore stationnés.
Selon lui, des milliers de conteneurs demeurent en attente, contribuant à la rareté des marchandises sur le marché et à la hausse des prix. « Quand les marchandises sont rares, cela enflamme les prix, et c’est la population qui en souffre », a-t-il insisté, soulignant que la fluidité portuaire est un enjeu social autant qu’économique.
Dans un contexte de mutation rapide, la modernisation des infrastructures et l’amélioration de la coordination apparaissent comme les leviers essentiels pour transformer le défi logistique actuel en véritable opportunité de développement pour la Guinée.

