Devant les conseillers nationaux de la transition réunis en séance plénière ce mardi 10 février 2026 au Palais du Peuple, à Conakry, le ministre secrétaire général du gouvernement, Tamba Benoît Kamano, a présenté la position de l’exécutif, peu avant l’adoption de la loi organique relative aux privilèges, avantages et à la protection accordés aux anciens présidents de la République, anciens chefs d’État et à leurs conjoints.
S’exprimant au nom du gouvernement, sur instruction du Premier ministre, le ministre a salué la vision et le courage politique du Président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Selon lui, l’examen de ce texte dès les premières plénières de la Ve République ne relève pas du hasard. Il y voit la traduction d’une volonté affirmée de poser les bases d’un État moderne, prévisible et respectueux de ses institutions, à la suite de l’adoption de la Constitution et de la mise en place progressive du bloc de constitutionnalité.
S’appuyant sur une citation de James Freeman Clarke, Tamba Benoît Kamano a expliqué que cette loi s’inscrit dans une logique de projection vers l’avenir. Il a rappelé qu’un État sérieux anticipe et organise la sortie du pouvoir afin d’éviter les incertitudes et les tensions susceptibles de fragiliser les transitions politiques. Il a, par ailleurs, salué le travail des conseillers nationaux à l’origine de la proposition de loi, ainsi que la contribution des cadres de l’administration publique mobilisés pour son élaboration.
Pour l’exécutif, ce texte, fondé sur l’article 74 de la Constitution, dépasse largement le cadre d’un simple dispositif technique. Il vise à définir de manière claire les avantages matériels et financiers, les modalités de protection, mais également les devoirs et obligations liés au statut d’ancien président ou d’ancien chef d’État. La loi consacre ainsi un équilibre entre l’honneur dû à la charge suprême et la préservation de l’intérêt général, en encadrant strictement les pensions, les avantages en nature et le non-cumul avec d’autres prestations à la charge du Trésor public.
Le ministre secrétaire général du Gouvernement a insisté sur le fait que ces avantages ne constituent pas des droits automatiques. Ils sont indissociables d’exigences de dignité, de loyauté envers l’État, de patriotisme et de respect du secret d’État, tout en intégrant des restrictions destinées à prévenir les conflits d’intérêts. « La République honore, mais elle exige et elle contrôle », a-t-il souligné, au nom de la justice sociale et de la bonne gouvernance.
Enfin, Tamba Benoît Kamano a tenu à préciser que cette loi n’est dirigée contre personne et ne saurait être perçue comme une dépense de prestige. Elle se veut plutôt un instrument de stabilité, de continuité de l’État et de paix institutionnelle. Saluant son adoption par le Conseil national de la transition (CNT), il a estimé que la Guinée franchit une étape importante vers un État plus solide, plus équitable et davantage respecté, avant d’appeler à faire vivre pleinement l’esprit de la Ve République.

