Réhabilitée il y a un peu plus de quatre ans, la route nationale RN1, reliant Conakry à Kindia et Mamou, a mis fin à près de quinze années de calvaire pour les usagers. Cette infrastructure stratégique, censée améliorer durablement la mobilité, continue pourtant d’enregistrer de nombreux accidents. Transporteurs, conducteurs et spécialistes de la sécurité routière pointent des insuffisances techniques et un non-respect de certaines normes de sécurité.
Depuis sa réhabilitation, la RN1 offre un meilleur confort de circulation et a considérablement atténué les difficultés liées à l’état jadis dégradé de la chaussée. Cependant, la persistance des accidents interpelle les acteurs du transport routier et les experts en sécurité, qui évoquent plusieurs facteurs aggravants.
Conducteur régulier sur cet axe, Mamadou Bobo Diallo reconnaît la qualité globale de l’infrastructure, tout en soulignant d’importantes lacunes. « La route est bonne, mais il y a des manquements, notamment au niveau de la signalisation. Les lignes continues et discontinues sont parfois mal placées. Dans certains virages, il n’y a aucune indication. Pour quelqu’un qui ne connaît pas bien la route, c’est très risqué », explique-t-il. Il ajoute que la faible visibilité sur certains tronçons rend la conduite particulièrement dangereuse, surtout pour les chauffeurs occasionnels.
Du côté du syndicat des transporteurs de Kindia, le constat est similaire. Son responsable, Ibrahima Sory Camara, dénonce l’absence d’aménagements essentiels à la sécurité. « La route est bien faite, mais les entreprises ont omis des éléments indispensables à la circulation. Il n’y a pas d’aires de stationnement. En cas de panne, les véhicules restent sur la chaussée, ce qui augmente considérablement les risques d’accident », déplore-t-il. Selon lui, l’absence d’espaces sécurisés pour les arrêts d’urgence constitue un facteur aggravant majeur.
Formateur à la gendarmerie nationale, Ibrahima Camara insiste quant à lui sur le non-respect des normes techniques. « Une route doit, en principe, avoir une largeur de dix mètres, avec des accotements aménagés. Or, sur la RN1, les bas-côtés sont insuffisants, voire inexistants par endroits », regrette-t-il. Il pointe également des erreurs dans le marquage au sol, notamment dans les virages, qui réduisent la lisibilité de la route et compromettent la sécurité des usagers.
Pour Mohamed Lamarana Barry, président de l’Association pour la prévention et l’action sécuritaire, la situation est préoccupante. « Le constat est alarmant. Depuis le bitumage et le marquage au sol, on observe une véritable pagaille. Des lignes discontinues ont été tracées même dans des virages dangereux », alerte-t-il. Il appelle à une correction urgente de ces anomalies afin de se conformer aux normes de sécurité routière.
En dépit des progrès indéniables apportés par la réhabilitation de la RN1, les acteurs du secteur s’accordent sur la nécessité d’interventions complémentaires. L’amélioration de la signalisation, la correction du marquage au sol, l’aménagement d’accotements et la création d’aires de stationnement sécurisées apparaissent comme des mesures urgentes. Autant de correctifs indispensables pour réduire les accidents et garantir la sécurité sur cet axe vital pour la mobilité et l’économie du pays.

