Site icon Guinéenews©

Audience délocalisée à Dubréka : la justice face à des affaires criminelles de grande gravité

Le tribunal de première instance de Dubréka a tenu, le vendredi 6 février 2026, une audience criminelle exceptionnelle délocalisée dans l’enceinte de la commune urbaine. Cette initiative avait pour objectif de faciliter le traitement d’un important volume de dossiers criminels en attente. Afin d’accélérer les débats, deux compositions judiciaires ont été constituées. Les affaires inscrites au rôle concernaient des infractions d’une extrême gravité, notamment des assassinats, des vols à main armée et des faits de complicité de meurtre.

Le premier dossier portait sur Bintou, poursuivie pour l’assassinat présumé d’un enfant d’un an, Asimirou Barry, survenu à Keitaya. À l’issue des échanges, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 27 février 2026, afin de permettre l’audition de témoins essentiels et d’éclairer davantage les circonstances exactes du décès.

Le deuxième dossier concernait neuf personnes accusées de double assassinat. Elles sont soupçonnées d’avoir tué Faustin Loua à Coyah, ainsi qu’Amadou Oury Diallo, un citoyen guinéen récemment rentré des États-Unis. À la barre, l’avocat de la défense, Maître Mamady, a dénoncé l’insuffisance de preuves matérielles à l’encontre de ses clients. Selon lui, les charges reposent sur des éléments fragiles, remettant en cause la solidité du dossier du ministère public.
« Nous nous battons pour défendre nos clients, malgré le temps considérable qu’ils ont déjà passé en détention », a-t-il déclaré, disant compter sur une décision juste et équitable, en dépit des pressions extérieures.

Par ailleurs, un autre dossier complexe a été examiné, impliquant plusieurs accusés renvoyés devant le tribunal criminel pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol à main armée, d’assassinat et de complicité d’assassinat. Il s’agissait de la troisième saisine du tribunal dans cette affaire, illustrant les difficultés liées à l’établissement des responsabilités. Trois accusés principaux sont poursuivis pour assassinat et association de malfaiteurs, tandis que d’autres le sont pour complicité.

Tout au long des débats, les avocats de la défense ont rappelé le principe fondamental de la présomption d’innocence. Conformément à l’article préliminaire du Code de procédure pénale, les prévenus demeurent présumés innocents jusqu’à ce qu’une décision judiciaire définitive soit rendue.

Cette audience criminelle délocalisée a mis en lumière à la fois la gravité des affaires traitées et les défis auxquels le système judiciaire guinéen demeure confronté. Si cette initiative a permis de désengorger les rôles et d’examiner plusieurs dossiers en souffrance, les débats sur la solidité des preuves et les accusations contestées soulignent les limites d’une justice parfois perçue comme expéditive. Les décisions attendues pourraient avoir des répercussions importantes, tant pour les accusés que pour la confiance des populations locales envers l’institution judiciaire.

 

Quitter la version mobile