Le procès correctionnel du Directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, Abdulkarim Diakité, s’est ouvert ce mercredi 28 janvier 2026 devant le tribunal de première instance (TPI) de Kankan.
Très attendu, ce procès a mobilisé une foule nombreuse. La salle d’audience, tout comme la cour du tribunal, a été prise d’assaut par des soutiens du prévenu, poursuivi pour des faits présumés de stellionat, de faux, d’usage de faux et de complicité.
Interpellé le 22 janvier dernier, Abdoulaye Diakité comparaissait pour la première fois devant la juridiction. À la barre, il a catégoriquement nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, avant de répondre aux questions du parquet et de ses conseils, sous la conduite du tribunal correctionnel.
Au cœur du dossier figure une concession familiale située en plein centre-ville de Kankan, à proximité du rond-point Komarala Loisirs. Il est reproché au Directeur préfectoral de l’Habitat d’avoir validé un nouveau plan de masse sur ce domaine, alors qu’un autre plan existerait depuis 1968. La défense soutient que ce document ancien n’était ni enregistré ni répertorié dans les archives officielles de l’Habitat au moment de l’établissement du nouveau plan, ce qui exclurait toute intention frauduleuse.
Après avoir entendu les différentes parties, le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 11 février prochain et ordonné la mise en liberté provisoire du prévenu, assortie d’un cautionnement de dix millions de francs guinéens. Cette décision a été accueillie par des applaudissements dans la salle et saluée par les partisans du Directeur, qui dénoncent un acharnement judiciaire et évoquent un complot visant à ternir son image.
À l’issue de l’audience, les avocats de la défense ont estimé que les éléments constitutifs des infractions reprochées n’étaient pas réunis. Ils ont évoqué une détention jugée arbitraire et salué la décision du tribunal comme un premier pas vers « le triomphe du droit ».
De son côté, le procureur de la République près le TPI de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a rappelé que l’action publique avait été engagée conformément aux dispositions du Code de procédure pénale. Il a souligné que la mise en liberté provisoire, assortie d’un cautionnement, respecte le principe selon lequel la liberté est la règle et la détention l’exception, tout en garantissant la comparution du prévenu. Le magistrat a également réfuté toute interférence extérieure dans le dossier, affirmant que les poursuites relèvent exclusivement de ses prérogatives légales.
Le tribunal poursuivra l’examen de cette affaire lors de l’audience fixée au 11 février 2026.

