L’Union européenne entend faire de l’année 2026 un tournant majeur de son partenariat avec la Guinée. Devant la presse ce mercredi 28 janvier 2026, l’ambassadeur de l’UE a détaillé une série de projets structurants visant à améliorer durablement le cadre de vie des populations, à renforcer la connectivité régionale et à stimuler la transformation économique du pays.
Assainissement : un centre de stockage temporaire à Zagope
Premier axe fort : l’assainissement de la capitale. En collaboration avec le ministère chargé de l’Assainissement, l’Union européenne dit soutenir la réalisation et la mise en service, d’ici 2026, d’un centre de stockage temporaire des déchets à Zagope.
Ce dispositif, aux dires du conférencier, permettra de réduire la pression sur la décharge non réglementée de Dar-es-salam et d’organiser l’acheminement des ordures, en complément des zones de tri et de transit au niveau des quartiers. L’objectif vise à améliorer l’assainissement à Conakry et, par ricochet, la santé publique et le cadre de vie des habitants du Grand Conakry.
Sécurité routière : vers un centre national de référence
Autre priorité annoncée : la sécurité routière. Poursuivant son laïus, M. Xavier Sticker a indiqué que l’Union européenne appuiera la construction et l’équipement d’un centre de sécurité routière, assorti d’une assistance technique complète. Un centre qui aura pour mission de coordonner l’action des centres de contrôle technique et de renforcer les normes applicables aux véhicules. L’enjeu est crucial dans un pays où les accidents de la circulation entraînent chaque année des pertes humaines importantes, mais aussi un lourd impact sur le système de santé et l’environnement, du fait de véhicules fortement polluants.
Routes et connectivité régionale : un pont stratégique avec la Guinée-Bissau
Sur le volet des infrastructures, l’ambassadeur a mis en avant un projet routier stratégique reliant Boké à la frontière avec la Guinée-Bissau. Il s’agit de la construction d’un tronçon de 42 kilomètres, complété par un pont de près de 300 mètres sur la rivière Kogon, en remplacement d’un bac aujourd’hui hors service.
Ce projet vise, selon lui, à accélérer les flux de biens et de personnes, à rapprocher les deux pays et à renforcer l’intégration régionale.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, l’initiative européenne de connectivité à l’échelle mondiale, destinée à soutenir les pays partenaires à travers des infrastructures durables et de qualité.
Énergie : des centaines de millions d’euros pour l’électricité
Dans le secteur de l’énergie, l’Union européenne, aux côtés de la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires comme l’Agence française de développement, mobilise des centaines de millions d’euros.
A en croire M. Sticker, ces investissements permettront la construction de plus de 700 kilomètres de lignes à haute tension, afin d’exploiter pleinement le potentiel des barrages hydroélectriques, notamment celui de Souapiti, aujourd’hui sous-utilisé, et d’exporter l’électricité vers les pays du Sahel.
L’objectif est également de garantir un approvisionnement électrique stable, fiable et de qualité sur l’ensemble du territoire. Alors qu’un peu plus de 50 % des Guinéens ont actuellement accès à l’électricité, l’ambition affichée est d’atteindre 100 % d’ici 2030.
Environnement : protéger les sites classés du Fouta Djallon
La coopération euro-guinéenne s’étend aussi à la protection de l’environnement et du patrimoine naturel. A cet effet, l’ambassade a annoncé la signature très prochaine d’une convention entre le ministère guinéen de l’Environnement et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la préservation des massifs du Fouta Djallon, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ces paysages, d’une valeur écologique et culturelle exceptionnelle, subissent de fortes pressions, notamment liées aux projets miniers.
Économie : transformer davantage en Guinée
Sur le plan économique, l’Union européenne demeure le deuxième partenaire commercial de la Guinée. Si les exportations restent largement dominées par les matières premières, l’ambassadeur a exprimé le souhait de voir davantage de transformation locale se développer.
“Entre 2021 et 2024, les exportations agricoles guinéennes vers l’Union européenne ont triplé, atteignant près de 150 millions d’euros. Riz étuvé, mangues, ananas séchés, fonio, café et cacao figurent parmi les produits concernés”, a énuméré l’ambassadeur Xavier Sticker.
Pour soutenir cette dynamique, l’Union européenne, par la voix de son diplomate, dit appuyer près d’une centaine de petites et moyennes entreprises guinéennes, notamment dans les secteurs agricole et agroalimentaire.
Un partenariat tourné vers l’avenir
À travers ces projets, l’Union européenne réaffirme sa volonté d’inscrire son partenariat avec la Guinée dans la durée, en misant sur des investissements structurants, durables et porteurs de croissance.
Pour l’ambassadeur, la trajectoire est claire : renforcer la transformation locale, améliorer les conditions de vie des populations et faire de la coopération euro-guinéenne un levier majeur de développement à l’horizon 2026 et au-delà.
