Quatre jours après la démission du gouvernement de la transition, le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a posé un acte politique majeur. Par un décret rendu public ce lundi 26 janvier, le chef de l’État a levé le voile sur l’ossature du premier gouvernement de la Cinquième République, marquant une nouvelle étape dans la reconfiguration institutionnelle du pays.
Le nouvel exécutif s’articule autour de 27 départements ministériels et de deux secrétariats généraux, notamment le Secrétariat général du Gouvernement et celui des Affaires religieuses. Une architecture qui traduit une volonté affichée de rationalisation, mais aussi de recentrage stratégique de l’action publique.
Des fusions stratégiques pour plus de cohérence
L’une des principales caractéristiques de cette nouvelle équipe gouvernementale réside dans la fusion de certains portefeuilles clés. C’est le cas du ministère de l’Économie et des Finances, désormais élargi au Budget, une configuration qui vise à renforcer la cohérence dans la gestion des finances publiques et le pilotage macroéconomique.
Même logique dans le secteur éducatif. Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation intègre désormais l’Enseignement technique et la Formation professionnelle, consacrant une approche plus globale de la formation des ressources humaines, de l’école de base à l’insertion professionnelle.
Culture, jeunesse et sports : retour à une organisation resserrée
Autre fait marquant : la recomposition des ministères de la Culture et de la Jeunesse, récemment éclatés en quatre entités distinctes. Le nouveau gouvernement opte pour un resserrement avec la création de deux départements : le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, et le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Un choix qui semble répondre à un souci d’efficacité administrative et de lisibilité de l’action gouvernementale, dans des secteurs à fort impact social et identitaire.
Un éclatement ciblé pour mieux spécialiser l’action publique
À l’inverse, certains départements ont été scindés afin de mieux répondre aux enjeux spécifiques de gouvernance. Ainsi, l’ancien ministère concerné donne naissance à deux entités distinctes : le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, et le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale.
Cette séparation marque la volonté de distinguer clairement la réforme de l’État des politiques liées à l’emploi et à la protection des travailleurs, dans un contexte socio-économique particulièrement exigeant.
Numérique, Communication et Innovation : un pôle renforcé
Enfin, le ministère des Postes et des Télécommunications, tout comme celui de l’Enseignement supérieur, ont chacun cédé une partie de leurs attributions. Ces compétences ont été fusionnées au sein du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, désormais renforcé et positionné comme un pilier central de la transformation digitale et technologique du pays.
Une nouvelle page institutionnelle
À travers cette nouvelle architecture gouvernementale, le Président Mamadi Doumbouya imprime sa marque et esquisse les contours d’un État qu’il veut plus fonctionnel, cohérent et tourné vers la performance. Reste désormais à connaître les hommes et les femmes qui auront la charge de donner corps et âme à cette ossature, et surtout à traduire ces réformes structurelles en résultats concrets pour les Guinéens.

