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Insécurité à N’Zérékoré : l’assassinat d’un étudiant sème la peur dans la ville

La nuit du 14 au 15 janvier 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de Nzérékoré, capitale de la Guinée forestière. Au-delà de la perte tragique d’un jeune homme promis à un bel avenir, ce drame ravive les inquiétudes croissantes liées à l’insécurité qui sévit dans la région. Kokoulo Beavogui, étudiant en deuxième année à l’École de Santé Communautaire, a été froidement abattu par des hommes armés alors qu’il regagnait son domicile.

L’attaque s’est produite aux abords du pont reliant Mohomou à Gonia, un axe très fréquenté. D’après les témoignages recueillis auprès des proches de la victime, les assaillants n’ont laissé aucune chance au jeune étudiant. Touché mortellement à bout portant, il a été abandonné sans vie avant que son corps ne soit jeté dans la rivière. Les agresseurs ont ensuite pris la fuite avec la moto de la victime. Un mode opératoire d’une extrême brutalité qui témoigne du niveau préoccupant de violence auquel est confrontée la ville.

Le profil de la victime confère à ce drame une portée encore plus poignante. Âgé d’une trentaine d’années, Kokoulo Beavogui avait quitté son village natal animé par un idéal : devenir agent de santé communautaire et contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires de ses concitoyens. Son assassinat laisse un vide immense, tant au sein de sa famille que dans un secteur de la santé déjà éprouvé par un déficit criant de personnel qualifié.

« Le citoyen n’a pas à assurer sa propre sécurité ; c’est à l’État de le protéger », déplore son oncle paternel, Kezely Beavogui, cadre à la Direction préfectorale de l’Éducation. Selon lui, la mort de Kokoulo n’est malheureusement pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une spirale d’insécurité persistante. Malgré la présence de patrouilles policières, les actes criminels continuent d’endeuiller les populations, souvent dans un climat d’impunité.

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