Zimbabwe : la trame d’une démission attendue non-annoncée

20 novembre 2017 12:12:49
0

A écouter le discours de Robert Mugabe, qui ne fait aucune allusion à une démission quelconque, on serait tenté de croire que le vieux briscard tente de s’accrocher et de mener tout le monde en bateau, mais Mugabe a-t-il une quelconque force et majorité de partisans au sein du parti pour ruer dans les brancards ? Doit-on craindre d’un retourné acrobatique de Mugabe? Rien n’est moins sûr.

Un retour en arrière serait un risque pour tous ceux qui ont fait connaitre leur position.  A entendre les déclarations  univoques de l’armée, de la ZANU-PF, des vétérans de guerre, de la société civile, à voir la joie de la majorité de la population qui manifestait pour le départ de Mugabe et qui attendait avec impatience son discours de démission, à voir les militaires saluer avec les honneurs militaires un Mugabe désarmé et réduit à sa plus simple expression, on peut comprendre que  ses compagnons très  sûrs et lucides veulent lui offrir une sortie honorable. Jusqu’au bout.

Même s’il préside le prochain congrès de la ZANU-PF, ce qui est  probable, il ne se présentera pas, c’est la convention pour lui permettre de sauver le reste d’honneur et surtout l’intégrité et la non-poursuite contre certains de ses proches. N’est-ce pas eux qui ont fait connaitre que Mugabe va annoncer sa démission ?

  Le discours de Mugabe entouré de militaires ressemblait à une déposition surveillée. Lui a-t-on fait lire le projet du changement préconisé par le parti pour le futur? Toutes ces paroles mesurées feront dire que les dispositions de la constitution que Mugabe avait voulu violer seront remises au goût de la nouvelle situation. Mugabe parti avec sa famille, la constitution est respectée dans toutes ses dispositions. La page sera tournée à la douce avant terme. Mnangagwa sera le successeur comme prévu.

Et si tout se passe comme décrit ici, Grace Mugabe et les autres qui ont défrayé cette chronique seraient déposés, dépouillés mais pas inquiétés judiciairement, ils ont eu le mérite d’avoir accéléré  le changement à leurs dépens. A la retraite !

Ainsi, le scénario de cette histoire se termine sans anicroches. Mugabe a sauvé tant soit peu son honneur et ceux qui l’ont déposé à la douce ont respecté la constitution, qui protestera ?

Une maturité politique qui fait honneur à l’armée zimbabwéenne et à la ZANU-PF, à moins qu’on ne se trompe sur la vraie trame du scénario zimbabwéen, et que Mugabe tente de rebondir au congrès pour déclarer solennellement devant la face du monde , en direct, qu’il ne démissionne pas et qu’il reste et demeure le chef du Zimbabwe. Cette deuxième trame est-elle possible sans verser le sang ?

Attendons de voir, mais elle est improbable.