lundi, 27 février 2017, 23:02 GMT

Un tout petit détail dans les rhétoriques du président de la commission de la CEDEAO Marcel de Souza, plus incisif et va-t-en-guerre  à souhait et dans celle de Muhammadu Buhari, le président du Nigéria, la puissance militaire de la sous-région, pourrait en dire long pour comprendre qu’il y a quelque chose de clivant.

 

Si le président dans la commission a été univoque : si Yahya ne quitte pas le pouvoir avant le 19 janvier, la CEDEAO mettrait en action ses forces d’attente pour aller le déloger. Le président du Nigéria, lui, a laissé une équivoque : si Yahya s’en va, sa sécurité sera assurée et sous forme de reproche, il ajoute à l’intention de Amara Barrow de cesser de tenir des propos vexatoires à l’encontre de son prédécesseur.

le chef d’état-major de l’armée gambienne, aurait-il perçu ce signal pour rétropédaler, que la question se pose pour celui qui veut bien se demander pourquoi il a été si vite favorable au nouvel élu et pourquoi il est revenu de façon si spectaculaire et si ostentatoire à son ancien maître.

 Il n’y a pas que des simplets qui prendraient l’attitude de ce militaire de confiance de Yahya Jammeh pour la foucade d’un autre simple d’esprit, lunatique et versatile. Les ultimatums, les injonctions et menaces militaires de la CEDEAO devraient faire peur à tout général d’une armée considérée minable, mais pas lui et il a sa raison de narguer la délégation de la CEDEAO en rang dispersé. Mais laquelle ? Le président battu de la Gambie a-t-il reçu des assurances tacites, si non pourquoi est-il retombé dans son autisme ?

Mais encore, s’il a reçu des assurances de ne pas être inquiété, pourra-t-il vivre tranquillement sur ses terres avec les siens et tous ceux qui lui sont restés fidèles ? Quel pays sera son point de chute ? Quel sera le sort réservé aux autres, on parle des militaires et des membres de son parti et de tous ceux qui ont des raisons de craindre pour leur peau ? Tous ceux-là ne pourront sûrement pas être accueillis et entretenus en exil et ce n’est pas sûr que Yahya, à son tour, les abandonne à leur sort. Que des problèmes qu’a créés la précipitation de cette Nouvelle Gambie !

Dernière chose, si jamais il arrivait quoi que ce soit à qui que ce soit du camp de Adama Barrow, Marcel de Souza serait dans la légitimité de ses paroles et actes. Dans ce cas, le Nigéria et les autres seraient bien obligés de le lâcher. Reste à savoir s’ils participeraient à la force d’attente de la CEDEAO. Yahya en est-il conscient ?

Rendez-vous est pris pour le jour de la passation du pouvoir. Mais il se pourrait que d’ici le 19 janvier, beaucoup d’eau aura coulé sous le ponte et que Yahya aura l’assurance et l’exhortation de tous ses pairs de céder volontairement son fauteuil, s’il n’est pas lâché par certains barons pour son entêtement. Du spectacle en perspective.

 

 

Moise Sidibé