Violences contre des journalistes à l’escadron N°3: témoignages à chaud des victimes

31 octobre 2017 17:17:58
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C’est une scène inouïe de violences qui s’est abattue ce mardi 31 octobre  sur certains de nos confrères journalistes qui étaient venus apporter leur soutien au Coordinateur du groupe de Gangan TV, Aboubacar Camara, détenu depuis hier lundi dans les locaux de l’escadron mobile numéro 3 de Matam.

Une interpellation qui fait suite à la rumeur sur la mort du président Alpha Condé qui s’est propagée comme une trainée de poudre à toute la capitale.  Ils sont au moins 7 journalistes à avoir été blessés lors de ces violences et des matériels de travail endommagés. Nous vous proposons ici les réactions  à chaud de certaines de ces  confrères victimes :

-Mamata Sandiana Camara, journaliste à Gangan: « on est venus à l’escadron mobile numéro 3 de Matam pour exiger la libération de notre coordinateur…, Entretemps, les gendarmes nous ont dit de sortir de la cour de l’escadron. Ils ont formé une ceinture humaine, arrivés à la porte, ils nous ont bousculé et ont commencé à nous brutaliser. Il y a deux preneurs d’images qui ont eu leurs caméras endommagées. Moi, j’ai pris un coup de ceinturon sur le dos ainsi qu’au niveau de l’œil  droit. Et lorsqu’ils ont tenté de tirer mes mèches, je me suis courbée. Mes collègues Fanta Lamarana et Adama ont été aussi frappées par les gendarmes.»

-Sory Kandia, animateur à Gangan: «hier, on a passé la nuit à la gendarmerie de Yimbaya. Ce matin, ils nous ont dit qu’ils attendaient les instructions du Procureur près le tribunal de première instance de Mafanco pour nous transférer. C’est eux-mêmes qui nous ont amené ici dans un Pickup, mais quand on sortait, un commandant venu de je ne sais où a donné l’ordre de nous faire sortir.  Contre toute attente, ils ont commencé à nous brutaliser au niveau de la porte. Certains journalistes ont été terrassés avant d’être battus, il y en a même qui ont été pourchassés, y compris moi-même.»

Propos recueillis par Dalanda Bah