Venezuela : Qui abdiquera ? Quel bon et mauvais exemple pour l’Afrique ?

31 juillet 2017 4:04:40
0

Après le décès de Hugo Shavez, la chute des prix du pétrole, principale source de richesse, le Venezuela sombrait dans le déficit et la pénurie de tous les biens et produits de première consommation, la gabegie, la corruption se montraient au grand jour. Le successeur de Hugo Shavez, Nicolas Maduro n’a pas été capable de redresser la barre et accentuait la crise par des décisions impopulaires. L’opposition, majoritaire à l’Assemblée nationale, demanda son départ. Pour tenter un tour de passe-passe, il organise vaille que vaille un référendum pour remplacer l’Assemblée nationale par une Assemblée constituante, dont il sera le maître pour tout décider (par ordonnance). C’est là que le bât blesse mal depuis avril. Crédit photo : RDI

La guerre d’usure ne semble pas se lasser. Nicolas Maduro tient bien, la rue tient bon, en dépit du nombre de morts qui a dépassé la barre de la centaine. Au iveau international, personne n’élève la voix pour condamner. Le pays qui avait tout pour émerger s’enfonce. Les parrains des protagonistes en sont bien conscients, mais par principe et par orgueil, les idéologies contraires campent sur leurs positions pour le malheur des Vénézuéliens.

Deux idéologies contraires de blocs s’affrontent. La guerre froide reprend de plus belle service. Nicolas Maduro a principalement Cuba et la Russie dans l’ombre derrière lui, On a entendu Poutine et Raoul réitérer leur soutien ; la rue a les USA et la Colombie comme tête de pont à Caracas. Air France a suspendu ses vols et l’Uncle Trump a fait évacuer les ressortissants américains. Quel que soit le futur vainqueur de ce long bras de fer, une victoire à la Pyrrhus est en vue en ce sens qu’il sera difficile de renflouer le pays de Simon Bolivar après ce naufrage structurel. L’issue sera intéressante dans la mesure où les USA de Donald Trump lésinent sur tout ce qui nécessite la sortie d’un dollars des caisses, la Russie et Cuba non plus ne roulent pas sur l’or par les temps qui courent. Ce qui se passera ce dimanche 30 juillet est à suivre.

Les Machiavels africains, gouvernants comme opposants, ne perdent pas une miette de ce qui se casse à Caracas, et pour cause, des référendums pareillement semblables à celui du Venezuela pour changer les règles établies ne manquent pas sur le continent. Si Maduro s’en sort à bon compte, cela inspirera ceux qui ont le Pouvoir à le garder, si la rue prend le dessus, on ne manquera pas de voir un nouveau printemps (africain) avec des carnavals de pilons, de balais, de sifflets, de banderoles et pancartes.

Déjà, en Guinée, le coup d’envoi d’une série de marches de protestations de l’Opposition est annoncé contre la cherté de vie occasionnée par la corruption, la gabegie et contre la non application des accords politiques. Confondant vitesse et précipitation, deux artistes qui rivalisent d’ardeur dans tout ont voulu prendre les devants en rang dispersé et se trouvent actuellement dans le même poulailler, sous le contraignant contrôle judiciaire. La grogne monte, le Pouvoir a cherché à parer au plus pressé pour pallier la marche en promulguant in extremis le code électoral qui sommeillait tranquillement  dans les dédales de l’administration. La marche risque de paralyser toutes les activités économiques et aggraver la situation déjà insupportable.

Trop tard pour les héros, et pour les remontrer d’avoir trop longtemps frimé tout à leur aise dans e blocage, l’Opposition maintient sa marche. Ça va se savoir. Laissons-les là pour leur revenir plus tard.

L’exemple du Brésil avec Lula da Silva, actuellement dans toutes sortes de tourmentes et d’humiliations devrait être une leçon pour tous. En effet, après avoir fait accroire aux Brésiliens sa probité morale et intellectuelle, le voilà rattrapé pour toutes sortes de malversations mal dissimulées. On comprendra que son soutien à la promotion féminine, en l’occurrence à Dilma Roussef, n’était autre chose que fumée et poudre aux yeux pour assurer ses arrières. Dilma Roussef n’a été qu’un pion féminin pour Lula, le cynique et le faux « père des peuples ». Malheureusement, la « succédanée » avait voulu imiter le maître et s’est fait pincer dans le grotesque « maquillage des comptes » pour masquer le trou creusé par la gabegie de son prédécesseur et mentor. La suprême maladresse a été de vouloir le « recycler » comme ministre de son gouvernement pour un hypothétique soutien populaire dont bénéficiait toujours ce dernier, mais désabusés par les révélations accablantes, ceux-ci reculèrent pour donner à la Cour suprême de la destituer sous l’impulsion du successeur Michel Temer, lui aussi empêtré et englué dans la même corruption, dit-on, mais qui s’accroche.

L’Arique du sud n’a pas besoin de faire le parallèle avec le Brésil, étant sous la même latitude, elle est la copie certifiée presque conforme de celle du Brésil. Jacob Zuma, lui aussi positionne une femme, et pas n’importe laquelle, puisqu’après l’avoir « éconduite » du foyer, il a s’est bagarré comme un diable auprès de ses pairs pour la projeter à la Commission de l’Union Africaine, pour un seul mandat, juste le temps qu’il faut pour lui faire oublier les déboires conjugaux, alors qu’elle aurait passé les mains en l’air pour un second mandat. Reste à savoir si Zuma n’a pas tourné Dlamini Nkosazana en bourrique pour maquiller les comptes désastreux de sa gouvernance avec les Gupta. On n’y est pas encore, puisque Zuma n’a plus ni les cartes ni la donne en main, contesté comme jamais en Afrique du sud et au sein de l’ANC, dont les membres doivent choisir entre lui ou leur parti. Si Zuma sort victorieux de cet autre bras de fer, l’exemple sera suivi en Afrique par tous ceux qui ont l’intention de demeurer au pouvoir et qui sont nombreux dans l’ombre.

  C’est pourquoi, ce qui se passe au Venezuela doit inquiéter les Africains à plus d’un titre. Cependant, il y a un bon exemple à suivre de cette contestation persévérante sans trop de casses et de pillages des édifices publics et privés. Les Africains doivent cesser de détruire les acquis difficilement acquis, puisqu’il faudrait les reconstruire plus tard. Il y a aussi un mauvais exemple à ne  pas suivre, celui de soutenir une dictature en chute libre, mais cet exemple sera certainement suivi par ethnocentrisme.

Au Venezuela, la démocratie et le despotisme sont à l’épreuve ; on voit bien que les systèmes autoritaristes sous perfusion et dépendants ont montré leur vrai visage par la corruption et la gabegie. Les conséquences que cela va engendrer seront douloureuses, le retard et le temps perdus ne se rattrapent pas. Ces systèmes surannés et obsolètes ne tiendront pas éternellement, ils ne peuvent entrer dans l’histoire que pour être des souvenirs maudits par/pour la postérité.