USA: pourquoi les menaces exaspérées de Donald Trump contre la Corée du Nord exaspèrent John McCain ?

09 août 2017 12:12:54
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Les tirs de missiles de la Corée du Nord font sortir de trente-six manières Donald Trump de ses gonds. Non content de le laisser s’arracher les cheveux, voilà le sénateur républicain John McCain qui l’agace par ses défis et observations critiques.

Les échanges de piques entre les deux hommes sont connus : McCain est qualifié de héros de guerre, Trump ne l’entend pas comme tel.  Il ne connait de héros de guerre que ceux qui n’ont été faits prisonniers. Un combat de poids lourds. McCain a attendu le moment opportun pour envoyer un uppercut à Trump.

En effet, la Corée du Nord a découvert que le nucléaire est un jouet pyrotechnique intéressant et que ne pas posséder ce machin diabolique est un signe de faiblesse, d’autant qu’une dizaine de pays dans le monde le possède pour faire peur à ceux qui ne l’ont pas. Ce deux poids deux mesures exaspère Kim Jong Un comme deux, puisque les Iraniens sont aussi dans le même collimateur et ils veulent également ruer dans les brancards pour tourner le balourd et poids lourd en bourrique.

 Les « trublions » de la Corée du Nord se basent sur le droit international pour faires des tirs d’essai dans les eaux internationales, ce qui exaspère le Japon et la Corée du Sud comme quatre. Le dernier tir de missile serait tombé à 200 kilomètres des eaux du Japon, là, ils ont joué avec le feu. Sont-ils si confiants de la précision de leur jouet ?

Quoi qu’il en soit, tant que les eaux territoriales d’aucun pays ne sont pas troublées, la Corée du Nord n’a pas marché sur la ligne rouge. Les conséquences immédiates  ne peuvent qu’être des condamnations verbales et tout au plus des sanctions économiques, mais les sanctions économiques, ça fait des décennies qu’elles durent contre la Corée du Nord et les effets de ces sanctions restent à être visibles.

Quant à une intervention militaire, c’est une autre paire de manches longues. Une résolution dans ce sens n’est pas facile à obtenir et si Trump décide unilatéralement d’y aller en vitesse comme Bush-fils l’avait fait en Irak, la violation des droits internationaux trouverait d’autres qui attendent à croupetons de rétablir un nouvel ordre mondial sur sa route. Non seulement ils en ont largement les moyens de guerre, mais aussi et surtout ils sont nombreux à vouloir régler des comptes avec d’autres. On n’en dira pas plus, mais ce sera contre-productif et affreux. « L’avare perd tout en voulant tout gagner », comprenne qui pourra.

C’est dans cette atmosphère que McCain exaspéré par les agitations stériles, a défié Trump pour l’enquiquiner et l’endêver, tout en sachant qu’il sera pieds et poings liés dans les procédures et probablement pas le Congrès américain.

Une fois de plus et de trop, Donald Trump est dans ses petits souliers à enrager sous l’effet du changement climatique.

Moïse Sidibé