jeudi, 30 mars 2017, 02:42 GMT

Comme dans la plupart des grandes agglomérations du pays, à Kankan, les enfants sont de plus en plus présents dans des activités informelles génératrices de revenus. En effet, malgré l’existence de plusieurs projets ou programmes  dédiés aux des droits enfants, nombreux sont des tout-petits qui ne cessent d’être tentés par l’exercice des activités génératrices de revenus. Soit pour faire face à leurs propres besoins soit pour apporter un coup de main à leurs parents démunis.

 

 

Le phénomène du travail des mineurs est d’autant évident aujourd’hui à Kankan qu’aucun secteur d’activité n’est pratiquement épargné. Ces enfants sont, soit vendeurs d’eau fraiche, cireurs, portefaix, charretiers, ramasseurs d’ordures ou soit guides à leurs parents mendiants.  

Mamady Touré et Ousmane Condé sont deux enfants respectivement âgés de 10 et 11 ans, parmi tant d’autres, qui ramassent des ordures devant des magasins du Grand marché, communément appelé ‘’Lofèba’’. Ces tout-petits, généralement non-scolarisés, disent exercer cette activité pour subvenir aux besoins des parents sans emploi.

«Je fais ce travail non seulement pour pouvoir subvenir à mes besoins mais aussi pour trouver quoi manger à la maison pour ma maman et mes petits frères », indique Ousmane Condé. Et de préciser : « chaque jour, je passe louer une charrette pour ramasser des ordures moyennant le paiement de 500 ou de 1 000 francs guinéens au moins par poubelle ou tas. Au bout de la journée, je peux me retrouver avec 10 ou 15 mille francs.»

Sur les raisons de la persistance et de l’ampleur du phénomène à Kankan, nombreuses sont des personnes que nous avons interrogées qui accusent l’extrême pauvreté engendrée par le chômage qui est devenu une épidémie dans la cité. Ce qui du coup, amèneraient plusieurs parents à sacrifier l’avenir de leurs progénitures en les privant de l’école au profit des activités informelles, génératrices de revenus.

Au regard de la recrudescence du travail des mineurs à Kankan, certains observateurs s’interrogent aujourd’hui les raisons d’être de ces innombrables projets et programmes qui œuvrent en faveur du bien-être des tout-petits dans la Savane guinéenne voire dans tout le pays entier.   

En attendant une réponse, ils sont plusieurs centaines d’enfants, filles comme garçons à exercer diverses activités dans des conditions pénibles à travers la ville de Kankan pour se faire de l’argent.

Amadou Timbo Barry

Correspondant à Kankan, Haute Guinée.

Amadou Timbo Barry