Transport interurbain: quand l’indiscipline des conducteurs provoque des bouchons en rase campagne

27 septembre 2017 13:13:51
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Les difficultés à voyager la nuit sur nos axes routiers ne se résument pas seulement à l’état de nos routes ou aux braquages, il y a également l’indiscipline des conducteurs qui règnent en maîtres  sur les routes, loin des policiers.

Nous sommes entre Kindia et Mamou, un axe où la circulation est très dense à ce niveau et plus précisément à Falloulaye, dans la sous-préfecture de Souguéta,  à une cinquantaine de Kilomètres de la ville de Kindia. Sur la pente d’une petite colline, un camion remorque a décroché. Alors pour dépasser ce camion en panne, les conducteurs sont obligés d’attendre dans une longue file leur tour de passage qui se fait par rotation avec ceux qui viennent dans le sens inverse.

Mais l’indiscipline et le manque de fair-play de deux conducteurs est venue mettre en mal ce schéma de circulation rotative consensuel. Aucun d’eux ne voulant céder le passage à l’autre. Et dans la foulée, chacun d’eux a entrainé dans sa suite la file de voitures qui le suivait. Ce qui a provoqué un doublement de ligne dans les deux sens sur des kilomètres.

Conséquence, un énorme bouchon se créa et tous les véhicules restèrent immobilisés sur place de 22 heures à 2 heures du matin. Durant ces 4 heures, des milliers de passagers vivaient dans l’angoisse. Tel est le constat fait par le reporter de Guinéenews sur place dans la nuit du dimanche à lundi 25 septembre.

Entres conducteurs c’étaient des échanges d’invectives et de défis. « Nous allons tous passer la nuit sur place’’, lancent les uns ; « Si possible tout le lendemain’’, rétorquent les autres. Entre ces propos inamicaux, des passagers cirent leur désarroi avant  de s’en remettre, impuissants, à Dieu. «Le Guinéen ne connait que son intérêt personnel», dénonce un passager. Tout en renchérissant, un pèlerin ajoute : « faire souffrir ses prochains, est un pêché que Dieu ne va jamais pardonner», maudit un pèlerin en partance pour son village.

Pour débloquer la situation, il a fallu l’intervention des jeunes passagers bénévoles aidés par des apprentis. Ils sensibilisèrent les conducteurs à ce qu’ils coopèrent pour ouvrir un couloir afin d’extraire les taxis et minibus, dans un sens comme dans l’autre. Après un vingtaine de minutes, les centaines de véhicules qui étaient en partance pour Kindia, ont pu se frayer du chemin. Et les autres véhicules qui remontent pour Mamou, ont aussitôt eu la voie libre, laissant ainsi place aux gros porteurs.

Le non-respect du code de la route entraine souvent des perturbations voire des accidents. Les syndicats qui encadrent ces transporteurs doivent  procéder à des sensibilisations portant sur le civisme et la discipline dans la conduite tant en milieu urbain que rural.