mardi, 17 janvier 2017, 08:48 GMT

Il n’y a que les magistrats qui s’entourent de protections abusives pour interdire aux gens de commenter les erreurs judiciaires. On en connait quelques-unes de ces erreurs judiciaires célèbres à travers le monde, qui ont été l’objet des commentaires les plus véhéments.

L’affaire Dreyfus en France, l’affaire Rosenberg aux USA… ont été l’objet de tous les commentaires. On a entendu qu’en France (ou aux USA) un homme a été condamné à 15 ans avant que les magistrats ne se rendent compte de son innocence, les dommages et intérêts pourront effacer toutes ces années d’incarcération ? Peut-on museler la presse quand les magistrats commettent des bourdes et gaffes aussi flagrantes ?

 

Dans l’affaire Adidas de Bernard Tapie vs Crédit Lyonnais, l’arbitrage ordonné par Christine Lagarde, la Directrice générale du FMI a été reconnue coupable de négligence mais, elle n’est pas poursuivie. Qu’est-ce que cela veut dire coupable mais pas fautive ? Une jurisprudence spécifique à la justice française ?  Si les magistrats sont allergiques aux commentaires, il leur faudrait justifier cette décision tordue  à moins que les magistrats n’aient voulu couper court, parce que le jugement n’a plus de politique dans ses jambes.

 

Nicolas Sarkozy n’est plus atteignable, politiquement. Dans ce procès, beaucoup le voyaient commet la cible principale, ainsi que dans l’affaire Liliane Bettencourt. On disait que cet arbitrage avait été concocté, arrangé à l’Elysée, mais les « fusibles » ont été d’une efficacité à toute épreuve. Ceux qui pensaient que ce procès a été réservé à la dernière minute pour tacler Sarkozy et l’empêcher de se présenter à la présidentielle, eh bien c’est raté.

 

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont tous deux out ! Mais on n’a pas fini de commenter les entourloupettes  de cette décision de la justice française, tant elle est étrange. Quoi qu’il en soit, Christine Lagarde n’aura désormais pas fière allure au FMI.

 

En Guinée, le dossier du massacre du 28 septembre 2009, longtemps repoussé aux calendes, avait eu pour conséquences de provoquer des échauffourées verbales entre Mamadi Kaba, le président de l’INDH, du député Aboubacar Sylla, qui se sont mis à deux  contre Me Cheick Sako qui a fait une sortie médiatisée pour montrer qu’il sait être irascible et allergique aux attaques et qu’il sait se défouler. Depuis que Me Cheick Sako a été nommé facilitateur du dialogue politique, il n’a cessé d’être la cible de l’opposition soit pour son laxisme, soit pour sa lenteur soit pour son incompétence. Cette opposition a demandé et obtenu son éviction du cadre du dialogue, l’homme a gardé le silence avec stoïcisme. Quant à l’attaquer encore  sur son propre terrain, sur l’affaire du massacre du 28 septembre 2009, il s’est montré si agressif qu’il a griffé et le président de l’INDH et le député qui avaient parlé de lenteur et d’incompétence de la justice guinéenne et que la CPI devrait s’en occuper.

 

 Pour le ministre, cela est une insulte aux magistrats guinéens et que le député dit du n’importe quoi. Voilà qu’à son tour, le député Aboubacar Sylla met son titre de député en exergue pour rétorquer que le ministre discourtois devrait avoir un peu d’égard pour le représentant du parlement. Bref, chacun des deux a mis son titre ronflant de magistrat et de député devant et au-dessus de tout. Ce n’est pas cela l’essentiel. 

 

Le dossier du 28 septembre est au complet, la justice guinéenne se dit compétente de le juger. Elle est devant le fait. Déjà, Me Sako dit que la justice guinéenne est capable et compétente, mais si elle n’a pas les moyens, cela ne veut-il pas dire explicitement qu’elle n’atteindra pas son but. Ce qui revient à dire qu’elle est incompétente et incapable, en fin du compte ? Quant au député, qui sait que la justice de son pays n’a pas de moyen, qu’a-t-il fait pour améliorer les choses dans ce domaine ?

 

La question brûlante est de savoir si effectivement le procès débutera en 2017, puisque tous les éléments du puzzle sont réunis.  Où trouver les moyens financiers pour que ce procès se déroule sans anicroches ? A quand l’arrivée de Dadis et de Toumba ?

 

On peut douter que ce procès débute en 2017, mais il ne devrait pas être transféré à la CPI. Ce procès capital doit se faire au plus près des victimes, c’est-à-dire en Guinée. De ce côté, Mamadi Kaba et Aboubacar Sylla, s’ils étaient unanimes que le procès ait lieu à la CPI, ils auraient tout faux. Les parents et amis des victimes souhaiteraient voir se confondre les acteurs de ce macabre scénario.

Moise Sidibé