Tension dans le Golfe: Saad Hariri a-t-il démissionné ou est-il en otage en Arabie Saoudite?

10 novembre 2017 7:07:29
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L’Arabie Saoudite a trop de chantiers sont à son actif. Il y a quelque chose qui ne dit pas son nom. On se demande si elle a des raisons de s’inquiéter et si elle a les moyens de sa stratégie surdimensionnée, globale et multiforme.

 Cela a commencé avec les attaques sur le Yémen contre les Houthis, puis la crise ouverte avec le Qatar, voilà Saad Hariri, le Premier ministre libanais qui annonce sa démission depuis Ryad et qui accuserait le Hezbollah iranien d’en vouloir à sa vie, comme le fut avec son père assassiné en 2005 et voilà un missile venant du Yémen, croit-on savoir, est intercepté au-dessus de Ryad. Une déclaration de guerre, clame l’Arabie, qui rappelle ses ressortissants.

Le signal est alarmant mais personne au niveau international ne semble voir le danger en train de se préparer. L’escalade doit être arrêtée. Saad Hariri a-t-il démissionné ou est-il en otage comme le pensent beaucoup au Liban ?

Il est notoire que la coalition Syrie-Irak-Iran et le Liban avec le soutien de la Russie monte en puissance de façon visible dans le Golfe. Il faut rajouter la Turquie à cette coalition.  La guerre contre l’EI est en passe d’être gagnée définitivement. Dans le camp de l’Arabie, à part Israël, les monarchies du Golfe ne seront pas des alliés de guerre de poids. L’Egypte aura de la viscosité pour un engagement militaire, elle a les Frères musulmans soutenus par l’Arabie Saoudite dans les occupations. Il ne reste que Israël, qui n’attend que l’occasion et une bonne raison pour aller bombarder les centrales nucléaires de l’Iran, qui ne cesse de crier « mort à Israël ! Mort à l’Amérique ! » Les Israéliens sont intermédiaires entre les Américains et les Russes. En dépit des apparences tapageuses, il est difficile de voir un conflit ouvert entre les deux, ça coûte trop cher.

 Et puis, Donald Trump fait plus de politique spectacle qu’autre chose. On le voit souffler le froid et le chaud partout, il sera entre le marteau et l’enclume, si l’Arabie entrait en conflit avec les Alliés de l’Irak, parce que celui-ci ne croisera pas les mains, il sera curieux alors de savoir quelle sera la position des soldats américains basés en Irak, retourner les armes contre leurs alliés irakiens ou combattre à leurs côtés ?

Donc, l’Arabie ne peut pas compter sur Trump pour déclarer la guerre à tous les pays d’obédience chiite qui ont lutté contre l’EI aux côtés des Américains et des Russes pendant 5 ans.

 A l’intérieur, les réformes courageuses entreprises par Mohamed Bin Salman touchent de gros intérêts qui pourraient le fragiliser. Mais à voir monter autour de lui tous ces pays d’obédience chiite, qui vont bientôt former une grande coalition dans la région inquiète le prince héritier, pour autant, il ne doit pas perdre le nord pour se lancer dans des embrouillaminis contre productifs.

 Se montrer coopératif au même titre que ses vaillantes réformes à l’interne trouverait plus de parrains pour la paix que pour une autre guerre ouverte avec tout ce monde, à l’intérieur comme à l’extérieur. Toutes les grandes économies sont éprouvées, les héros sont fatigués.

La pierre d’achoppement est ce Saad Hariri. Une seule étincelle mettrait le feu aux poudres dans le Golfe. N’est-il pas mieux de le laisser retourner au Liban, s’il n’est pas retenu contre son gré ?