TEF Forum à Lagos : l’appel des jeunes entrepreneurs guinéens primés à leurs collègues

18 octobre 2017 15:15:53
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Formation, mentorat et capital d’amorçage, ce sont, entre autres, des avantages qu’offre la Fondation Tony Elumelu aux jeunes entrepreneurs africains. Lors de sa troisième édition tenue à Lagos, au Nigeria les 13 et 14 octobre 2017, deux Guinéens ont pu accéder à ces avantages. Le premier, Saïkou Yaya Baldé a présenté le projet Healthcare (Soins de santé) alors que le second, Boubacar Aliou Diallo a été primé pour son projet agri business visant à concilier agriculture et élevage.

Installé à Dubreka, Boubacar Aliou a constaté qu’éleveurs et agriculteurs sont dépendants les uns des autres. Il tente de résoudre cette interdépendance : «mes atouts ont été cette forme d’intégration (agriculture-élevage). Le constat que j’ai fait, c’est que la plupart de ceux qui font l’élevage ne font pas l’agriculture. Ils sont obligés de prendre les déjections des poulets pour les donner aux agriculteurs afin qu’ils fertilisent leurs jardins et qu’eux aussi vont prendre des produits agricoles pour alimenter leurs bétails ou volailles. Je me suis dit pourquoi dissocier les deux ? C’est pourquoi je me suis donné l’objectif d’associer l’agriculture et l’élevage pour donner plus de valeur ajoutée à mon entreprise.»

Pour lui, s’il a réussi dans son projet, c’est parce qu’il a été persévérant. Il lance un appel aux jeunes guinéens d’avoir le courage d’affronter des difficultés qu’ils rencontrent dans les activités qu’ils mènent. «L’appel que j’ai à lancer aux jeunes entrepreneurs africains et guinéens en particulier, c’est de rester persévérants par rapport à tout ce qu’ils sont en train de faire. Le plus grand mal dans ce monde d’entrepreneuriat, c’est si tu n’es pas persévérant là où tu es en train d’évoluer. Parce qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui ont tendance à croire que les choses sont faciles. Dès qu’ils rencontrent des difficultés dans leur activité, ils abandonnent cela au profit d’une autre activité. Il faut rester persévérant et patient dans tout ce qu’on fait. Si on arrive à le faire j’en suis sûr qu’on verra l’issue de notre activité », a-t-il exhorté

Housseynatou Diallo est Sénégalaise, mais elle a ses origines en Guinée. Au-delà du capital d’amorçage de $5000, elle a reçu un satisfecit qui lui a été décerné par la Fondation Tony Elumelu. Doctorante en Economie agricole, elle fabrique du jus qu’elle revend dans un super marché sénégalais et à des abonnés : « je transforme les fruits locaux du Sénégal  en plusieurs produits. D’abord, je fais du jus. Pourquoi je fais du jus? Quand j’ai déposé mon projet à la fondation Tony Elumelu, l’ambition c’était de faire un centre de transformation de jus. Mais comme je n’ai pas de moyens et les machines de transformation du jus coûtent chères, je me suis adaptée.  Je me suis demandée ce que je dois faire pour éviter des dépenses inutiles et d’avancer ensuite parce que l’ambition ce n’est pas d’avoir seulement  une entreprise mais c’est de créer des entreprises dans toute l’Afrique. J’ai commencé avec le jus de fruit que je vendais à mes amis. Je faisais la livraison à domicile.»

Selon Housseynatou, ses amis se moquaient d’elle. Puisque pour eux, il n’est pas possible qu’elle se lance dans ce genre d’activité alors qu’elle a son Master II : « Les gens se moquaient de moi en disant comment je peux avoir un Master II et faire du jus. C’est incompréhensible pour eux. Moi, je me comprends et je sais là où je veux aller. Il faut se battre parce que l’entrepreneuriat n’est pas une chose facile. Il faut tout le temps se battre pour trouver de solutions et de ne pas écouter les gens parce qu’on est  dans une société où les gens sont complexés quand ils te voient faire certaines choses. Ils se moquent de toi. »

Mamadou Saïdou I Souaré donne des cours de nutrition fondamentale et de la technologie des produits laitiers à l’Institut supérieur des sciences et médecines vétérinaires de Dalaba. Lors de la première édition du TEF forum en 2015, il a été le seul Guinéen à avoir été primé pour son projet de transformation de la mangue en jus et du lait en yaourt.

«J’ai visé sur une entreprise de transformation de la mangue en jus. Etant nutritionniste, je pense beaucoup à la prévention de la malnutrition. Je vois de nos jours qu’il y a plusieurs importations notamment du jus de fruit. Je me suis dit qu’il faut essayer de valoriser nos aliments locaux. En plus de cela, j’évolue dans le domaine des technologies des produits laitiers, c’est-à-dire, la transformation du lait en yaourt », a-t-il expliqué.

Il a participé au forum de 2017 en tant qu’Alumni, c’est-à-dire chef du réseau des entrepreneurs de la Guinée ayant présenté des candidatures au programme de la fondation Tony Elumelu. Il explique la vision de la fondation du philanthrope nigérian, Tony Elumelu: « cette fondation a pour objectif de libérer la jeunesse africaine à travers l’entrepreneuriat. Elle a un programme de dix ans qui vise à récompenser chaque année mille jeunes d’un capital d’amorçage de $5000. M. Tony Elumelu suppose que pendant dix ans il y aura dix mille jeunes entrepreneurs. Si chacun d’eux arrive au minimum à employer dix jeunes, c’est énorme. C’est une politique pour l’Afrique. Quand j’ai vu ce programme, j’ai postulé

Puis, il demande aux jeunes entrepreneurs guinéens de chercher à bénéficier des opportunités qu’offre cette fondation : « je conseille aux jeunes guinéens de se lancer dans l’entrepreneuriat. Il ne s’agit pas de dire que la vie est difficile, mais il faut avoir le courage de travailler. Il faut que les jeunes guinéens s’intéressent à cette fondation qui vient en appui aux jeunes africains. »

 

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