Talent buzz : Moussa Daraba ouvre son cœur à Guinéenews©

19 juillet 2017 11:11:59
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« On est vu avant d’être écouté en présentation »

Jeune et souriant, innovateur et brillant, Moussa Daraba est aujourd’hui le prototype du jeune Guinéen qui a compris que l’avenir appartient à ceux qui marquent positivement l’histoire. Ce juriste qui a fait ses premiers pas au groupe de médias Hadafo, a su, de par son éloquence et son leadership, conquérir les cœurs qui l’ont découvert sur les plateaux de télévision et aussi, lors des présentations scéniques de grands événements culturels et juvéniles de la Guinée.

Dans le cadre de la promotion des jeunes compétents et visionnaires, votre quotidien Guineenews l’a rencontré pour votre bonheur. Lisez !

Guinéenews© : Moussa Daraba s’attendait-il à se retrouver présentateur TV lorsqu’il était sur les bancs  ?

Moussa Daraba : Depuis tout petit, le parler en public a toujours été ma passion et je racontais incessamment les films que je suivais. Les gens m’aimaient pour ça dans la cité de Gbenko où mon père était cadre. Mon rêve au début, c’était d’être diplomate et ce dernier sommeille toujours en moi. Beaucoup me disaient que j’avais un talent oratoire à vendre mais c’est en découvrant des gens comme le frère Amani, Tonton Bangs et tonton Claudy Siar mon idole absolue que j’ai pris goût à la présentation. De nature,  je fonce toujours et dès après mes études, Espace TV fut ma première expérience. Aujourd’hui, j’officie à Cis Média qui est l’un des médias les plus ambitieux d’Afrique.

Guinéenews© : Aujourd’hui, vous êtes un exemple de réussite pour cette jeunesse guinéenne qui se cherche. Partagez avec nous vos recettes.

Moussa Daraba : Vous savez, la première richesse que l’homme doit avoir c’est l’espérance. Je suis de la race des jeunes Guinéens qui ne se laissent pas abattre par les circonstances qu’ils vivent. Je me fixe des objectifs, j’y mets les moyens qu’il faut pour les atteindre. J’apprends, je comprends, j’entreprends. Et en général, je réussis à ne pas décevoir ceux qui ont foi en moi. Le respect et la réussite dans un pays comme le nôtre, s’arrachent. Et pour cela, il faut être d’une force de caractère infaillible.
Je crois aussi en Dieu et en la bénédiction de mes parents. Tous mes proches savent que je n’en rigole pas. Ce sont eux mes protecteurs après Dieu.

Guinéenews© : Vous êtes nominé dans la catégorie « Meilleur présentateur TV” au Festival SICA qui se tiendra au Bénin du 3 au 6 novembre prochain. Que représente à vos yeux cette responsabilité ?

Moussa Daraba : J’ai accueilli cette nouvelle avec beaucoup d’honneur. La Guinée est une source intarissable de talents et être trié dans ce lot suite à une enquête d’opinion, c’est assez réconfortant. Il a fallu du sacrifice pour réaliser cet exploit. Le moral est au beau fixe au regard de l’effet que cela a fait sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de messages de soutien et de partage des publications sur lesquels il y a eu des milliers de commentaires. Ça m’a rassuré qu’il y a toute une jeunesse qui reste mobilisée derrière moi. Ça revigore. La préparation se fait sûrement. Je dois entrer en contact avec les aînés pour des conseils, avoir des séances de travail et de répétition avec Kandia Kora, m’interner ensuite et laisser l’équipe qui nous encadre se charger du reste des procédures. J’espère rendre à la jeunesse guinéenne sa fierté qu’elle n’a jamais cessé de réclamer.

Guinéenews© : En vous brûle la flamme de l’activisme. Et pour l’exprimer, vous comptez organiser la première cérémonie de la reconnaissance de l’excellence juvénile dénommée « J Award ». Parlez-nous de ce projet.

Moussa Daraba : Au-delà du jeune journaliste que je suis,  je suis aussi un citoyen engagé à apporter un changement positif au pays. Tous les discours officiels des politiques, des gouvernants sont minés du mot « jeunesse ». Dans les faits, nous sommes complètement hors-jeu. Allez voir à l’Assemblée nationale, il n’y a aucune représentation juvénile. Il existe plusieurs cérémonies de distinction mais aucune dédiée aux jeunes pourtant acteurs primordiaux et centraux du développement de la Guinée. Ce sont des exemples parmi tant d’autres. C’est à l’issue de ce constat que j’ai créé mon entreprise de communication « Intelligentsia Guinée ». Puis, j’ai initié les “J Awards Guinée”, première cérémonie de distinction des jeunes acteurs du développement du pays avec pour slogan « Célébrons la jeunesse ». Chaque année, dans 10 secteurs d’activités où sont actifs les jeunes, nous mettrons sous le feu des projecteurs des lauréats qui seront passés au crible par un jury emblématique. Pour cette première édition, nous l’organiserons en décembre, ici à Conakry.

La jeunesse guinéenne, dit-on, manque de repère mais nous disons non,  il y a juste des repères qui ne sont pas repérés. Les “J Awards” vous les feront découvrir.

Guinéenews© : Le monde vous a découvert avec le groupe de médias Hadafo. Et depuis un certain moment,  vous évoluez à Cis médias. Pouvez-vous nous dire les causes de ce départ ?

Moussa Daraba : En préambule, je remercie Hadafo pour le séjour professionnel que j’y ai passé. J’ai beaucoup appris avec eux mais comme vous le savez, la vie est faite de mouvements et il faut que certains quittent pour que d’autres arrivent. Je suis particulièrement reconnaissant envers M. Kalil OULARE qui me servait de guide dans cette boîte. Cis médias, c’est un gros projet et j’ai envie de faire carrière dans les médias et de vivre de mon art. J’ai l’espace qu’il faut pour m’exprimer et je me sens en train de m’y épanouir. Bref, c’est en parfait accord avec ma vision des choses. J’y ai été reçu par le PDG M. Antonio Souaré en personne. En résumé, c’était le mercato de Paris. J’ai été racheté par le Real Madrid. Rire.

Guinéenews© : Selon vous, qu’est-ce-qui distingue un animateur d’un présentateur, vu que de nos jours, beaucoup de journalistes confondent les deux. Et du coup, tout le monde porte les deux grades ?

Moussa Daraba : S’il faut faire un classement pyramidal, le présentateur (télé ou scénique) est nettement au-dessus de l’animateur. Il y a une nuance. Ce qui reste sûr, à mon humble avis, dans l’animation, c’est la gaieté et la recherche de la bonne humeur chez le public qui priment. Il n’y a pas souvent de limite tant que l’audience y prend du plaisir. C’est de la folie. La présentation, à son tour, qu’elle soit scénique ou sur un plateau télé, obéit à des exigences, des valeurs. Tout doit être minutieusement préparé. Il faut d’abord être présentable. Il ne faut jamais improviser. Ce qui est de la spécialité des animateurs très souvent. Il faut avoir du charisme, être élégant et éloquent. On est vu avant d’être écouté en présentation. Le présentateur peut animer mais l’animateur s’il ne sort pas du cadre ordinaire, aura du mal à se faire accepter sur scène.