Talent-Buzz : A la rencontre d’un photo-reporter guinéen de renom

23 août 2017 12:12:33
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Cellou Binani Diallo, la quarantaine est un photographe guinéen. Il photographie depuis plus de vingt ans les différents milieux guinéens à travers des clichés diffusés dans les médias locaux et étrangers. Déjà à l’université, il était intéressé par la photo mais il était loin d’imaginer qu’elle pourrait devenir sa carrière.

‘’J’ai toujours aimé faire des photos avant même de finir mes études. J’ai grandi au quartier Boussoura près de Dixinn gare où il existait cinq studios. Après mes études, j’ai fait plusieurs stages et malgré toutes les promesses, je n’arrivais pas à décrocher mon premier emploi. C’est comme ça j’ai eu l’idée d’embrasser ce métier. Du moins pour joindre les deux bouts… Et c’est en 1990 que j’ai commencé à vendre des photos’’, explique-t-il.

Ainsi, il a commencé sa carrière comme photo-reporter pour le magazine ‘’Le pays’’ dirigé par Titi Faye. Puis, il a été recruté par le satirique Le Lynx d’où il obtiendra le pseudo ‘’Paparazzo’’. Il capture des faits marquants de l’histoire de sa société. Son premier scoop, il se rappelle encore : « Il s’agit de la casse de Kaporo rails. J’étais le seul photographe à avoir l’image de la voiture des gendarmes de marque Jeep calcinée et aussi d’un gendarme bastonné. Mais puisque j’étais à mes débuts, j’ai eu peur de diffuser cette dernière image et j’ai même détruit l’image en question », dit-il.

Soucieux de se perfectionner, Cellou fréquente les bibliothèques à la découverte des ouvrages portant sur la photographie. Un jour, pendant qu’il était au groupe de presse Lynx-Lance, il fait la rencontre d’un monsieur au service culturel de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Conakry qui va lui conseiller un bouquin sur l’histoire de la photographie qui ‘’va changer sa vie de photographe’’, dit-il. ‘’J’ai découvert beaucoup d’astuces dans cet ouvrage’’, affirme-t-il. En plus de cela, il a également suivi plusieurs formations à Conakry avec des experts étrangers. Parfois, il n’hésitait pas de payer ces formations s’il le fallait.

De nos jours, Cellou Binani se démarque de plusieurs autres de ses confrères. Par son dynamisme, il est aussitôt remarqué par les journalistes guinéens qui n’hésitent pas à le recommander à des médias étrangers. Aujourd’hui, il exerce son art en qualité de correspondant de l’Agence France Presse (AFP), Chine Nouvelles et d’autres médias étrangers à temps partiel (Jeune Afrique, Journal du Dimanche…).

Parfois victime de coups et brimades dans l’exercice de ses fonctions mais pour autant, Cellou Paparazzo ne baisse pas les bras sur le terrain. Pour sa sécurité, il s’est muni de gilet et de casque par balles et fait le plus possible attention pendant les manifestations politiques où ils sont pris parfois pour cibles. ‘’Parce que nous sommes témoins des faits que ce soit du côté des manifestants ou des forces de l’ordre quand ils font leur sale besogne’’, précise-t-il.

En 2009, il fonde avec d’autres confrères l’Association des journalistes photo-reporters de Guinée (AJPRG) dans le souci de valoriser l’art de la photographie en Guinée. ‘’L’objectif étant de s’unir pour professionnaliser ce métier. Former les plus jeunes pour la relève et lutter contre les agressions dont nous sommes victimes’’, a laissé entendre Cellou Paparazzo.

Aujourd’hui, avec ces photos qui en disent plus que des reportages, Cellou Binani Diallo vit pleinement de son art. « La photographie est ma source principale de revenus. J’ai une femme et quatre enfants dont je m’occupe bien. J’ai construit une maison avec mes économies. Mes parents aussi ont été toujours fiers de moi avant d’être rappelés à Dieu », s’estime-t-il heureux.