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Radios privées : le ministère de la communication publie un rapport accablant

sam, 27 Juil 2013, 20:04

Le rapport était trop attendu, et maintenant, il est disponible. S'exprimant en conférence de presse ce samedi à Conakry, le ministère de la communication est monté au créneau pour fustiger dans un rapport au vitriol toutes les radios et télévisions privées de la place qui à ses yeux foulent au pied les termes des cahiers de charge. Dans son exposé, Césaire Togba Kpoghomou a énuméré différents griefs contre les médias non en règle, a-t-on constaté sur place. 

Après l'exposé liminaire du ministre, c'est à Kaba Condé, le directeur de la radio nationale, qui est revenu de lire le contenu du rapport final. Parlant de la situation actuelle des radios privées, il dira que la commission tripartite ayant fait l'état des lieux, a constaté ces dérapages :

Premièrement, à ce jour, seulement 7 radios privées sur les 55 ont signé la convention d'établissement avec le ministère de tutelle contre une seule télévision sur les 6. Or, cette convention est obligatoire avant le démarrage de toute émission, selon l'article 2 du cahier des charges.

Deuxièmement, on note qu’avec un seul agrément, certaines radios disposent de 2 ou 3 fréquences, alors qu’un agrément donne droit à une seule et unique fréquence, selon l'article 4 de l’arrêté N0 4316 d’application du décret. En violation de cette disposition, six promoteurs de radios ont installé des stations d’émission en lieu et place des stations de réémission.

Par ailleurs, la commission tripartite note le non respect des normes techniques comme la non utilisation correcte de la fréquence attribuée, le non respect de la hauteur maximale des antennes ou de la puissance apparente rayonnée, autant de violations entrainant les interférences.

Autres dérapages, c'est l'amalgame entre radios communautaires et radios commerciales privées. A ce niveau, nombreux sont les promoteurs détenteurs d’agréments de radios communautaires qui évoluent sur le terrain en radios commerciales, selon l'article 3 du décret. 

Il y a également le délai de démarrage de six mois (Article 25 du cahier de charges). A ce niveau également, nombreux sont les promoteurs qui ont dépassé largement le délai de six mois qui leur est accordé pour commencer l’exploitation de leurs radios et de leurs télévisions. 

Pis, la commission accuse cinq promoteurs qui disposaient des agréments radios et télé et par la suite ont créé des partis politiques sans se démettre des agréments en violation des lois.

A date, seule une radio a présenté son bilan d’exercice 2012, conformément au cahier de charges. Parlant de l’agrément, l'article 24 du cahier de charges stipule également que sa durée sur une période de trois ans renouvelables. Or, dix radios et télé ne sont pas encore en règle. 

Autres dérapages indexés : c'est entre autres l’interconnexion avec les radios étrangères sans l’avis du ministère, la transformation d’une radio communautaire en une radio religieuse. 

Au chapitre conséquences des violations du cahier de charges, la commission tripartite cite le non respect des grilles de programmes, la création anarchique de radios sans agréments, l’installation des émetteurs sur le territoire national sans aucun respect des normes, le non paiement des droits, taxes, redevances à l’Etat depuis plus de 3 ou 7 ans, la non protection du personnel contre les risques professionnels, le parrainage politique de certaines émissions.

Comme mesures annoncées : le renforcement du mécanisme de contrôle de l’application des dispositions prévues par le cahier de charges, la prise d’un arrêté portant annulation des agréments qui avaient été délivrés depuis plus de six mois, ainsi que la révision des cahiers de charge.

Et pour clore, toutes les mesures administratives et judiciaires seront prises au besoin à l’encontre de tout média qui ne respectera pas les cahiers de charges, conclut le rapport officiel.

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