dimanche, 26 mars 2017, 05:26 GMT

La rencontre entre Alpha Condé et le syndicat le mercredi 15 février dernier a finalement été très instructive. A la lecture du compte-rendu de cette rencontre et des informations collectées auprès des parties en négociation, il est établi que les rétrogradations et les baisses de salaires prétendues par les syndicats sont bien loin d’être avérées, que le gouvernement accepte de prendre en compte l’ancienneté dans la transposition et, enfin, qu’il recrutera les contractuels après une remise à niveau.Ces informations ont été données par des sources proches du gouvernement et confirmées par des syndicalistes.

 

On apprend également que sur la fameuse question de la valeur du point l’indice, le gouvernement a proposé qu’une séance de travail tripartite évalue l’impact de son rétablissement.

 

C’est cette proposition qui pose problème car le Syndicat ne veut rien entendre d’autre que le rétablissement de cet indice, opération qui, selon toute vraisemblance, entraînera une nouvelle augmentation (de 40% ?) des salaires de la Fonction publique. Selon le gouvernement ,  tout le monde (syndicalistes y compris) s’accorde pour reconnaître que les accords sur cette nouvelle grille avaient clairement stipulé que cette nouvelle grille ne devait pas occasionner une hausse de la masse salariale de la fonction publique.

 

Conclusion : c’est donc une augmentation de salaire que les syndicats sont en train de négocier. Tout simplement. Ni plus, ni moins. Rien de grave en soi. Très légitime au demeurant.

 

Mais ce qui est dérangeant, c’est ce sentiment de se faire rouler dans la farine qu’éprouvent ceux qui s’indignaient du fait que les syndicats avaient subi un préjudice grave et irréversible de leur situation administrative. Or, pour le syndicat, il ne s’agit ni de préserver des droits acquis, ni de protéger une quelconque position administrative. Il s’agit de gagner plus d’argent sans avoir le courage de le dire. Il s’agit d’entraîner les élèves, leurs parents et l’opinion publique dans le soutien d’une revendication prétendument purement administrative alors qu’elle est réellement  pécuniaire.

 

Comme si vouloir plus d’argent était honteux ? Oui, c’est honteux quand on s’est entendu pour ne pas en réclamer. C’est méprisable quand on a obtenu plus de 150% d’augmentation de salaires en moins de quatre ans. C’est indigne quand on n’est pas capable d’obtenir une baisse du prix du carburant alors qu’on a engagé tous les travailleurs dans cette lutte au risque de leur faire perdre leurs salaires et leurs emplois. C’est malhonnête quand on s’est engagé à baisser le prix des transports en commun pour soulager les pauvres populations et qu’on ne l’a toujours pas fait.

 

107.000 fonctionnaires cramponnés à leurs avantages et leurs rentes égoïstes ne peuvent pas continuer à prendre en otage 11 millions de guinéens avec la complicité passive d’un gouvernement incapable d’imposer un climat social apaisé. Les guinéens en ont marre d’être les dindons de la farce !

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Amadou Tham Camara