Succession à la présidence de l’UA : quand le président de la Commission ravale

07 juillet 2017 10:10:43
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Sans intention de jouer au gâte–sauce et trouble fête, on doit faire remarquer que ce 29ème sommet de l’UA est loin d’être un succès, un euphémisme. Non seulement les absents étaient nombreux, peut-être à cause des objectifs fixés de façon peu consensuelle mais volontariste d’un groupuscule composé d’Alpha Condé, de Paul Kagame et de Idriss Deby, les mousquetaires les plus en vue de ce « machin », auxquels s’est adjoint Alassane Ouattara avec un enthousiasme et un engouement plus affirmés que même les initiateurs. On se demande si les membres du G-5, frappés de plein fouet dans la lutte contre l’insécurité sont autant décidés de mettre la main à la poche pour des fioritures, quand les 10 millions d’euros à mettre immédiatement sur la table de la défense commune du Sahel faussent bien des calculs et font grincer des dents. Sur un devis estimé à 423 millions d’Euros, on parle d’un tiers théoriquement acquis, et ça veut dire ce que ça veut dire.

Et comme les chiffres sont identiques, on annonce encore qu’un tiers de pays de l’UA ont promis de mettre la main à la poche pour financer le fonctionnement des institutions pour ne pas faire la manche, mais ce chiffre d’un tiers des pays, il faut prendre le prendre avec des pincettes, quand on sait que tous les pays qui avaient fait des promesses de financer le fonds vert à la COP-21 de Paris ne se sont pas encore acquittés. L’intention ne vaut pas l’action.

Par ailleurs, l’intention vaut l’action, à l’UA ; la preuve, le prochain président en exercice est déjà connu, c’est Paul Kagame, qui n’est pas encore « re-président » du Rwanda, puisqu’il y aura élection chez lui à la fin de cette année, mais la politique est si bien ficelée au Rwanda qu’il est déjà élu et qu’il va se succéder à lui-même et à la présidence tournante de l’organisation continentale. Est-ce que tout serait écrit d’avance, en Afrique, qu’on ne doit pas s’étonner ? Le syndicat des chefs d’Etat a déjà désigné préventivement Paul Kagame comme le successeur d’Alpha Condé. Moussa Faki Mahamat l’a affirmé dans un entretien avec RFI qui n’avait pourtant absolument rien de contraignant, mais à la question de savoir si éventuellement Kagamé n’était pas réélu, même Toto sait qu’il ne l’est pas encore, Moussa Faki a adroitement ravalé en disant que c’est le Rwanda qui succédera à Alpha Condé. Même s’il n’a pas trop varié, on pense à celui qui a parlé de « mélanger des choux et des carottes » ? Mais encore, une autre question subsidiaire se pose : Si Paul Kagame n’était pas réélu (une éventualité sur dix mille) serait-ce toujours le Rwanda ? La question de démocratie est là. Le prochain sommet de l’UA fera la décantation, mais obtiendra-t-il le quorum nécessaire ? Attendons de voir.

Cette fameuse taxe de 0,2% sur les importations n’a pas fini de faire polémiques. L’UA est encore et plus que jamais à la croisée des chemins.