Simandougate – Le dossier accablant de la Guinée contre Beny Steinmetz (2ème partie – les bénéficaires de BSGR )

20 avril 2017 11:11:13
2

Dan la première partie, Guinéenews© a indiqué les raisons qui font que la Guinée accuse BSGR d’avoir corrompu pour obtenir 2 blocs du riche gisement de fer du mont Simandou.

Les principaux « bénéficiaires » des largesses de BSGR pour obtenir Simandou « par corruption » selon les avocats de la Guinée – sont dans l’ordre suivant :

Ismaël Daou

Tout aura commencé par un homme d’affaire malien qui sera contacté par des intermédiaires de BSGR pour trouver une entrée au sommet du pouvoir guinéen sous l’ère de feu Lansana Conté. D’après les enquêtes des avocats, M. Daou serait vraisemblablement le dirigeant d’une société dénommée Medilab UK Limited, qui se spécialise dans la fourniture d’équipements scientifiques aux écoles et universités. Les avocats de la partie guinéenne soulignent que Pentler, la société écran utilisée par BSGR, a promis de verser à M. Daou 2.975.000 USD pour l’obtention de droits miniers sur les zones nord et sud de Simandou ainsi que 900.000 USD pour l’obtention de droits sur les blocs 1 et 2 de Simandou. En plus, il lui sera proposé une participation de 2% dans le projet s’il aboutit.

Aboubacar Bah

Inconnu du grand public, l’homme d’affaires est pressenti par Ismaël Daou pour ses relations avec un des influants caciques tout puissant de l’époque, feu Elhadj Fodé Soumah, ancien gouverneur de la banque centrale d ela République de Guinée. Aboubacar Bah introduira Cilins, le Français à Fodé Soumah et ce dernier leur avait suggéré apparement de voir Mamadie Touré (considérée comme l’une des épouses de Conté, ndlr) et son demi frère Ibrahima Sory Touré qui auraient « l’oreille du président Conté ». Aboubacar Bah obtiendra 420.000 dollars US le jour de la signature du protocole d’accord BSGR/Guinée le 20 février 2006. Initialement, devant toucher 15,3 millions de dollars, Aboubacar Bah exigera – sans succès – d’être payé rubis sur ongle. Il le précisera dans un courriel où il exige la tenue des engagements « conformément à l’accord qui a permis de vous introduire en Guinée » et proférera des menaces de « tout révéler » dans une série de courriels entre novembre 2009 et mai 2010 présentés comme preuves par les avocats de la partie guinéenne.

Mamadie Touré

La quatrième et plus jeune épouse du président Conté agée de 24 ans à l’époque – fille d’un de ses amis – sera approchée via Elhadj Fodé Soumah. Mamadie Touré, qui n’a pas poussé loin les études, se révélera tenace dans la défense de ses intérêts. Elle devient la personne clé du dossier guinéen pour BSGR et se révélera celle par qui le scandale éclatera. Mamadie  crééra une société écran « Matinda » pour empocher des « frais de consultations » sans commune mesure avec ses supposées compétences minières et se verra rénuméré 4 millions de dollars en 2009 après la signature de la convention. Mme Touré – à la mort de son mari Lansana Conté – s’en ira se réfugier à Freetown, Sierra Léone avant d’aller aux Etats-Unis où ses achats d’immobiliers attireront l’attention du FBI (Federal bureau investigation) qui ultimement la retournera et en fera un témoin assisté pour pièger Frédéric Cilins qui cherchait à détruire des documents compromettants. Cilins sera condamné à 2 ans de prison aux Etats-Unis puis expulsé. Mamadie Touré se vera exproprié tous les « biens mal acquis » par les autorités américaines.

Ghassan Boutros

Homme d’affaires libanais d’origine, M. Boutros sera le lien qui permettra à BSGR de récuperer les 5 pourcent promis à Mamadie Touré. Ghassan Boutris recevra 1,3 millions de dollars de BSGR et reversera un million de dollars à Mme Touré en deux échéances : 998.000 USD le 28 août 2009 et 2.000 USD le 20 décembre 2009. La transaction sera camouflée sous la forme de vente de matériel roulant. Entre mars et avril 2010, BSGR a transféré un montant total de 2.137.000 USD sur le compte d’un certain « Adama Sidibé » en Belgique au titre de règlement de factures de « consultation » LMS, la compagnie de Ghassan Boutros

Ibrahim Sory Touré

Le demi frère de Mamadie Touré – plus «léttré » sera le démarcheur de BSGR. Vu le succès initial de BSGR, notamment le protocole d’accord de 2006, Ibrahima Sory Touré sera successivement promu chargé de communication puis vice-président à l’obtention du permis d’exploitation. Après l’élection d’Alpha Condé, et les ennuis de BSGR, Ibrahima Sory sera mis en état d’arrestation sans procès avant d’être libéré sur décision du tribunal de la CEDEAO. En principe, Ibrahima Sory Touré et Aboubacar Bah devraient toucher 15 millions de dollars selon le document présenté par la Guinée si le deal avait abouti et les paiements devraient être « échelonnés par étape en fonction de l’obtention de droits et titres miniers ».

Mahmoud Thiam

Ministre des mines sous la junte militaire, ennemi juré de Rio Tinto qu’il voyait – à juste titre – comme obstacle au developpement de Simandou, Mahmoud Thiam encouragera BSGR à  « foncer » pour rendre le projet irrévocable et créér des emplois dont bénéficierons plusieurs Guinéens et sous contractuels. Pressenti par la junte sur apparent piston de Kassory Fofana, Mahmoud Thiam se verra payer des voyages – y compris assister au mariage de la fille de Beny Steinmetz à Tel Aviv – par BSGR. Mahmoudou Thiam financera le déplacement de Kassory à Londres pour un montant de 8.017,60 dollars US qu’il se fera rembourser par BSGR le jour de sa nomination comme ministre des mines le 15 janvier 2009. Subséquemment, BSGR financera un de ses voyages à Paris pour un montant de 4.680 USD en avril 2009 peu avant la confirmation du permis minier. Après avoir assisté au mariage de la fille de Beny, BSGR achetera un billet d’avion pour Mahmoud Thiam vers Hong Kong dont la valeur est estimée à 10.746,66 USD. Même si ces montants semblent modestes par rapport aux autres, l’implication ici est le conflit d’intérêt évident d’accepter des « cadeaux » d’entités dont on doit se prononcer sur les dossiers.

Kassory Fofana

Ancien ministre et réputé favori de l’ancien président Conté avant de tomber en disgrace, victime de la guerre des clans et aller en « exil » aux Etats-Unis, Kassory Fofana fera un lobby pour les intérêts de BSGR et se vera rénuméré 100.000 USD effectué par BSGR le 15 décembre 2008 pour « consultation ». En plus, le 18 décembre 2008, les sociétés BSGR ont également réglé une facture de 7.125,78 USD pour un voyage en avion de M. Fofana entre Conakry, Washington et Paris du 10 au 21 décembre 2008. Le 5 février 2009, BSGR émettra un paiement de 80.000 euros au profit de Kassory Fofana. Mais il est difficile pour ce dernier d’être accusé de corruption étant donné qu’il n’était pas fonctionnaire du gouvernement guinéen, mais plutôt un consultant indépendant.

Alpha Condé

Non ! Le président Alpha Condé n’a pas été cité parmi les « bénéficiaires » tel n’est pas le rôle des avocats de la Guinée. Mais il est important de noter qu’en 2011 en pleine renégociation sur les contrats miniers et l’obtention de l’accord transactionnel avec Rio qui a généré 700 millions pour le trésor guinéen, le président Alpha Condé aurait demandé lors de la rencontre avec BSGR en début de son mandat la somme de 1,25 milliards sur l’accord de revente du projet à Vale. BSGR – qui de toutes les façons n’avait pas cette somme – refusera. Plus tard en juin 2011, selon la récente plainte de BSGR contre Georges Soros, ce dernier aurait indiqué à Vale, que s’il payait 250 millions, la Guinée se « débarassera » de BSGR et transigerait seulement avec les Brésiliens. Quelques temps après, Soros aurait changé de postion en disant que les 250 millions ne sont que « pour tout simplement des frais pour engager les discussions avec le président Alpha Condé ». Vale aurait refusé cette proposition.

Le refus de BSGR de s’acquitter sera suivi de la suspension de ses travaux tant sur le chemin de fer Conakry – Kérouané que sur les mines de Zogota et plus tard par la mise en place du Comité Technique de Revue de Contrat et Titres Mininiers et le retrait subséquent du permis et le reste est bien connu.

Corruption ou pas, un arrangement à l’amiable aurait dû être poursuivi, car la Guinée se retrouve sans mines opérationelles (Simandou, Zogota) vu le retrait de Rio Tinto et des emplois ont été perdus avec un sentiment d’avoir raté le boom minier dont on ne sais pas quand il reviendra. La Guinée est aussi obligée de se défendre devant des tribunaux internationaux malgré l’adage qu’« un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. »

Les mauvaises langues diront que les 700 millions versés par Rio Tinto (voir la photo de la partie Rio du mont Simandou), n’ont pas été dépensés dans la transparence, puisqu’à part le barrage de Kaléta financé en grande partie par un prêt chinois, il est difficile de voir l’impact direct de cette somme faramineuse en Guinée. Au vu des multiples scandales financiers qui ont éclaté ces dernières années tous impunis, est ce qu’un système corrompu et opaque du temps de Conté n’a pas été remplacé par un autre ? Mais ça c’est un autre débat.

  • FILANY

    Vraiment expliqué pour nous qui avons etudié sous le cocotier.

  • Compresse torrino, dove acquistare generico e dove comprare il generico in italia, prezzo basso tranne prezzo in farmacia italia. Precio farmacia anche acquisto pagamento alla consegna, acquisto con bonifico bancario e prezzo farmacia italiana nonostante acquista generico