mardi, 28 mars 2017, 11:52 GMT

L'affaire « Simandou » ne fini pas de reveler des surprises. Suite aux révélations de la société Rio Tinto elle même de la suspension de l'ancien responsable de Simandou pour cause d'un paiement – au parfum de corruption – qui aurait été effectué lors des négociations de l'accord transactionnel de 700 milions de dollars en 2011.

 

Un nom revient sur la scène publique comme l'heureux récipiendaire d'un contrat de 10,5 millions de dollars de « consultation »: le banquier d'affaire François de Combret.

 

 

Une année après les élections présidentielles en Guinée de 2010 dans des conditions dramatiques sur fond de violence intercommunautaire, Rio Tinto très inquiet de se voir retirer la moitié restante de sa concession du mont Simandou pour n'avoir rien fait sur le site, et se voit damer le pion par Vale – BSGR qui mettait les bouchées doubles pour sortir le minerai via le Libéria, cherchera à trouver des personnes de l'entourage du nouveau président guinéen qui a passé plusieurs décennies en France pour sauvegarder sa concession.

 

Selon les courriels revelés par la presse australienne qui ont pour la première fois fait surface en août 2016 sur le site francais de Mediapart, pendant les négociations de Rio Tinto de revendre sa part du projet à son partenaire Chinalco, c'est François de Combret, une connaissance du président guinéen avec qui il a fait des études en France qui obtiendra un contrat de consultation pour infléchir la position guinénne.

 

Alan Davie, responsable du projet pour Rio Tinto écrira à son patron Sam Walsh un courriel – revelé par Mediapart puis enlevé du site avant de refaire surface dans le journal australien Sydney Herald Review – que : 

 

"Nous (Rio Tinto) sommes parvenus à une entente finale, où François (de Combret) a demandé des honoraires de 10,5 millions de dollars US pour ses services sur la sécurisation des blocs 3 et 4 du mont Simandou " avant d'ajouter que "ceci est clairement indiqué comme sa dernière offre, une réduction de sa demande initiale de 15 millions de dollars.

 

Sans décrire en quoi ces services de consultations consistent, Davie fait carrément référence à un acte de lobbying de Francois de Combret auprès du président Alpha Condé et  écrit comme pour justifier la dépense: «Sam, je comprend que ce soit beaucoup d'argent, mais je veux souligner aussi que le résultat que nous avons obtenu a été considérablement amélioré par la contribution de François et ses services très uniques et irremplaçables et la proximité du président."

 

Qui est François de Combret ?

 

Peu de Guinéens ont entendu parler de François de Combret (sur la photo du journal Le Nouvel Economiste) qui est l'un des nombreux européens qui ont envahis la Guinée après la venue au pouvoir d'Alpha Condé au pouvoir et qui se sont proclamés « conseillers personnels » du nouveau président mais qui en fait selon ces courriels revélés n'étaient pas du tout désintéréssés et se faisaient payer grassement au passage. Les autres célebres conseillers furent Georges Soros, Tony Blair dont les conseils en bonne gouvernance n'ont pas été visibles pour les Guinéens à date.

 

François de Combret est un ancien haut fonctionnaire francais qui aurait fait Science Po avec le président Alpha Condé en France. Majeur de sa promotion à l'ENA, il fut recruté par l'ancien président français Valéry Giscard d'Estang dont il deviendra secrétaire général adjoint de l’Élysée et après la défaite de ce dernier en 1981, ira à New York ou il deviendra associé de la banque Lazard avant de se spécialiser dans le conseil aux entreprises.

 

Alertés par Rio – qui cherche à se disculper – les autorités financières des bourses de New York, Londres et Sydney où l'action de Rio Tinto se transige seraient en train d'enquêter sur la transaction. Enquêtes qui peuvent durer des années et qui peuvent d'ailleurs se terminer par des arrangements à l'amiable si Rio paie des amendes et passe l'éponge.

 

Ainsi selon ces révélations, Francois de Combret cet "ami" du président Guinéen, se serait fera payer 10,5 millions de dollars pour "conseiller" dans des négociations avec Rio Tinto. Au dépend des hopitaux, routes et autres infrastructure pour un pays aux prises avec d'énormes difficultés financières.

Orangeville, Canada

Bah Boubacar Caba