Siguiri : anarchie dans la circulation routière et ignorance du code de la route

07 septembre 2017 6:06:14
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A Siguiri, ville aurifère située à la frontière malienne, la circulation routière relève de l’anarchie, surtout à l’heure de la révolution des taxis-motos. Chaque jour, les citoyens assistent, impuissamment, à l’indiscipline des mauvais conducteurs et aux accusations de corruption proférées contre les agents de la police routière. Dans ce reportage, la rédaction locale de Guinéenews vous décrit l’ambiance comme si vous y étiez.

A Siguiri, les 75 % des engins roulants dans le centre-ville sont dépourvus de plaque d’immatriculation, d’assurance. Mieux, les motards ne portent pas des casques. Ce qui paraît risqué. Et ce n’est pas tout, certains chauffeurs aussi, n’ont pas de permis de conduite.

A ces manquements, il y a également le non- respect et l’ignorance du code de la route par la plupart des citoyens propriétaires d’engins roulants. Et les policiers n’en ont cure.

Pour s’enquérir de cette triste réalité, nous nous sommes embarqués dans la commune urbaine de Siguiri à destination de Kourémalé situé à la frontière Malienne.

Interrogé par notre rédaction, le chauffeur, I.K.S, qui roule sur la ligne Siguiri –Kourémalé, confirme qu’il n’a pas de permis. « Cela fait plus de deux ans que je roule sans permis, j’ai appris à conduire avec un maître, s’il y’a un contrôle je donne un peu l’agent aux policiers. Car on se connait dans la ville », nous a-t-il confiés en riant.

Soudain, notre chauffeur arrive au poste de contrôle. Curieusement, vérification faite, il n’avait effectivement pas de permis de conduite. Mais il n’a pas été verbalisé, ni inquiété.

Au retour, nous avons pris une moto- taxi. Le conducteur, FO, est originaire de Faranah. Malheureusement, il ne portait pas de casque. « Quand je porte le casque, ça me gène. Donc, c’est pourquoi je ne l’utilise pas. Et depuis que j’ai commencé à conduire le taxi moto en 2016, c’est comme ça ici, les amis ne portent pas de casque ».

Cette anarchie se passe au vu et au su des autorités administratives, des policiers et des syndicats.

A la grande gare routière de Siguiri, le syndicaliste Yamoudou Magassouba a indiqué que cette anarchie est bel et bien une réalité mais sa structure est dans l’incapacité de gérer la situation.

« Il y’a trop de problème dans la circulation, à savoir les surcharges même les chauffeurs en état d’ivresse conduisent. Mais, nous les syndicats par peur nous ne pouvons pas réagir », a-t-il martelé.

Pour Mamady Camara chargé de l’information du bureau des taxis motos de Siguiri, parle de l’indiscipline des conducteurs. « Dés fois, il est difficile de faire face à ces problèmes. Car, les conducteurs croient que le syndicat est contre eux. Donc, s’il y’a un problème, nous sommes obligés de chercher à calmer au lieu d’aller dans le respect de la loi ».

Pour le brigadier Chef, Sekouba Kéita, agent de la police routière de Siguiri, le comportement des conducteurs est un véritable casse- tête pour les agents sur le terrain.

« Nous travaillons, mais vraiment c’est difficile quand tu interpelles les engins pour surcharge ou d’autres infractions ce sont les passagers d’abord qui se rebellent contre toi. Dés fois, ils appellent un de tes chefs si ce dernier te parle si tu refuses ils disent que tu es méchant ».

Pour rappel, les accidents sont très fréquents à Siguiri. Selon un bilan de la police routière, 10 cas mortels d’accidents ont été enregistrés à Siguiri dont 64 dégâts matériels. Quant au capitaine Jean Marie Doumbouya commissaire de la police routière de Siguiri, il prédit que ce nombre risque de s’accroitre, si rien n’est fait à temps.

Alors que la police de Siguiri se plaint de manque de moyen dans le cadre des interventions.

Pour pallier à ces problèmes, le préfet de Siguiri, Ibrahima Kalil Kéita a proposé des solutions en annonçant la création d’une commission technique de suivi. « Comme solution, il faut d’abord sensibiliser, informer avant de passer à l’acte. Nous allons créer une commission composée des chefs de service, en vain il faut que la loi soit respectée ».

A retenir que les 95 pour cent de la population de Siguiri détiennent un engin roulant. Soit une moto ou une voiture, si rien n’est fait pour réglementer davantage cette circulation ça risque d’être une catastrophe.