SENACIP : un haut cadre de Gassama Diaby répond aux détracteurs l’évènement

08 novembre 2017 15:15:33
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 «La semaine de la citoyenneté n’est qu’un rappel pour dire que cette problématique est à résoudre en Guinée. On ne peut pas changer les gens brusquement. C’est dans 15 ans qu’on pourra voir les prémisses »

Entamée le 1er novembre dernier sur toute l’étendue du territoire national et dans les ambassades guinéennes à l’étranger, la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (SENACIP) s’est achevée hier mardi.

Durant une semaine, des citoyens ont été sensibilisés sur les notions de citoyenneté et surtout du vivre ensemble.

Si cette semaine dédiée aux actes citoyens, est appréciée par bon nombre de Guinéens, d’autres par contre estiment qu’il s’agit d’un faux débat. C’est le cas notamment sur les réseaux sociaux où le débat semble plus houleux. Pour ses internautes, ces journées de citoyenneté et de paix est un non-sens dans une République et surtout dans un Etat de Droits. Ils soutiennent que la citoyenneté est née de la constitution et que par conséquent, il faut respecter la loi.

Certains ajoutent même que la citoyenneté se forge d’abord dans la famille, à l’école et dans les activités des partis politiques et que la première édition de la SENACIP n’a pas permis de changer les comportements.

Au micro de Guinéenews, le Directeur national des droits de l’homme et de la citoyenneté, N’Famara Camara a tenu à apporter des précisions. Selon lui, tous ceux qui pensent de cette façon ne connaissent réellement pas la citoyenneté.

« Je ne sais pas s’ils connaissent ce que c’est que la citoyenneté. S’ils ont pu faire changer leurs enfants en une année, c’est qu’ils sont très forts. Nous sommes tous les résultats d’un processus éducationnel qui a duré au minimum quatorze ans. C’est à partir de 14 ans que nous avons commencé, nous-mêmes à faire des choix. On ne peut pas changer les gens brusquement et même en deux ans.  Pour changer un homme, cela prend énormément du temps », dit-il.

Et d’assener : « la semaine de la citoyenneté n’est qu’un rappel pour dire que cette problématique est à résoudre en Guinée. Cette semaine n’a pas été instaurée pour résoudre le problème. On ne peut pas. C’est dans cinq, dix ou quinze ans qu’on pourra voir les prémisses. Donc, ceux qui disent que la semaine ne sert à rien parce qu’ils n’ont pas vu encore de retombés sur les gens ne savent pas la notion de citoyenneté. Parce que la citoyenneté se vit et se construit de jour en jour. On ne peut pas la mesurer en une année. »

A la question de savoir comment il explique alors la montée de l’incivisme en Guinée après déjà la première édition de la SENACIP, M. Camara répond : « nous n’avons jamais dit qu’après la SENACIP, les comportements allaient changer. Non ! Comme je l’ai dit, cela prendra énormément de temps et les gens changeront individuellement. Si le travail continue, nous serons tous surpris agréablement  dans dix ans. »

Il faut rappeler que cette année, le ministère de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté n’a reçu que la moitié du budget demandé pour l’organisation de ces journées de citoyenneté soit quatre milliards de francs guinéens au lieu de huit milliards.