Sékou ‘’Legrow’’ du Bembeya: «nous sommes devenus mendiants entre les bureaux»

05 décembre 2017 14:14:52
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Au cours du récent séjour de l’orchestre mythique ‘’Bembeya jazz’’ à N’Zérékoré dans le cadre d’un concert dédié au renforcement des relations civilo-militaires, notre rédaction a tendu son micro au doyen El hadj Sékou ‘’Legrow’’ Camara, membre fondateur, administrateur, compositeur et narrateur dudit orchestre pour parler des conditions dans lesquelles se trouve aujourd’hui, ce groupe qui a fait la fierté de la Guinée.

A en croire donc notre interlocuteur, le ‘’Bembeya jazz’’ vit aujourd’hui, dans des conditions très difficiles.

« Nous vivons dans la débrouillardise. On est devenu des mendiants qui vont de bureau en bureau. Aujourd’hui, seul le peuple est resté reconnaissant aux efforts que nous avons fournis. Il y a des gens qui nous donnent des choses que même les grands cadres ne font pas. Par exemple, lorsque nous partons dans des kiosques pour acheter du bonbon, il y a des gens reconnaissants qui nous disent de ne pas donner de l’argent parce que, selon eux, nous avons beaucoup fait pour ce pays.  Mais les grands cadres s’en foutent. Donc, nous sommes en réalité abandonnés », dit-il.

Et d’ajouter : « Depuis la mort du président Sékou Touré, nous avons été abandonnés, les gouvernements qui se sont succédés n’ont pas eu notre temps. On n’a pas été soutenu et jusqu’à maintenant, c’est la même chose. C’est à l’arrivée au pouvoir du président Alpha Condé qui, après son investiture en mai 2011, a élevé tous les 33 musiciens qui ont fait partie de la vie du Bembeya, au rang d’officiers de l’ordre national du mérite. C’est la plus haute distinction du pays. »

Poursuivant, Sékou ‘’legrow’’ Camara a demandé à l’Etat de soutenir les artistes guinéens.

« Là où nous sommes aujourd’hui, la culture guinéenne est en train de renaître. Mais comment ? le président Alpha Condé a fait confiance en des jeunes pour diriger le ministère de la Culture, je veux parler de Siaka Barry et aujourd’hui c’est un de ses plus grands lieutenants, Bantama Sow qui est en fonction et on sent une certaine volonté. Mais étant donné qu’il s’agit de tout un système, si on ne fait pas participer l’Etat au soutien direct des fins de mois des artistes, ça va être très compliqué. Je veux dire que nous manquons de management parce que d’une société basée sur l’Etat à une société libérale sans accompagnement spécifique, c’est très compliqué. C’est pourquoi je proposerais que de grands ensembles qui ont fait la fierté de la Guinée et dont des éléments subsistent encore à Conakry ou à l’intérieur du pays qu’on confie leurs éléments à des feuilles de salaire supportées par des structures comme les impôts, le port autonome, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et ces orchestres n’auront plus d’argument pour ne pas produire comme avant parce qu’ils seront associés à tous les évènements de ces structures », a souligné l’administrateur du Bembeya Jazz.

  • Pigoss Camara

    N’allez pas chercher trop loin la culture guinéenne a rendu l’âme avec le Président Sékou Touré,on ne pouvait pas compter sur un inculte comme Lansana Conté,encore moins un ignare nommé Dadis, pour continuer à soutenir les artistes.