jeudi, 30 mars 2017, 02:41 GMT


Heath Communication capacity collaborate (HC3) et ses ONG partenaires ont organisé, le samedi 18 mars à Conakry, une remise de dons aux femmes qui ont régulièrement suivi leur consultation prénatale (CPN). Cette action vise à inciter les femmes à se faire consulter dès le début de leur grossesse jusqu’à l’accouchement. Et une fois l’enfant naît, la mère devra l’envoyer aux structures sanitaires pour la vaccination.    


img_9680Dans son intervention, le Directeur pays de HC3 Guinée, Soufiana Kaba, a fait savoir que cette cérémonie entre dans le cadre la fête internationale de la femme : « HC3 est en partenariat avec plusieurs ONG locales dont la Mutuelle de santé de Dixinn. Cette dernière a prévu dans son plan d’action d’organiser des activités communautaires. Ils ont voulu lier ça à la fête internationale de la femme. Puisqu’il s’agit de mettre en relief la femme, nous nous sommes dit que ça sera l’occasion aussi pour nous de récompenser de façon publique les femmes qui font leurs meilleures pratiques familiales. »


Pour y arriver, a ajouté Soufiana, il fallait l’implication des différentes structures sanitaires de Conakry : «L’ONG est entrée en contact avec les centres médicaux communaux, les centres de santé pour identifier un certain nombre de femmes qui ont fait un suivi régulier de leur grossesse. Donc la liste était connue des structures de santé et ce sont ces femmes là qu’on a voulu vraiment récompenser. »


Le Directeur pays HC3 Guinée a lancé en fin un appel aux femmes : « Nous lançons un message à toutes les femmes pour que les meilleures pratiques familiales en matière de santé maternelle, néonatale, soient appliquées. Quand la femme tombe enceinte, elle vient dans une structure de santé la consultation prénatale (CPN), qu’elle accouche dans une structure sanitaire et quand l’enfant vient au monde, il faut que la femme arrive à suivre régulièrement la vaccination de cet enfant. »


img_9681Dans son intervention, la Directrice pays USAID, l’agence américaine pour le développement international, Barbara Dickerson, a rappelé les différentes formes de violence dont est victime la couche féminine: « La stabilité, la paix et la prospérité de notre monde dépendent de la protection des droits des femmes et des filles. Aujourd’hui, les femmes guinéennes font face à de nombreux défis. La violence basée sur le genre dont les mariages des enfants, les mutilations génitales féminines, le viol, les enlèvements et les sévices, constitue des formes de violence qui ont des conséquences sérieuses et durables sur la vie et la santé des populations, la société et l’économie du pays. »


Poursuyivant ses explications, Mme Barbara Direckson, a affirmé que la Guinée a le plus grand taux de décès maternels : « En matière de santé, la Guinée a l’un des taux de décès et d’incapacités maternels les plus élevés au monde. Nous savons tous qu’un bébé dont la maman meurt pendant l’accouchement  survit rarement. Et une mauvaise santé maternelle est un énorme préjudice au bien-être d’une famille. »


La première dame, Hadja Djénè Kaba, présidente de la fondation  Promotion de la santé maternelle et infantile (PROSMI), s’est dit très heureuse d’avoir été associée des ONG, mutuelles de santé de Conakry impliquées dans la sensibilisation des mamans dans la promotion des comportements à haut impact et l’utilisation des services de santé maternelle et infantile dans la ville de Conakry.


DjeneKaba« Face aux décès négatifs après Ebola, nous avons tous constaté la chute  de nos indicateurs de santé dans les hôpitaux et les centres de santé. Comme conséquence, la résurgence de certaines maladies. C’est pourquoi le programme élargi de vaccination telle que la polio, la rougeole et la fièvre jaune a été accentué. Il en est de même du nombre élevé des femmes qui fréquent le moins les services de consultation prénatale et  préfèrent accoucher à la maison, se privant ainsi des soins de santé de qualité offerts dans les structures sanitaires », a souligné Hadja Djénè Kaba.


Plus loin, elle affirme qu’il n’est plus acceptable que des mamans meurent lors des accouchements par refus de se faire consulter ou qu’elles meurent à cause du paludisme : «Il est temps que les mamans se ressaisissent et s’engagent dans les activités de la promotion de la santé de la mère et de l’enfant. Il est inadmissible que les mamans meurent en donnant la vie pour la simple raison que la grossesse n’a pas été suivie. Il est inacceptable que nos enfants meurent des maladies pourtant faciles à prévenir. Du fait de la disponibilité des moustiquaires imprégnées, les femmes enceintes et les enfants ne devraient plus mourir du paludisme. »

Alhassane Bah