Rwanda : Bingo et banco pour Kagame et l’après ?

06 août 2017 15:15:34
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Tout a marché comme sur des roulettes : 97% des 98% de voix exprimées, un score à la soviétique, on ne peut pas dire autrement, parce qu’il n’y a pas autre chose à dire. Le Rwanda est un régime politique de parti unique un peu déguisé pour être toléré, voire accepté et soutenu par tout le monde, l’Occident même ne fait pas exception. Une belle anomalie politique ! Aucune voix discordante ne s’élèvera de façon catégorique. L’Uncle Sam grincheux d’habitude, à l’annonce des résuktats, s’est fait entendre mollement pour la forme et aucun des deux candidats malheureux ne s’est plaint véritablment. L’acceptation, ou la résignation, des populations cautionne largement ce scrutin à sens unique. Paul Kagame est dans la même situation que Usen Bolt. Saura-t-il s’arrêter un jour à temps ? Qui vivra verra.

Au Rwanda, cela peut se comprendre, mais ce qui est à appréhender, c’est l’effet domino dans les autres pays voisins, qui ne sont pas dans la même conjoncture socio-politique exceptionnelle et qui veulent mimer vaille que vaille Paul Kagame. On a des raisons de craindre ce qui va se passer au Kenya, au Zimbabwe, en RDC… L’UA n’a pas un mot à dire,certains barons et poids lourds du continent ont la même velléité, que faire ? Inciter les peuples à ruer dans les brancards sans garantie est une irresponsabilité incompréhensible. On a vu Raila Odinga et Uhuru Kenyatta frôler un génocide au Kenya, Morgan Tswangirai avait échappé à un lynchage dans la rue par les partisans de Mugabe, les condamnations verbales qui ont suivi n’ont rien changé que renforcer les pouvoirs en place. Les élections du 8 août prochain au Kenya seront électriques. Tel n’a pas été le cas chez Kagame. La dictature non sanglante est mieux que la démocratie qui verse le sang, d’un certain avis.

Les 7 ans qui viennent vont forger et conforter les Rwandais sur la voie déjà tracée. Le pouvoir, comme le succès, use. Kagame saurait tirer le reste de la conclusion ?

En attendant, voilà une élection rarement rencontrée en Afrique qui satisfasse les populations quasi unanimement. Doit-on l’en féliciter ou doit-on condamner la « mascarade » ?

La question reste posée.