Revue de presse: tragédie du 28 septembre, violation des Droits de l’homme en Guinée, fête du 2 octobre, manif de l’opposition, visite présidentielle en Russie

09 octobre 2017 23:23:04
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Massacre du 28 septembre 2009, violation des Droits de l’homme en Guinée, célébration du 2 octobre 1958, la manif de l’opposition et la visite du président de la République en Russie sont entre autres sujets qui ont fait la Une de l’actualité dans les journaux de la place cette semaine.

‘’Guinée : Justice pour les victimes des crimes du 28 septembre 2009- Aléas et Sékou. .. bas’’, titre l’hebdomadaire satirique ‘’Le Lynx’’ à sa grande Une avec des caricatures montrant des hommes en uniformes entrain de violer et un magistrat qui met en garde un officier supérieur qui a derrière lui des crânes d’êtres sur humains, comme pour parler des massacres du 28 septembre 2009, où des hommes en uniformes auraient violé des manifestantes en plein jour alors que 150 autres personnes y ont également péri.

‘’Pour l’an 8 du massacre, les victimes menacent de saisir la CEDAO, le chèque de la justice promet la fin de l’instruction d’ici le 31 octobre, le Général El Tigre est secoué par une plainte’’, annonce le journal. ‘’Le Lynx ’’ précise que ‘’survivants et familles des victimes du massacre du 28 septembre 2009 se sont mobilisés jeudi 28 septembre, au siège de l’AVIPA, à Soloprimo (Ratoma). Un slogan, le même depuis 8 ans : ‘’Justice ‘’. Les autorités permettent à nouveau de clore l’instruction avant le 31 octobre prochain. Des victimes exigent d’ici-là l’audition de El Tigre Konaté, ancien ministre de la Défense du Chaud’Ndd, visé par une plainte’’.

Elles sont au total 450 victimes qui, poursuit ‘’Le Lynx ‘’, estiment que :’’La saisine de la Cour de la CEDAO sera inévitable si l’instruction n’est pas clôturée avant faim octobre ni le procès ouvert au plus tard au premier trimestre 2018’’.

Plus loin, notre confrère relève : ‘’ Les victimes et les organisations de défense des droits de l’homme qui les accompagnent ne semblent pas souffler dans la même trompette. L’audition de El Tigre Konaté cristallise les positons. La FIDH notamment n’en fait pas la condition préalable à l’ouverture urgente du procès…’’

La célébration du 2 octobre 1958, date marquant l’accession de la Guinée à l’indépendance, est l’autre événement largement commenté par «Le Lynx ».

‘’ 2 octobre 1958 – 2 octobre 2017 : L’indépendance politique et pauvreté économique’’, titre le journal satirique. ‘’Le Lynx’’ estime que : « Après un demi-siècle d’indépendance politique, en dépit de nos immenses potentialités et humaines, nous figurent toujours parmi les pays les moins avancés d’Afrique également du monde. Cette lourde responsabilité n’incombe qu’à nos dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays. De 1958 à nos jours, c’est la gouvernance du pays qui explique notre retard économique ».

Notre confrère revient à cet effet sur l’inoubliable phrase prononcée par feu Ahmed Sékou Touré en 1958 : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’esclavage dans la richesse ». Pour le journal satirique, ‘’Cette phrase prononcée il y a 59 ans est aujourd’hui plus vivante que jamais. Libre, nous le sommes. Mais encore pauvres. Dirigé tour à tour par feu Ahmed Sékou Touré, feu Général Lansana Conté, le Capitaine Moussa Davis Camara, le Général Sékouba Konaté et actuellement par le président Alpha Condé, notre pays est-il condamné à n’être riche que par ses potentialités ? S’interroge ‘’Le Lynx ‘’. Et de répondre : ‘’Au regard de son histoire,  l’on serait tenté de répondre par l’affirmative’’.

‘’Une fête bien morose ! ‘’, titre de son côté ‘’La Lance’’, pour parler de la célébration du 2 octobre. Le journal décrit ainsi l’atmosphère de cette journée dans la ville de Conakry : ‘’tricolore dans le vent sur l’esplanade du palais du peuple et l’avenue de la République, commerce et administration fermés, circulation fluide (entre Momo liberté et le marché de Madina, les jeunes ont barré la route pour jouer au football,  tranquillement), Conakry a tourné au ralenti. Comme pour permettre aux Guinéens de dresser le bilan des cinquante neuf années de leur indépendance. Soit exactement la durée de vie qu’un Guinéen pourrait espérer à la naissance, selon les estimations de l’OMS ( Organisation Mondiale de la Santé) qui classaient en 2015 notre pays 176ème sur 183 au total’’.

Parlant de la morosité de la journée du 2 octobre de cette année, « La Lance » mentionne l’absence de défilé aussi bien civil que militaire. ‘’ Même la RTG n’a pas réussi son direct. La fête a été sobre, comme si à mesure que les années passent, l’écho du ‘’Non à De Gaulle’’ affaibli et se perd dans le difficile quotidien des Guinéens qui, visiblement, plus rien n’émeut . Et pourtant, contrairement au 28 septembre partagé entre commémoration des victimes du massacre de 2009  et célébration du rejet du colonialisme, le 2 octobre n’est tacheté par aucune goûté de sang’’.

Parlant à son tour des massacres du 28 septembre 2009. ‘’Le Diplomate ‘’ parle de « Plaie toujours ouverte’’. L’hebdomadaire souligne que, bien qu’il ait à ce jour plusieurs personnes entendues et d’autres inculpées dans le cadre des enquêtes autour des présumés coupables des massacres du 28 septembre 2009, le procès n’est toujours pas programmé. Expliquant les différentes péripéties, ‘’Le Diplomate ‘’, s’interroge : ‘’A quand donc se tiendra le procès des présumés coupables des tueries perpétrées au stade du 28 septembre 2009 ?’’. La réponse à cette question devient de plus en plus une préoccupation, estime ‘’Le Diplomate ‘’

L’autre hebdomadaire d’informations ‘’L’Indépendant’’, a plutôt traité des dernières manifestations de l’opposition. ‘’Manifestations contre l’impunité : La volte-face du pouvoir’’, titre le journal. ‘’L’Indépendant explique, à propos, que le gouvernement a fini par opérer un revirement, en autorisant finalement la marche contre ‘’l’impunité ‘’, organisée par l’opposition républicaine mercredi, alors qu’au paravant, cette manifestation avait été interdite par le Gouverneur de Conakry, Mathurin Bangoura. ‘’ Cette volte-face dénote de l’amateurisme et de la mauvaise foi du pouvoir, qui enclin à faire entorse à notre démocratie’’, souligne le journal.

‘’Rivalité Sidya Touré-Kassory Fofana : La « recette payante » d’Alpha Condé…’’, titre pour sa part ‘’L’observateur’’ qui revient sur la rencontre en Sidya Toure et Ibrahima Kassory Fofana, deux proches du chef de l’Etat, lors de son dernier voyage en Russie. Notre confrère évoque ainsi ‘’certaines querelles de positionnement dans l’entourage du Président Alpha Condé qui pourraient connaître leur épilogue à mille lieues de Conakry, la capitale guinéenne. Ibrahima Kassory Fofana, ministre d’Etat en charge des investissements et du partenariat public-privé en froid avec Sidya Touré, le haut représentant du Chef de l’Etat, poursuit le journal, vont peut-être profiter de leur séjour à Moscou où ils accompagnent le Président Alpha Condé pour fumer le calumet de la paix. En tout cas les deux ont été aperçus ensemble dans les couloirs du palais du Kremlin, apparemment en train d’échanger. Ce n’est pas tout ! Les deux feraient leur déplacement dans une même limousine. Simple coïncidence ? Certainement pas ! C’est plutôt une stratégie bien huilée de la part de ceux qui veulent mettre un terme aux attaques et aux guerres d’égo entre ces deux complices d’Alpha Condé’’.

Est-ce la fin de leur rivalité ? S’interroge ‘’L’observateur ‘’ qui répond que ‘’les jours à venir nous en diront davantage. Mais pour le moment, tout porte à croire que ces deux proches collaborateurs du Chef de l’Etat qui ne se font pas de cadeaux à Conakry, ont enterré la hache de guerre. Du moins jusqu’à leur retour à Conakry. Une recette payante d’Alpha Condé qui a voulu à travers ce voyage ramener la paix dans son entourage, loin des bruits assourdissants de Conakry’’.

‘’Le Populaire’’ est revenu de son côté sur les violences de Kamsar et de Kolaboui. ‘’Kamsar et Kolaboui : ‘’ Le venin de la terreur’’, titre le journal qui indique que, jamais des manifestants n’avaient atteint une proportion aussi inquiétante dans le kankandé.

Après un compte-rendu du déroulement de ces manifestations qui n’ont enregistré aucun blessé par balle. ‘’Le Populaire ’’ conclue que ‘’ toutefois, l’adage selon lequel il vaut mieux prévenir que guérir reste à suivre s’il n’inspire déjà la politique d’emplois et de la prise en compte du contenu local des entreprises minières opérant dans La zone’’.

A la semaine prochaine !