Revue de presse: rumeur sur la mort du président, arrestation de journalistes, mort de Somparé

07 novembre 2017 14:14:25
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La rumeur sur la mort du président de la république, l’arrestation des journalistes de la radio Ganagan, la marche des associations de presse ce mardi, la sortie du ministre de la Défense nationale contre l’annonce par Malick Sankhon de la création de milice d’autodéfense et la mort d’Aboubacar Somparé, ancien président de l’Assemblée nationale, ont fait la Une des journaux de la semaine écoulée. « Alpha Condé en promenade de santé à Kaloum », c’est le titre à la grande Une de l’hebdomadaire « La Lance » avec une photo du président de la République qui marche côte à côte avec le député Baidy Aribot. «En Guinée, on marche pour diverses raisons : l’opposition, pour notamment faire respecter les accords politiques et le Président Alpha
Condé, pour prouver qu’il est encore en vie, en parfaite santé. Alors qu’on lui reprochait de gouverner entre deux avions et de ne pas visiter la Guinée par voiture pour mieux apprécier l’état critique des routes, Alpha Condé a entamé la semaine par un jogging », ironise le journal qui relate la promenade du chef de l’état tôt lundi 30 octobre en compagnie du député uninominal Baidy Aribot. « Histoire de démentir une rumeur sur sa mort qui s’était rapidement emparée des esprits et
des réseaux sociaux la veille. Pour visiter le chantier Conakry 2040, selon la télévision nationale et le bureau de presse de la présidence », relate le journal.

Dans le même ordre d’idée, « La Lance » parle d’un deuil qui en rappelle un autre, pour aborder le cas de la radio privée Gangan FM. «A l’origine, la radio privée Gangan FM endeuillée par la mort de l’un de ses animateurs, Alsény Duplex Sylla, a fait une musique funéraire sur ses antennes. Suivie d’un numéro de l’émission Tandé gbé ou la cour commune en Soussou, dans lequel feu Sylla rappelait que tout est éphémère. Et pour l’étayer, il rappelait les différents régimes qui se sont succédé dans ce pays, avant de conclure que l’actuel chef de l’Etat aussi s’en ira à son tour. Gangan FM a diffusé un communiqué pour annoncer la mort et le programme des obsèques du confrère Alsény Sylla. Histoire de lui rendre hommage en lui donnant raison. Seulement, voilà. Certains auditeurs ont dû en faire une mauvaise interprétation pour conclure qu’Alpha Condé s’en est allé. Tout comme certains de ses prédécesseurs à Sékhoutouréya », mentionne
l’hebdomadaire, en expliquant la descente musclée, aux environs de 9h, d’une dizaine d’hommes en uniforme qui ont investi les locaux de la radio Gangan pour procéder à l’arrestation de quatre journalistes à qui il sera notifié, après plusieurs heures d’audition (sans leur avocat), d’être poursuivis pour « diffusion de fausses nouvelles et atteinte à la personne du président de la république ».
A « La Lance » de conclure : « Que les officiers de police judiciaire et leurs chefs hiérarchiques, les procureurs, qui roulent à deux vitesses, orientent leur poursuite contre ceux qui ont mal interprété
l’émission de Gangan ! En attendant la loi qui rendrait responsable un journaliste de la mauvaise foi ou interprétation que ses auditeurs font de ce qu’il dit ». « Le cadavre parle », titre de son côté « Le Diplomate ». Le journal revient sur l’interview qui a été accordée par le chef de l’Etat à la radio Sabari FM au lendemain matin de cette rumeur. Dans les colonnes de notre confrère, répondant à la question sur les rumeurs de sa mort, Alpha Condé est du moins très bref : « Mais je crois que vous m’avez vu hier non ? Quand j’ai rendu visite aux gens de Bayamoulengué (Kaloum) suite à un décès ».
L’autre hebdomadaire « Nouvelle vision infos » rappelle pour sa part que c’est la énième fois qu’Alpha Condé est victime de rumeurs sur sa mort. Il y a trois ans, rappelle le journal, en congé en Tunisie, il est déclaré mort par les rumeurs. Comme ce fut le cas de l’ancien président Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans de règne. « Le Collectif des organisations de la presse privée : «Marche de la colère» ce mardi », annonce pour sa part « Le Populaire ». Parlant de la marche projetée par les associations de presse ce mardi contre les exactions et l’acharnement de la Haute Autorité de la Communication (HAC), l’hebdomadaire rappelle : « La presse privée guinéenne a
accompli d’énormes sacrifices pour être performante et efficace malgré des difficultés d’ordre

logistique, matériel et financier. Force est de constater que ce sacrifice ne bénéfice point du soutien de la Haute Autorité de la Communication (HAC). L’illustration la plus achevée de ce mépris de cette instance pour les professionnels de l’information de notre pays a été le manque de solidarité de cette institution lors de la bastonnade des journalistes par une horde de gendarmes et la destruction de leurs matériels de travail par ces sbires dans l’indifférence totale de la HAC dont le seul crime est d’avoir demandé que la procédure soit respectée après l’interpellation et l’incarcération du Coordonnateur du groupe Gangan, Aboubacar Camara. Le summum de cette haine nourrie par cette institution contre les medias privés est la suspension pour une semaine du groupe Espace et
l’avertissement adressé au groupe Evasion ».

« Le Populaire » annonce à cet effet la marche des associations de presse ce mardi et explique les motifs : « De ce qui précède, les associations de presse de notre pays décident de : 1- L’organisation
de la marche de colère contre les exactions et l’acharnement de la Haute Autorité de Communication contre la presse privée nationale dontl’itinéraire sera du ministère de la communication au siège de la Haute Autorité de Communication le mardi 7 novembre à 8 heures. 2- Le retrait de nos mandats aux représentants des associations de presse au sein de la Haute Autorité de la communication ; 3- Leur remplacement par des mandataires plus professionnels. En attendant, les associations de presse de Guinée expriment leur droit de ne plus reconnaitre la Haute Autorité de la Communication (HAC) dans sa configuration actuelle en cette phase critique où se joue le destin de la presse nationale. Le collectif des associations de presse sait compter sur la solidarité des professionnels des médias et invite le grand public à la pleine compréhension du bien-fondé de cette action ».

L’autre sujet de l’actualité, c’est la dernière sortie du ministre de la Défense nationale contre les déclarations récentes de Malick Sankon, Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale
qui avait annoncé la constitution d’une milice d’autodéfense de 2 500 à 3 000 personnes. « Malick Sankon, rabroué », titre, à propos, « La Lance ». « Le 28 octobre, dans une déclaration conjointe lue au siège du RPG-arc-en-ciel, le parti au pouvoir, le gouvernement, le ministre de la Défense nationale ont désavoué le patron de la Caisse nationale de sécurité sociale », explique notre confrère. Plus loin,
l’hebdomadaire « La Lance » ajoute : « Dr Mohamed Diané, ministre de la Défense nationale, précise : La Guinée a engagé depuis 2011 un processus de reforme du secteur de sécurité afin de rendre notre sécurité républicaine et respectueuse de l’Etat de droit. Donc le président de la République et le gouvernement n’accepteront jamais la formation d’une milice d’autodéfense dans le pays. Seules les forces de sécurité sont habilitées à défendre les personnes et leurs biens. Notre parti et l’ensemble des partis alliés n’accepteront jamais de cautionner la formation d’une milice d’auto défense en Guinée ».

« Le Démocrate » aborde dans le même sens, en annonçant que le ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané a profité de l’assemblée générale du RPG-arc-en-ciel pour désavouer Malick Sankon, qui disait récemment à la même tribune avoir mis en place une milice d’autodéfense. En vue de mater ces travailleurs qui viennent réclamer à coup de slogans hostiles leur droit à la caisse nationale de sécurité sociale.

L’actualité a été aussi marquée par l’annonce du décès d’Elhaj Aboubacar Somparé, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien Ambassadeur de Guinée en France, sous le régime Sékou Touré. « El hadj

Aboubacar Somparé n’est plus ! Hommage à un homme d’Etat », titre « Le Populaire ». « L’honorable Aboubacar Somparé, ancien recteur de l’université de Conakry, ancien ambassadeur de la Guinée en France et ancien président de l’Assemblée nationale est décédé jeudi 2 novembre 2017 à Conakry des suites de maladie à l’âge de 73 ans », annonce notre confrère qui revient largement sur la vie de l’homme avec le témoignage du  journaliste Abdoulaye Condé qui l’a connu et pratiqué.

A la semaine prochaine !