Revue de presse : Marche des journalistes, SENACIP, affaire attaque du domicile d’Alpha Condé, détournement du fonds Ebola…

13 novembre 2017 17:17:51
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la marche des journalistes contre l’arbitraire, la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (SENACIP) et la comparution des condamnés au Tribunal de première instance de Dixinn, dans l’affaire de l’attaque du 19 juillet 2011 contre le domicile privé du chef de l’Etat, sont entre autres sujets qui ont fait les unes des journaux guinéens la semaine écoulée.

« Guinée : liberté de la presse menacée, journaleux tabassés, média suspendu- Pour que vive le grand chef ! », titre l’hebdomadaire « Le Lynx » avec des caricatures montrant un soldat entrain d’écraser une caméra et un journaliste qui lui a tendu son micro. « Interpellation, bastonnades, injures, suspension … la semaine passée, la liberté de la presse a failli succomber à la place du Prési Alpha Grimpeur donné pour mort par une rue-meurt. Hop-là ! », clame le journal. Et d’ajouter : « Interpellation de quatre journaleux du groupe RTV Gangan, lundi 30 octobre, pour atteinte à la personne du chef de l’Etat, des con(.)frères tabassés le lendemain à l’Eco3 de Matam par les pandores déchaînés et la tartine de Martine sur le gâteau, pour la suspension, du 3 au 9 novembre, de la radio  Espace par la HAC. Pour diffusion « d’informations susceptibles de porter atteinte à la Sûreté de l’Etat… » Pour les médias guinéens, la semaine dernière a commencé dans du cirage pour s’achever dans le noir ».

« Un exutoire de la colère », titre, de son côté « L’indépendant », qui explique que « La Bourse du travail situé dans le centre-ville de la commune de Kaloum a été le point de départ des hommes de médias, pour une marche pacifique baptisée « Marche de la colère » ; « Pas de démocratie ni d’Etat de droit sans presse indépendante » ; « Nous ne reconnaissons pas la HAC dans sa configuration actuelle. ».

Sur le même sujet, «  Le Démocrate » relate : « Pour marquer leur désapprobation face aux violences subies par des journalistes, mardi dernier dans les locaux de l’escadron mobile de Matam, où ils s’étaient mobilisés pour soutenir les journalistes du groupe Gangan TV, dont le coordinateur général était détenu dans cette garnison de gendarmerie, et contre la suspension pour une semaine du groupe Espace, ainsi que l’avertissement adressé au groupe Evasion, les associations de la presse privée ont décidé répondre au coup pour coup ». Une riposte qui, mentionne le journal, a consisté le  pour le départ à « l’organisation d’une marche de la colère » qui s’est déroulée le 7 novembre dans la matinée.

« Le Diplomate » de son côté parle de « sale temps pour les médias » et « le règne de l’impunité ». Notre confrère revient sur cet événement malheureux : « Le 31 octobre 2017, des journalistes massivement mobilisés pour porter soutien à leur confrère Aboubacar Camara, coordinateur du groupe de presse RTV Gangan, arrêté et gardé pendant deux jours dans un poste de gendarmerie à Simbaya, puis transféré à l’escadron mobile N°3 de Matam, ont été copieusement molestés par les gendarmes. Leurs matériels de travail brisés, les téléphones et même les lunettes pharmaceutiques n’ont pas été épargnées ».

« Le Diplomate » relève à cet effet, que « malgré l’ampleur et la gravité du méfait commis, aucune autorité ou institution de la République n’a condamné cette flagrante maltraitance infligée aux hommes de médias ». « Le Diplomate » mentionne : « Quoi qu’on dise, c’est un euphémisme d’affirmer que la presse guinéenne traverse un sale temps. Le tout est alors de savoir comment elle parviendra à se tirer de cette tempête avant qu’elle ne se transforme en tsunami… »

L’autre sujet de l’actualité abordé par notre confrère « La Lance », c’est la comparution, au TPI de Dixinn des condamnés dans l’affaire de l’attaque contre le domicile privé du chef de l’Etat en 2011. « Condamnés en 2013 à de lourdes peines par la Cour d’assises qui les a reconnus coupables, entre autres de « tentative d’assassinat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, le Cdt Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), Jean Guilavogui et Fatou Badiar ont contesté l’arrêt devant la Cour Suprême ». Notre confrère annonce que « la liberté des désormais cerveaux de l’attaque du 19 juillet 2011 contre la résidence privée d’Alpha Condé n’est pas pour demain. Aussitôt repris en audience criminelle du Tribunal de première instance de Dixinn, le procès a été renvoyé au 16 janvier 2018 et les trois condamnés contestataires à la Maison centrale. Les avocats du Cdt AOB, Jean Guilavogui qui avaient écopé de la prison à vie devant la Cour d’assises supprimée entre temps le 13 juillet 2013 et de Fatou Badiar Diallo, 15 ans de prison, ont plaidé en vain pour leur remise en liberté du motif que dans son arrêt du 27 mars 2017, la Cour Suprême a admis l’irrégularité de l’enquête ». Plus loin, « La Lance » rappelle que « La Cour Suprême aurait dû constater que l’arrêt de la Chambre a purgé les nullités antérieures ».

La semaine a été aussi marquée par la Semaine nationale de la citoyenneté et de la Paix (SENACIP)  dont la clôture s’est déroulée au Palais du peuple sans la présence d’un membre du gouvernement. Pour « Le Diplomate », la SENACIP 2017 a connu « l’adhésion totale des citoyens ». Notre confrère explique que « la deuxième édition de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix a été marquée par l’adhésion de tous les Guinéens. En témoigne la participation massive et effective de tous et de toutes les sensibilités sociopolitiques de la nation ».

Par contre, « L’Indépendant » parle de « Douce froide pour Gassama Diaby ». « L’absence des membres du gouvernement à la cérémonie de clôture de la SENACIP (Semaine nationale de la citoyenneté et de la paix), qui s’est déroulée le mardi dernier au Palais du peuple, a fait l’effet d’une véritable douce froide sur le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby. Du coup, Gassama qu’il annonce jetait l’éponge, pour ce qui est de la pérennisation de cette expérience relative à l’organisation, chaque année, d’une Semaine nationale de la citoyenneté et de la paix ».

Pour « L’Indépendant, « Cela dénote de « l’incivisme » même qui sévit au sein du gouvernement, où on ne se préoccuperait que de pomper dans les deniers publics ».

«Fonds Ebola détournés en Guinée: 1 million d’euros de fausses factures » annonce « Le Populaire » qui tient cette révélation de la Croix Rouge : « La Croix-Rouge a révélé que plus de 5 millions d’euros avaient été détournés en Afrique de l’Ouest, avec la complicité de ses employés, à partir des fonds versés pour lutter contre l’épidémie d’Ebola entre 2014 et 2016, écrit Le Figaro et Cnewsmatin qui citent un communiqué publié sur son site. La Croix-Rouge a versé des dizaines de millions d’euros aux sociétés de Croix-Rouge et Croissant-Rouge dans ces pays. Mais des audits ont révélé « une collusion probable entre d’anciens employés de la FICR et des employés d’une banque de Sierra Leone qui a conduit à une perte (…) de 2,13 millions de francs suisses » (1,83 million d’euros). Ils ont également découvert un trafic de fausses factures d’un service de dédouanement en Guinée qui aurait entraîné une perte estimée à 1,17 million de francs suisses (1 million d’euros).. »

 

A la semaine prochaine !