Revue de presse : grève des enseignants, stratégie électorale de l’opposition dénoncée par Aboubacar Sylla, débats sur le 3ème mandat

28 novembre 2017 13:13:05
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L’actualité a été dominée ces derniers jours par la grève des enseignants, diversement commentée par les journaux de la place, ainsi que la dernière sortie d’Aboubacar Sylla, président de l’Union des Forces du Changement (UFC), rappelant l’opposition à revoir sa stratégie avant les élections locales, et la relance du débat sur la question du troisième mandat en Guinée.

« Grève pour l’amélioration du salaire des enseignants : Aboubacar Soumah ne s’avoue pas vaincu », titre l’hebdomadaire « Le populaire » qui justifie cet état de fait par les propos du syndicaliste qui a déclenché la grève des enseignants qui paralyse actuellement les cours dans les écoles : « Quatre de ses camarades avaient été placés en détention avant d’être libérés par le parquet, mais Aboubacar Soumah, secrétaire général adjoint du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) ne s’avoue pas vaincu. Il déclare agir en toute légalité et que le mouvement de grève lancé ce 13 novembre 2017 respecte effectivement toutes les dispositions constitutionnelles. Les propos tenus par le Garde des Sceaux Ckeick Sako selon lesquelles la grève est « sauvage » et « illégale » n’engagent que son auteur, dit M. Soumah qui trouve que le gouvernement a tendance à interpréter la loi en sa faveur. Mais, laisse-t-il entendre, son syndicat agit et continuera à agir dans le cadre des conventions internationales et la Constitution guinéenne qui garantissent le droit de grève ».

« Au parquet de Kaloum où 4 syndicalistes enseignants ont été présentés pour la seconde plainte du ministre de l’Education nationale Ibrahima Kalil Konaté », ajoute « Le populaire », « l’avocat des grévistes, Me Béavogui a expliqué à la presse que ses clients n’ont commis aucune infraction à la loi, «parce que la liberté syndicale et le droit de grève sont prévus par l’article 20 de la Constitution de la République de Guinée; donc, il ne doit même pas y avoir de poursuites» à leur encontre ». Notre confrère conclu tout de même par rappeler que « samedi 25 novembre, dans un communiqué conjoint qualifiant cette grève d’«illégale», et publié au sortir d’une rencontre avec le chef de l’Etat par la Cellule de communication du gouvernement (ci-dessus), des représentants d’associations de parents d’élèves, du patronat, du gouvernement, du mouvement syndical et des radios privées de Guinée ont prévue la reprise des cours dans tous les établissements ce 27 novembre 2017 ».

Sur le même sujet « L’Indépendant » estime que « Le gouvernement cherche désespérément des solutions ». Notre confrère,  qui s’est contenté des réactions de quelques acteurs sociopolitiques, rappelle que « la grève des enseignants, déclenchée le lundi 13 novembre par certains membres du syndicat libre et chercheurs de Guinée «(SLECG), se poursuit. Deux morts ainsi que plusieurs blessés ont été enregistrés, suite aux violences qui entourent ce mouvement de grève». «Le journal souligne que tous les acteurs sociopolitiques interrogés par rapport à cette grève « appellent les syndicats et les autorités de l’éducation à se mettre autour d’une table de négociation, en vue de désamorcer la crise qui n’a que trop duré ».

«Grève des enseignants : L’impasse !», mentionne de son côté «  La Lance ». Le journal explique que « Le gouvernement est dos mur. Le ministre Kalil konaté dit n’avoir jamais d’interlocuteurs. Aboubacar Soumah, deuxièmes Secrétaire général du SLECG et Abdoulaye Portos Diallo, secrétaire administratif ont été suspendus, le 8 novembre, par le bureau exécutif du SLECG. Décision entérinée par l’USTG. Les intéressés sont suspendus de toute activité syndicale en Guinée ».

Pour souligne ainsi qu’« En clair, on est dans l’impasse. Quand on se tourne vers le SLECG et le FSLPE, ils disent n’avoir jamais appelé à une grève. Ceux qui l’ont déclenchée sont suspendus et son introuvables», souligne « La Lance ». Et de conclure par le bilan de ce mouvement de grève, « En attendant, la grève fait ravage. Depuis le début de la grève, une fille de dix ans a été violée par son enseignant. Un autre, Fatoumata Soumah, 4ème année à l’école primaire Africof de Sangoyah, a perdu son œil gauche. Le 20 novembre, un élève a été tué à Dabompa ».

L’autre sujet abordé par « Le Démocrate », c’est la dernière sortie du leader de l’Union des Forces du Changement, Aboubacar Sylla, qui a suscité maintes des responsables du parti de Cellou Dalein Diallo.

« A moins de trois mois des locales : l’opposition en pleine psychodrame », titre « Le Démocrate ». « Le discours d’autoflagellation du président de l’Union des Forces du Changement (UFC), Aboubacar Sylla, qui appelle l’opposition à revoir sa stratégie, en prélude aux élections locales qui pointent à l’horizon, si elle ne veut pas se faire rouler une nouvelle fois dans la farine, par un pouvoir, peu soucieux de la transparence des scrutins, a provoqué une levée de boucliers au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg), où trois lieutenants du leader du parti ont crié haro sur le baudet », relate notre confrère. « Le Démocrate » cite à cet effet, Alpha Boubacar Diallo, Ousmane Gaoual Diallo et Dembo Sylla qui, ajoute-t-il, « battent en brèche les remarques du porte-parole de l’opposition, mettant en doute leur pertinence ».  Le journal souligne que « certains observateurs pensent toutefois qu’il serait loisible d’intégrer les critiques, que de faire le dos rond, quand on sait que l’opposition guinéenne est la croisée des chemins ».

Même si le président Alpha Condé ne s’est pas encore clairement prononcé sur son intention de briguer un troisième mandat ou non, la question suscite toujours des commentaires dans la cité. « Affaire troisième mandat : le coup de gueule des acteurs politiques », titre « Le Démocrate » indiquant que « Quand Alpha dit que « c’est le peuple qui va décider si je suis candidat ou pas, cela ne laisse pas la classe politique dans l’indifférence. Comme il fallait s’y attendre, cette sortie du chef de l’Etat a suscité de vives réactions chez des leaders politiques de l’opposition, qui promettent de se battre bec et ongles pour s’opposer à une telle éventualité ».

Dans ses colonnes, « Le Démocrate revient sur quelques propos des leaders interrogés : Alhousseini Makanéra, président du FND « Le sort de Mugabe doit inspirer notre président », Mousliou Haidara, membre de l’UDFG « Les choses semblent se préciser » ; Dent du BL « C’est une question définitivement réglée », pour reprendre les propos de Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral. C’est tout dire !

A la semaine prochaine.