jeudi, 30 mars 2017, 02:36 GMT

Les infos à la Une : la grève des enseignants, les manifestations consécutives à la fermeture des classes, la visite du Roi Mohammed VI ou les polémiques autour de l’élection Miss Guinée 2017. Bonne lecture !

 

 

‘’Cocktail de presse avec Alpha Grimpeur : Un P’Tibou de… moussoir’’, titre le journal satirique Le Lynx. Le 17 février, dans un réceptif hôtelier de Cona-cris, le Prési Alpha Grimpeur a profité d’un cocktail pour deviser avec les journaleux. Le P’Tibou Kamara, ministre conseiller personnel du chef de l’Etat est l’initiateur de la rencontre. Comme ce n’était pas un échange, les journaleux ont écouté le ministre et son mentor. D’entrée, le P’Tibou a dépeint les relations entre la presse et le locataire de Sékhoutouréya. ‘’Durant le combat politique long et difficile qui a abouti à votre accession à la magistrature suprême, assez souvent, chaque fois que votre temps vous a permis, vous avez rencontré la presse autour d’un repas, autour de débats et échanges pour éclairer les sentiments de l’opinion publique et sur les préoccupations de l’heure. Donc, vous êtes véritablement un ami de la presse et la presse fût à côtés pendant les moments difficiles de votre lutte historique pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays. Vous ne serez jamais un adversaire de la presse, bien au contraire, vous contribuerez à sa promotion et à son triomphe dans le cadre de la démocratie à laquelle vous avez pris une part active dans notre pays’’. Visiblement très touché par les flagorneries de son ministre-conseiller, le Prési Alpha Grimpeur a déclaré : « Si nous avons fait un long chemin au moment de l’opposition et surtout au moment où j’ai été arrêté, nous n’avons pas continué ce chemin depuis que je suis là. Il y a trop de malentendus et je pense que les responsabilités sont partagées ». Il dit ne garder aucune haine contre les journaleux, même ‘’contre ceux qui passent le clair du temps à me brocarder ».

 

‘’Sékhoutoureya : échec des négociations entre Alpha Grimpeur et les Gens-saignants : Rebelote de la crève dès le… 20 février’’, s’exclame le journal satirique Le Lynx. Le mercredi, 15 février, Alpha Grimpeur a reçu au Palais Sékoutouréya, les dirigeants syndicaux du SLECG, FSPE, CNTG et l’équipe gouvernementale de négociations. Un conclave qui aura été très instructif, en matière d’information. Selon des sources proches du Grimpeur, les rétrogradations et autres baisses de salaires évoquées ont constitué une véritable pomme de discorde. Même que les syndicaleux n’auraient pas su bien défendre cette thèse. Pour ce qui est de la question de la valeur du point d’indice (VPI), le Grimpeur et son gouvernement ont proposé une commission tripartite, pour évaluer l’impact du rétablissement dudit pont d’indice. Les gens-saignants (enseignants) disent que cette VPI se chiffrait à 1030 mais cela est retombé à 751. Ils veulent aussi l’application de tous les avantages liés au statut particulier de l’Enseignant. Seulement voilà !

 

Aussi, dans le même journal et sur le même sujet. ‘’Grève des enseignants : un professeur… donc un enseigant’’, analyse-t-il. ‘’Le Prof Alpha Condé, l’Homme au service des jeunes et des femmes, accuse les syndicaleux d’être de mauvaise foi’’. Comment peut-on être au service des jeunes et des femmes et fermer les écoles, s’interroge Le Lynx. Sans école, l’avenir des jeunes est bloqué. Si les jeunes et leur père ne font rien, c’est la femme qui souffre. Tout comme lorsque l’eau manque. La corvée d’eau, c’est toujours et depuis toujours à la charge des jeunes et des femmes, estime-t-il.

 

‘’Réforme de la justice : le procès de nos gnoufs’’, titre le journal satirique Le Lynx. Les 14 et 15 février, le Programme d’appui à la réforme du secteur de la justice (PARJU) de l’Union Européenne et le ministère de la justice ont rendu compte de l’étude portant définition d’une stratégie de réinsertion socioprofessionnelle des détenus des gnoufs de Guinée. Ce qui pourra limiter la récidive. Le PARJU a réalisé l’étude avec l’appui de l’UE dans le 10ème FED (Fonds Européen de Développement). Que de défis. Mohamed Colis Camara, chef de cabinet du ministère de la Justice, a fait le procès des maux qui minent le système pénitentiaire guinéen qui serait vétuste, complètement dégradé et surpeuplé. Une population qui dépasse les 3.000 détenus, dont plus de la moitié à Cona-cris. Dans certains prisons, le taux de surpeuplement dépasse les 500 pour cent, comme l’hôtel cinq étoiles de Coronthie à Kaloum. Parmi les principaux maux qui minent l’administration pénitentiaire, le Colis Camara dénonce : ‘’Le délabrement des locaux, la non-formation du personnel dont ¾ sont analphabètes, les infirmeries presque inexistantes. Là où elles existent, elles sont non équipées et peu fonctionnelles’’.

 

L’hebdomadaire Nouvelle Elite nous parle de l’école guinéenne en crise. ‘’Manipulation politiciennes, lynchages médiatiques, déni, mensonges et violences’’, titre le journal. L’école guinéenne traverse une zone de turbulence pendant qu’elle avait tout d’un long fleuve tranquille. La cause des tumultes ? Le dernier concours de recrutement à la Fonction publique pour le compte des ministères de l’Enseignement Pré-Universitaires et de l’Enseignement Technique. C’est du moins ce qui apparaît, eu égard au fait qu’il n’est pas du tout exclu que des mains noires se  cachent derrière les agitations des établissements scolaires ayant suivi la proclamation des résultats de ce concours. Dans cette tribune, notre confrère nous parle des faits, des causes lointaines et immédiates des troubles scolaires… Le mensonge. Contrairement à ce que disent certains, 70 pour cent des enseignants contractuels ayant passé le concours sont admis. Soit 1495 sur 1956. Mais la coordination des contractuels décide de se solidariser des 461 qui n’accèdent pas à la Fonction publique pour que tout cela dégénère. Par l’incitation de la totalité des enseignants contractuels (admis ou non) à sécher les cours sur l’ensemble du territoire national. Beaucoup auraient voulu que ces contractuels soient tous engagés, même si le concours est sélectif. Oubliant que la question du niveau des élèves guinéens est au cœur de tous les débats. Peut-on vouloir d’une chose et son contraire à la fois, s’interroge le journal Nouvelle Elite. Que faire ? Le devoir patriotique appelle tous les Guinéens à sauver l’école sans laquelle, la Guinée n’a aucun avenir comme Nation. Certes, par les temps qui courent où l’égoïsme et la politique politicienne sont devenus la boussole de la conscience nationale, il n’est pas facile d’assumer ses responsabilités. Mais avec la volonté et l’esprit de sacrifice, on peut bien y arriver pour le salut du pays. Il est bon de critiquer, voire même de s’installer dans le procès permanent des gouvernants comme c’est souvent le cas en Guinée. Mais il est encore mieux de le faire avec une analyse globale des questions aux débats, y compris l’introspection des uns et des autres. Une critique qui n’est que pour l’autre et jamais pour soi ne construit guère… A lire l’intégralité de cette tribune dans le numéro 190 du 14 février 2017.

 

« Peut-être qu’il veut nous rendre la monnaie », imagine Ibrahima Keïra par rapport à la visite du Roi Mohammed VI à Conakry. Lors de l’assemblée générale hebdomadaire samedi, 11 février du RPG-Arc-en-ciel au siège du parti au pouvoir à Gbessia. C’est Lansana Kamara, premier vice-président du Conseil économique et social (CES), par ailleurs, un des responsables du bureau politique national du RPG, qui aura annoncé la nouvelle. « Vous connaissez les liens de fraternité qui nous lient. Il faut sortir pour l’accueillir. Le Maroc est toujours resté un grand ami de la Guinée. Lorsqu’on a eu Ebola en Guinée, vous avez vu les démonstrations de la solidarité marocaine vis-à-vis de la Guinée »,  s’est ainsi adressé Alpha Ibrahima Keïra, aux militants du parti présidentiel.

 

‘’Amitié Guinée-Maroc : Mohammed VI attendu à Conakry’’, lit-on dans le journal La Lance. Le Roi du Maroc sera dans nos murs. Une visite d’amitié et de coopération. Le RPG a annoncé la nouvelle à la faveur de son assemblée générale hebdomadaire. Le Maroc a réintégré l’Union Africaine, les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba, Alpha Condé, président tour-tour de l’institution continentale, y aurait joué un rôle non des moindres. Trente pays sur cinquante-quatre auraient été pour dont le nôtre décisif, en président de séance. Le Maroc devient un membre à part entière de l’UA, au même titre que le territoire qu’il a envahi, la République arabe sharaouie démocratique (RASD). Le Roi Mohammed VI viendrait en Guinée pour le soutien d’Alpha Condé.

 

‘’Miss Guinée 2017 : L’élection de toutes les polémiques’’, titre l’hebdomadaire La Lance. Depuis le 11 février, date de l’élection Miss Guinée pour l’édition 2017, une image a pris en otage les réseaux sociaux : la photo des candidates presque nues, défilant en « tenue de vérité » comme le nomment les organisateurs. Ces images ont suscité l’indignation de plus d’un et entraîné une polémique nationale. La présence des ministres au premier rang desquels, le Premier ministre, a contribué à enflammer la toile. « Miss Guinée 2017, en voyant ces filles à moitié nues, je me demande quelle beauté voulons-nous montrer à la face du monde. Ce qui est plus ahurissant est le fait que le Premier ministre, Mamady Youla, et autres cadres de l’Administration présents à la cérémonie, avaient tous l’air très satisfait de ce mode ». S’indigne Mahmoud Barry. Quant à Maïmouna Sow, dénonce avec amertume ce qu’elle appelle « le Tribunal médiatique » contre les candidates. Ainsi, elle appelle au boycott « l’élection Miss Guinée », car, argumente-t-elle, le COMIGUI ne force aucune fille à se déshabiller devant le public… Cet énième scandale enregistré par le Comité Miss Guinée, lui a valu sa suspension. A travers une décision ministérielle, le département de la culture, du patrimoine historique et des sports a cru prendre sa responsabilité. De son côté, le COMIGUI  justifie la phase du défilé en ‘’tenue de vérité’’ comme étant l’un des critères qui répond au principe international du concours de beauté. A noter que la Guinée est, depuis peu, représentée au concours régionaux et internationaux, notamment Miss CEDEAO et Miss Monde.

 

‘’Kaloum : Elle poignarde son mari’’, apprend-on dans les colonnes du journal hebdomadaire La Lance. Le 10 février vers 21h à Kaloum, une femme du nom de M’mah Sylla a poignardé mortellement son mari Abdoulaye Yattara. Celui-ci, 46 ans d’âge, enseignait dans une école franco-arabe, était le 2ème  imam d’une petite mosquée située à la 5ème avenue au quartier Sandervalia. Selon un voisin, ces derniers temps, M’mah Sylla sortait de la maison à 15h, sans la permission du mari, pour ne rentrer qu’à 20h. Cela n’était pas du goût d’Abdoulaye Yattara.

 

‘’Les activités paralysées dans la haute banlieue de Conakry’’, nous informe l’Agence Guinéenne de Presse (AGP). Des élèves, étudiants et parents d’élèves, très en colère, ont érigé des barrages tôt lundi matin, 20 février 2017, au niveau de certains carrefours de la capitale guinéenne, empêchant ainsi la circulation, pour dénoncer l’arrêt régulier des cours, faute d’enseignants dans les classes, rapporte l’AGP. La  route  le Prince, la corniche nord de Taouyah en passant par Kipé, souvent empruntée par les usagers quand t-il y a des manifestations à Conakry, sont  barricadée et,  les manifestants  règnent en maîtres absolus sur les  lieux.   Pis,  de nombreuses  femmes se sont mêlées à la danse pour réclamer la réouverture des classes. Selon elles,  le gouvernement refuse d’ouvrir les classes « parce qu’aucun membre du gouvernement n’a son enfant dans les écoles guinéennes, ils sont tous à l’étranger ». Sur l’autoroute Fidel Castro, ces manifestants scandant des propos hostiles au gouvernement, « Nous demandons le départ  des ministres de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEP-UA) et celui de la Fonction Publique » ; «  Pas d’école, Pas de travail ». Autres conséquences de ce mouvement, service minimum dans les Hôpitaux, la circulation routière est rare, des personnes marchent le long de la voirie pour joindre les quartiers, les marchés quasi vides, échauffourées dans certains quartiers de la haute banlieue. A rappeler, que  le gouvernement a annoncé dans la nuit du dimanche, 19 février 2017,  avoir trouvé un accord global avec les syndicats  afin de mettre un terme à  la grève des enseignants qui paralyse le secteur de l’éducation depuis trois semaines.

 

Un mot de sport avec l’AGP. Le Horoya Athletic Club (HAC) de Matam a éliminé  dimanche, 19 février 2017 au stade du 28 septembre de Conakry,  l’US Gorée de Dakar  sur le score  de (2-1), au compte du match retour du tour préliminaire de la Ligue Des Champions (LDC). Le club  guinéen a joué face à des sénégalais qui avaient décidé d’attendre et de profiter des quelques erreurs de l’adversaire. L’US Gorée profite d’une grossière erreur d’Ibrahima Aminata Condé qui manque sa remise de la tête pour Khadim N’Diaye, Moussa N’Diaye inscrit le premier but de la rencontre. Au retour des vestiaires, Boniface Haba remet les pendules à l’heure sur un corner qui a eu du mal à être renvoyé par la défense adverse (59’) (1-1).

 

A bientôt !

 

Mame Diallo

Conakry, Guinée

Mame Diallo