jeudi, 30 mars 2017, 02:36 GMT

Essentiellement, l’actualité dans les journaux reste dominée par la grève des enseignants ayant entraîné des manifestations dans plusieurs quartiers de la capitale ainsi que par la visite du Roi Mohammed VI du Maroc. Des négociations à la signature de l’accord ou encore la reprise des cours sont d’autres nouvelles qui ont fait la manchette de nos canards. Bonne lecture !

 

 

Dans l’hebdomadaire La Lance, Cinq morts, 30 blessés (parmi les civils et les forces de sécurité), douze interpellations, des ‘’dégâts matériels importants sur des ambulances et des centres médicaux communaux’’, tel est, à la mi-journée, le bilan obtenu par le gouvernement suite aux manifestations du lundi 20 février à Conakry. Routes barricadées, pneus incendiés, circulation paralysée, échanges de projectiles entre jeunes manifestants et agents de sécurité, arrestations… La capitale n’avait pas été ainsi secouée depuis l’avènement, fin décembre 2010, d’Alpha Condé au pouvoir. Toutes les cinq communes ont bougé comme un seul homme. Outre l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cimenterie (théâtres habituels de violences), des quartiers, jadis calmes comme Dabondi, Bonfi, Gbessia, Yimbaya (Matoto) ou Kipé (Ratoma) n’ont pas été en reste. Pas de circulation sur l’autoroute Fidel Castro. Les activités économiques et administratives du centre-ville ont tourné au ralenti… Après s’en est suivi la signature de l’accord de suspension de la grève, le ministre de l’Enseignement professionnel et porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, savoure ‘’le plaisir d’annoncer que les cours reprendront normalement sur toute l’étendue du territoire à partir de ce mercredi 22 février 2017. Les dispositions sont en train d’être prises pour que demain (mardi, 21 février) le calme revienne dans la cité, que les enseignants et les élèves s’apprêtent à rallier leurs salles de classe’’.

 

‘’Bambéto bouillonne’’, titre le journal hebdomadaire La Lance. Le lundi 20 février, les Guinéens sont massivement sortis dans la rue pour exiger la réouverture des classes qui sont fermées depuis bientôt un mois. Si habituellement, c’est seulement la route Leprince qui manifeste, cette fois-ci, ce sont tous les principaux axes de Conakry qui sont occupés par les manifestants en colère. Parmi lesquels, des élèves et des femmes. Le carrefour de Bambéto très bouillant en temps normal, ressemblait fort bien à un champ de bataille où manifestants et forces de l’ordre se regardaient en chien de faïence. Boutiques et magasins sont restés hermétiquement fermés. On ne remarquait même pas la présence des deux-roues qui remplacent désormais les taxis classiques en de pareil cas. Les automobilistes qui s’y hasardaient ont essuyé des jets de pierres. Certains ont profité de l’occasion pour tomber sur des paisibles citoyens, en leur confisquant argent, téléphones portables et autres objets de valeur.

 

Malgré l’accord du lundi 20 février obtenu entre le gouvernement et les syndicalistes, la route Leprince, est restée paralysée le lendemain des manifestations. ‘’Paralysie totale, malgré l’accord’’, s’exclame La Lance. Notamment le tronçon Coza-Koloma, en passant par les zones : Camp carrefour, Cirage et Bomboly. Entre 8 et 9h, les femmes par petits groupes, se rendent au marché de Coza. Des jeunes envahissent l’axe par petits groupes, qui à la recherche d’un moyen de déplacement, qui, par curiosité ou animés de mauvaise intention. Des petits cireurs s’installent. Des vendeuses de cacahuètes et autres, idem. Des taxi-motos et simples motards circulent. Les magasins et boutiques quasi tous fermés. Vers 9h, des jets de pierres contre les policiers pleuvent. Il n’en fallait pas plus pour attiser leur colère. Les agents, en nombre, pourchassent les jeunes. La course-poursuite qui ne s’est pas poursuivie dans le quartier, s’est achevée par au moins deux interpellations. Des témoins ajoutent qu’une moto a été embarquée à bord du camion pour Coza ou Enco5, dit-on. 

 

L’hebdomadaire Nouvelle Elite nous parle également de ce lundi noir à Conakry. ‘’Chronique d’une insurrection manquée’’, lit-on. Les Guinéens ont-ils choisi d’aller au suicide collectif, s’interroge le journal. C’est la question qu’il faut bien se poser aujourd’hui au regard de la crise qui secoue l’éducation et qui n’aurait pas dû exister si jamais les parties au dialogue social acceptaient chacune de jouer la carte de bonne foi. Mais aussi si les habitants de Conakry n’avaient pas été embrigadés par la désinformation et orientés sciemment vers ce qu’il faut bien appeler, non pas une grève, mais plutôt une révolte, prélude à une éventuelle insurrection… Les tragiques journées noires de janvier et février 2007 ont désormais leur sœur jumelle. Soit dix ans après, et au même mois. La coïncidence est-elle fortuite ? Rien n’est moins sûr. En tout état de cause, ceux qui se sont aventurés dans les rues de Conakry le lundi dernier ont dû voir les stigmates de l’apocalypse qu’ils vont difficilement oublier. Les troncs d’arbres, les pneus enflammés, les ordures, les blocs de pierres, les tables d’étalagistes et mêmes des murs de la haine, faits en briques, toutes ces choses se sont donnés rendez-vous dans les rues asphaltées de la capitale. Soigneusement gardées par des nervis, des Guinéens prêts à en découdre et ainsi prêts à empêcher leurs frères et sœurs de joindre leurs postes de travail ou de rejoindre leurs domiciles.

 

Dans la rubrique ‘’Ils ont dit’’ de l’hebdo Nouvelle Elite,  Damantang Albert Camara, porte-parole du gouvernement indique : « Ce sont des loubards qui jettent des pierres et brûlent des pneus dans la rue ». Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG « Ce qui se passe dans nos écoles est source de préoccupation ». Egalement à lire, l’intégralité du protocole d’accord entre le gouvernement, les syndicats et le patronat dans le numéro 191 du journal Nouvelle Elite paru le 22 février 2017.

 

‘’Grève des enseignants : le parti au pouvoir soupçonne une récupération politique’’, nous informe le journal Nouvelle Elite. Lors de son assemblée générale hebdomadaire samedi 18 février dernier, le RPG Arc-en-ciel a cru bon d’attirer l’attention des enseignants grévistes sur une éventuelle récupération politique du mouvement. Le parti au pouvoir les a par ailleurs appelé à privilégier le dialogue. C’est ainsi que Lansana Komara, secrétaire permanent RPG Arc-en-ciel, qui a ouvert le bal des discours, a exprimé la préoccupation de son parti par cette crise qui secoue tout le système éducatif. Non, sans dénoncer une odeur de récupération politique du côté de l’opposition. Et de souligner le souci du RPG Arc-en-ciel : « Nous ne pouvons pas rester muets devant cette situation, pendant qu’une certaine opposition cherche à envenimer et à profiter. C’est pourquoi, la direction nationale du parti invite les vaillants enseignants de Guinée à privilégier le dialogue et la concertation en vue de trouver une issue heureuse dans l’intérêt de l’école guinéenne », a-t-il lancé à l’endroit des enseignants.

 

Dans le numéro spécial du journal quotidien, Horoya on peut lire à la Une ‘’Conakry-Rabat : un exemple réussi de coopération sud-sud’’. Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1960, Rabat et Conakry ont savamment donné une forte impulsion et un réel contenu à leurs relations de coopération bilatérale dans les domaines prioritaires de développement. Une coopération qui traduit parfaitement la vision stratégique du Maroc d’affirmer son appartenance africaine et de consolider un partenariat agissant et solidaire avec les pays du continent africain. En effet, la visite que compte effectuer le Roi Mohammed VI en République de Guinée en est la parfaite illustration.

 

‘’Le Maroc gagne son retour dans l’Union Africaine’’, titre le journal Horoya. Le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine en faveur duquel les Chefs d’Etats se sont prononcés à Addis-Abeba lors du 28è sommet, est une compilation des articles de certains confrères présents à la rencontre. A l’analyse de leurs travaux, plusieurs démarches ont été menées avant que le Sommet n’aboutisse à ce résultat qui somme toute, n’était pas acquis à l’avance à cause de la réserve de certains Etats en raison du conflit sharaoui. Pour y arriver là, le Maroc a poursuit son offensive diplomatique auprès des pays du continent. A moins de deux semaines avant le Sommet, le Roi Mohammed VI a entamé une tournée au Ghana, en Zambie et en Ethiopie. Une vingtaine de pays seront également visités par les ambassadeurs du Maroc. En jeu : le retour de Rabat dans l’organisation continentale et le rôle non seulement politique, mais aussi économique et commercial, que compte jouer le Royaume au sein de l’UA.

 

Dans cette édition spéciale, le journal Horoya nous parle aussi des relations économiques et des investissements. C’est le cas de CIMAF/Guinée qui est une vitrine économique contribuant au développement de la Guinée. Boubacar Touré est Directeur général de CIMAF qui produit le ciment depuis 2011 et aujourd’hui, compte les 30 pour cent du marché avec des capitaux cent pour cent marocains. Egalement de la compagnie aérienne Royale Air Maroc (RAM) présente depuis 1978 à Conakry ou encore de la formation de plusieurs cadres Guinéens au Maroc.

 

On finit avec les nouvelles de l’Agence Guinéenne de Presse  (AGP). ‘’Coopération : huit (8) accords et mémorandums d’Entente signés à Conakry entre la Guinée et le Maroc dans plusieurs domaines’’, apprend-on. Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc, accompagné de hauts cadres et d’hommes d’affaires marocains, est arrivé, dans la soirée du jeudi, 23 février 2017, à  Conakry (République de Guinée), pour une visite d’amitié et de travail, rapporte l’AGP. Cette deuxième visite du Roi Mohammed VI à Conakry, après 2014, intervient juste après la désignation du chef de l’Etat guinéen, Pr Alpha Condé, à la présidence tournante de l’Union Africaine (UA), et le retour apprécié et  triomphal du Maroc au sein de l’organisation continentale après 33 ans d’absence. Que d’espoir pour des projets d’intérêt économique et social dans plusieurs secteurs de développement en Guinée. Après son accueil à l’Aéroport international de Conakry/Gbsessia et la cérémonie traditionnelle d’offrande de lait et de dattes au Palais Mohamed V de Conakry, les deux chefs d’Etat se sont dirigés dans la salle aménagée à cet effet, pour présider la signature des accords. Au total, huit (08) conventions de coopération et mémorandums d’entente ont été signés. Ce sont la convention relative à la Mise à Niveau de la Ville de Conakry, la convention pour la Mise en place d’un Projet d’agrégation de petits agriculteurs guinéens autour de la filière de maïs, la convention de création d’un système de Cadastre, la convention pour la réalisation d’un projet d’aménagement hydro-agricole d’une superficie de 200 à 300 hectares, la convention de don relative au projet d’Assainissement liquide de la ville de Conakry, le mémorandum d’entente en matière d’assistante technique, la convention de coopération relative au projet d’assainissement liquide de la ville de Conakry et l’accord de fourniture de 100.000 tonnes d’engrais par l’Office Chérifien de Phosphate (OCP) à la Guinée. La signature de ces accords et conventions a été faite par les ministres guinéens et marocains de l’Economie et des Finance, de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, du Plan et de la Coopération, de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, sans oublier des directeurs et présidents du Groupe de la Banque Centrale Populaire du Maroc, dont l’implication est nécessaire pour la matérialisation desdits accords.

 

Toujours parlant de la visite du roi Mohamed VI à Conakry, l’AGP nous informe qu’un Protocole d’accord a été signé entre le groupe OCP et le gouvernement guinéen. Le groupe Office Chérifien de Phosphate (OCP) et le gouvernement guinéen ont signé un Protocole d’accord, jeudi, 23 février 2017, pour la fourniture à la Guinée, d’engrais phosphatés adaptés aux besoins des sols et des cultures locales, rapporte l’AGP. Cette signature a eu lieu à l’occasion de la visite de 48 heures qu’effectue en République de Guinée, Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, à compter de ce jeudi. L’objectif de ce Protocole d’accord est de permettre au groupe OCP et au gouvernement guinéen, d’assurer l’approvisionnement de la totalité des besoins d’engrais phosphatés de la République de Guinée, estimés à 100.000 tonnes pour l’année 2017, et de s’engager à fournir une offre promotionnelle à caractère exceptionnel incluant un don de 20.000 tonnes. Il s’inscrit dans le cadre du partenariat Sud-sud entre les deux pays et vient consolider la collaboration initiée en 2014, entre le groupe OCP et l’Etat guinéen en faveur de la dynamisation du secteur agricole guinéen, afin d’assurer un meilleur rendement agronomique à travers, notamment l’élaboration de la Carte de fertilité pour la Guinée et l’organisation de la Caravane Agricole Guinée.

 

Et pour finir, la Convention de base pour l’exploitation des gisements d’or de Mandiana ratifiée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Les députés à l’Assemblée Nationale (AN) de la République de Guinée, réunis en plénière, mardi, 24 février 2017, à l’Hémicycle du Palais du peuple, sous l’égide du président de l’institution, honorable Claude Kory Kondiano, ont ratifié à l’unanimité des présents, la Convention de Base pour l’exploitation des gisements d’or dans la préfecture de Mandiana, rapporte le l’AGP. Cette ratification se situe dans le cadre de l’établissement des accords, en vue d’établir des partenariats entre le Royaume Chérifien du Maroc et la République de Guinée, à travers le groupe Managem et le groupe Avocet qui ont constitué un partenariat, signé le 28 mai 2016, en vue de développer et d’exploiter les gisements présents sur le périmètre du permis d’exploitation et le transfert au profit de la Société des Mines de Mandiana. Dans son discours de circonstance, la rapporteuse de la Commission de l’Industrie, du Commerce, des Mines, du Tourisme et de l’Artisanat, honorable Hadja Aïssata Daffé a souligné : «Dans l’optique de la valorisation de ses ressources naturelles, et pour faire face, avec efficacité, aux enjeux liés au secteur minier, la République de Guinée a signé avec la Société des Mines de Mandiana SA, Avocet Mining PLC et Managem SA, la Convention de Base pour l’exploitation des gisements d’or dans la préfecture de Mandiana». La parlementaire a indiqué, que le Groupe Managem est l’une des grandes entreprises marocaines dans le domaine de l’hydrométallurgie. «Ce Groupe opère depuis plusieurs années dans l’extraction, la valorisation et la commercialisation des métaux de base, des métaux précieux, du cobalt et d’autres minerais au Maroc et en Afrique», a-t-elle affirmé.

 

A bientôt !

 

Mame Diallo

Conakry, Guinée

Mame Diallo