Revue de presse : crise à la CENI, marche de l’opposition, dossier 28 septembre, règles de qualification à la CAN

10 août 2017 13:13:27
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Les journaux de la place nous informent de la désignation d’un troisième larron à la CENI, la manifestation de l’opposition, l’affaire 28 septembre 2009, la passation de service au secrétariat des affaires religieuses, la découverte d’un corps sans vie à Labé ou encore les nouvelles règles de qualification à la CAN. Bonne lecture ! 

‘’Guinée : La Cour constitutionnelle veut résoudre la crise de la CENI, le troisième larron’’, s’exclame le journal hebdo La Lance à la Une. Apparemment le bicéphalisme à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tire vers sa fin. Le 7 août, les commissaires frondeurs voulaient installer leur poulain, Me Amadou Salif Kébé dans ses nouvelles fonctions de président à la CENI. De gré ou de force. Mais la Cour Constitutionnelle dans son arrêt N°AC41 du 07 août 2017 a suspendu cette passation de service entre le président sortant Bakary Fofana et le président entrant, Me Amadou Salif Kébé. En même temps, elle a désigné un président intérimaire de l’institution. Le troisième larron, Kader Aziz Camara. Troisième commissaire représentant les organisations de la société civile au sein de la CENI occupe désormais le poste de président par intérim de l’institution électorale. Il sera assisté des deux vice-présidents que sont Hadja Fatoumata Biya Diallo et Bakary Mansaré.  Le 4 août, le Secrétaire général de la CENI a adressé une lettre à M. Bakary Fofana pour l’inviter à la cérémonie de passation entre lui et Me Kébé pour le 7 août à 14 heures. Qu’il doit préparer son rapport de gestion administrative et financière ainsi que les biens et équipements à sa disposition. Quant à M. Kader jusque là le Directeur de département des démembrements de la CENI « je remercie la Cour Constitutionnelle et je pense que cette fonction, je vais l’assumer jusqu’à ce la Cour Constitutionnelle statue sur le fond de la requête », a-t-il déclaré avant d’ajouter que ses priorités seront l’élaboration d’un chronogramme pour l’organisation des élections locales, transparentes, crédibles et acceptées par tous les acteurs du processus électoral.

‘’Etablissements publics administratifs : où sont les inspecteurs d’Etat’’, s’interroge l’hebdomadaire La Lance. Le 7 août, le ministre du Budget, Mohamed Lamine Doumbouya a convié les responsables d’établissements publics administratifs à une réunion d’échanges d’informations en vue de l’organisation d’une revue annuelle des EPA. Objectif, s’enquérir de l’existence desdits établissements, de leur fonctionnement et vérifier leur identité. Mais aussi de la manière dont leurs responsables ont été désignés. Il se trouve déjà que certaines structures sont en porte à faux avec les textes règlementaires, notamment la loi portant règlement général de la gestion budgétaire et de la comptabilité publique ou encore la loi organique 012 CNT du 6 août 2012. Il s’avère que certains établissements sont inconnus de l’Etat, car ils n’ont aucun statut, dit-on. Ces établissements reçoivent les fonds du contribuable pour leur fonctionnement. Le patron du Budget dit qu’il faut désormais rendre des comptes.

‘’CENI et élections locales : le bicéphalisme bloque le chronogramme’’, s’exclame le journal satirique Le Lynx à la Une. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), ce machin organisateur de nos élections et référendums est complètement déchiré. Ce qui n’augure aucunement une bonne organisation des élections locales très attendues par les Guinéens. L’institution fait face à une crise sans précédent dans son histoire. Son prési, Bakary Le Faux-Fana a été destitué par ses collègues. Il se cramponne encore dans son fauteuil. Parce qu’il ignorait les raisons fiables de son éviction. Très avare en mots avec les journaleux, le Faux-Fana coincé jusqu’au bout, a été obligé de sortir de son silence pour se défendre. Tardivement dit certain. Il a déposé un recours devant la Cour Constitutionnelle. Puis, il a animé un point de stress pour affirmer que ses collègues veulent l’éjecter pour des raisons pécuniaires injustifiées. Ce qui n’est d’ailleurs qu’un secret de polichinelle.

‘’Le double-jeu du Prési Grimpeur’’, lit-on plus bas dans Le Lynx. Pour certains observateurs, le bicéphalisme à la CENI aurait pris fin si le Prési Alpha Grimpeur veut réellement aller aux élections locales. D’aucuns affirment que si au début de la crise, il ne pouvait pas s’impliquer mais après l’application des textes de loi qui régissent la CENI, le locataire de Sékhoutouréya, garant de toutes les institutions de la République publique, aurait pu taper du poing sur la table pour dire à son ancien protégé Bakary Fofana de céder la présidence de l’institution à celui qui a été élu. Surtout qu’il a reçu séparément les deux protagonistes le 28 et 29 juillet dernier à Sékhoutouréya.

Aux affaires religieuses, Abdoul Dioubaté a passé le turban, nous informe le journal Le Lynx. Le 3 août, Abdoul Karim Dioubaté après dix-sept mois à la tête de l’institution, a passé la main à Aly Jamal Bangoura. Le nouveau promu dirigeait jusque-là l’Administration générale de la mosquée Fayçal et le Centre islamique de Donka. La cérémonie de passation de service a réuni Sékou Kissi Camara, Secrétaire général du gouvernement, les secrétaires communaux des affaires religieuses, des représentants des associations musulmanes… Le sortant a décliné son bilan : « La consolidation des acquis des religions en Guinée, le renforcement et l’élargissement des capacités des leaders religieux des 33 préfectures et les 5 communes de Conakry dans l’exercice de leurs fonctions, la promotion d’un islam du juste milieu, de tolérance, l’instauration des pratiques religieuses favorisant un climat de paix et de quiétude pour la fraternité nationale et internationale ». Quant au nouveau, il aura du pain sur la planche car sa promotion à la tête des affaires religieuses intervient seulement à quelques jours du départ pour le pèlerinage 2017. C’est la priorité de ses actions.

‘’Une manif sans anicroche’’, titre l’hebdomadaire Le Lynx. Le 2 août, les matins, militants et sympathisants des partis politiques de l’opposition se sont regroupés au carrefour de Cosa, point de départ de la marche. Plus tôt, la circulation était fluide, les étals disséminés, les stations de service desservaient avec un personnel réduit, les boutiques, pharmacies, kiosques, salons de coiffure étaient tous fermés. La police n’avait pas posté ses agents. L’ambiance présageait un dénouement heureux. A 9h, la circulation est paralysée. Pendant près de deux heures, des cris, des coups de klaxons, des chants et danses à la gloire de l’UFDG et alliés. Un groupe de manifestants mené par Ousmane Camara, crie en chœur : « Réparez nos routes. Halte à la corruption ! Alpha Condé, sept ans de promesses, ça suffit. Sept ans de mauvaise gouvernance. Touche pas à ma Constitution ». Aux environs de 17  heures, une échauffourée éclate entre les manifestants attardés et les agents de la police, qui tourne court, zéro blessé. Les agents des forces de l’ordre ont cassé la croute sur place, ont repris leur service ordinaire.

‘’Affaire 28 septembre : Me Cheick Sako réaffirme la tenue d’un procès courant 2017’’, apprend-on dans le journal Affiches Guinéennes. Au cours d’une conférence de presse le vendredi 4 août 2017 à la Cour d’Appel de Conakry, le ministre de la justice, Garde des Sceaux, Me Cheick Sako a réitéré son engagement par rapport à la tenue du procès dans l’affaire du 28 septembre 2009 courant cette année. Devant les médias publics et privés, Me Cheick Sako a dit que l’ouverture de ce procès surprendra beaucoup de Guinéens surtout ceux de l’intérieur du pays. « Le dossier concernant l’affaire du 28 septembre suit son court normal. Le dossier est en train d’être traité et ira jusqu’à son bout. Si certains dans notre pays ont encore des doutes sur la capacité de la justice guinéenne à traiter ce dossier, nous allons traiter jusqu’au bout. Après l’instruction, on entamera la préparation du procès. Le procès aura bel et bien lieu courant cette année », a promis Me Sako. Sur la question concernant la clôture de l’instruction de ce dossier récemment exigée par les associations des victimes, le ministre a dit qu’il n’acceptera la pression de personne dans cette affaire. « Ces associations sont une partie dans ce procès. Nous n’allons accepter la pression de personne dans cette affaire », a-t-il insisté.

« Personne ne peut douter qu’il y a eu plus d’un million de participants », a déclaré Cellou Dalein Diallo à propos de leur marche dans les colonnes du journal Affiches Guinéennes. Massivement mobilisés, les partisans de l’opposition républicaine étaient dans la rue le mercredi 02 aout  2017. Prévue à travers l’itinéraire, la marche a débuté au rond-point de Cosa pour le ralliement à Dixinn terrasse. Partout où ils sont passés, les opposants au régime Condé ont dénoncé la mal gouvernance, l’impunité, l’injustice sociale, le non-respect de l’accord politique du 12 octobre dernier et les velléités du Président de la République à tripatouiller la constitution guinéenne pour briguer un troisième mandat. Après les allocutions de Papa Koly Kourouma du GRUP, d’Aliou Bah du BL, d’Alhousseiny Makanera Kaké, du representant de Mamadou Sylla de l’UDG, d’Ibrahima Sory Diallo du BOC, d’Abdoulaye Kourouma du RRD, le chef de file de l’opposition a exprimé ses sentiments de satisfaction à la grande mobilisation  qui a réuni plus d’un million (1.000.000) de citoyens sans qu’aucun incident ne soit enregistré. « Vous savez, j’avais dit que la manifestation du 02 aout serait sans précédent. Regardez par l’ampleur de la situation  comme ça été le cas  avec toutes nos marches, permettez-moi  de vous dire merci. Vous avez su bien faire pour que le défi  que je m’étais lancé soit relevé. Aujourd’hui devant la presse nationale et internationale, personne ne peut douter qu’il y a eu plus d’un million de participants à cette manifestation » souligne Elhadj Cellou Dalein Diallo.

‘’Meurtre de Mohamed Koula Diallo : La délocalisation du procès vers la cour d’appel n’a finalement pas eu lieu’’, titre le journal Affiches Guinéennes. La Cour d’appel de Conakry n’a pas accepté de mettre sa salle d’audience à la disposition du Tribunal de Première Instance de Dixinn pour la tenue du procès du meurtre, le 05 février 2016, du journaliste Mohamed Koula DIALLO. C’est donc  dans sa salle restreinte semblable à une salle à manger que ce dernier a  organisé le lundi 31 juillet dernier, ses premiers débats au fond dans ce procès emblématique. Dans cette affaire qui retient l’attention de toute la société guinéenne, cinq personnes sont accusées d’assassinat, tentative d’assassinat et non-assistance  à personne en danger au préjudice des ayants droit du journaliste mort et de l’ancien vice-président de l’UFDG (parti de l’opposition). Dans le box des accusés, par contre, il y a deux Amadou SOW et Algassimou Keita. Les trois autres sont en fuite. A la barre, Amadou SOW a nié les faits qui lui sont reprochés. Membre de la garde rapprochée de Cellou Dalein DIALLO Président de l’UFDG, Amadou SOW est accusé d’être en possession d’une arme à feu au moment des faits. On déduit alors qu’il est l’auteur du coup de feu qui a été fatal au journaliste alors qu’il visitait Bah Oury, vice-président de l’UFDG  qui forçait son entré au siège pendant qu’il venait d’être exclu du parti. Répondant aux questions du procureur de la République, tout comme celles des avocats de la partie civile, Amadou Sow apparemment pas inquiété par les échanges articulées contre sa personne, a maintenu la même version  des faits mais avec parfois quelques nuances. Le temps faisant défaut, l’affaire a été renvoyée au 11 septembre prochain à cause des vacances judiciaires qui prendront tout le mois d’aout.

‘’Enseignement supérieur : vers la disparition des universités privées’’, s’interroge le journal Affiches Guinéennes. Les 23.656 admis cette année au baccalauréat unique seront tous orientés dans les institutions d’enseignement supérieur public. Ainsi en ont décidé les autorités de l’éducation guinéenne. Une mesure qui ne restera pas sans conséquences sur l’avenir des 35 universités privées que compte le pays, même si de ce côté l’on y croit absolument pas. Les autorités ont décidé cette année d’orienter les bacheliers dans les universités et instituts privés de la place de recevoir les boursiers de l’Etat qui constituent cependant le plus gros de leurs effectifs. Pour l’instant, les autorités concernées n’ont fourni aucune explication à cette décision. La réduction des charges de l’Etat a-t-elle poussé les autorités de l’éducation à prendre cette mesure ? En attendant de savoir, le moins qu’on peut dire est que l’orientation des bacheliers dans les privés et c’est un secret de polichinelle coûte très cher à l’Etat. Pour les frais d’étude de ses boursiers, l’Etat guinéen paye par an, environ 300 milliards de ses francs aux universités privées de la place. En 2016, il restait devoir 125 milliards à ces institutions. Sans compter le cas des 4.171 étudiants inscrits en 2015 sur la plateforme Djoliba, alors en discussion.

Les nouvelles de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP). Une mission technique du ministère des Travaux Publics séjourne depuis mercredi, 02 août 2017, dans la préfecture de Boké avec pour objectif de recenser et d’identifier les propriétaires  des bâtiments, des plantations ou autres qui vont être touchés pendant le démarrage des travaux de construction de la route internationale Boké-Kébou (République Guinée Bissau) en vue d’évaluer leurs coûts  pour une éventuelle indemnisation. Conduite par le Chef de service Suivi du plan de gestion environnementale et sociale des projets routiers au ministère des TP, Lansana Diawara, cette mission est d’une importance capitale pour les propriétaires qui, au terme de la mission, seront consolés, conformément aux récentes assurances des délégués de la Banque africaine de développement (BAD). Sur le terrain déjà, les délégués de ce ministère sur le terrain travaillent  au niveau du corridor Baralandé-Dabis, en synergie d’action avec le Bureau guinéen d’études d’évaluation environnementale du ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts (MEEF) ainsi que des cadres de l’Agriculture et de l’Habitat évoluant dans la préfecture. Une manière de prévenir les conflits et réclamations sur le corridor, une fois que les travaux de construction de l’axe Boké-Kébou auront débuté.

Toujours l’AGP nous informe que le corps sans vie d’un individu non encore identifié a été retrouvé  criblé de balles ce vendredi, 4 août 2017, au bord de la route nationale Pita-Labé, dans la commune rurale de Garambé, située à 10 km au Sud du chef-lieu de la préfecture. Alertés par les autorités sous-préfectorales, la gendarmerie, accompagnée d’un médecin légiste de l’hôpital régional de Labé pour les besoins d’un constat. Selon un fonctionnaire en service à la mairie de Garambé, « c’est aux alentours de 9 heures que le chef de secteur m’a informé de la découverte de ce corps ici. J’ai tout de suite remonté l’information au sous-préfet. La gendarmerie et le médecin légiste ont examiné le corps avant de le mettre à notre disposition pour l’inhumation. Mais, nous ne pouvons pas organiser un enterrement parce que, ce jeune n’est pas un citoyen d’ici. Nous avons fait appel au Secrétaire général chargé des collectivités décentralisées qui a promis de nous faire venir une équipe de la direction préfectorale de la Santé en vue de transporter ce corps à la morgue de l’hôpital régional ». Au moment où l’identification de ce corps préoccupait les autorités de Pita,  c’est un cas d’attaque à mains armées perpétrée dans la commune rurale de Timbi-Madina, la nuit du même vendredi aux environs de 1 heure du matin qui est signalé.

Enfin sport pour terminer cette édition de la revue de presse. La Confédération africaine de football (CAF) a rendu publique ce samedi, 05 aout 2017 ses nouvelles règles de qualification à la Coupe d’Afrique des nations (CAN)  2019 au Cameroun. Ainsi, si dans l’ancienne formule, seuls les premiers de chacun des douze groupes en lice étaient qualifiés, plus les trois meilleurs deuxièmes en compagnie du pays organisateur, la nouvelle formule en dit tout autre. Pour être au rendez-vous camerounais, les deux premières équipes nationales de chaque groupe des éliminatoires sont qualifiées, excepté le groupe du pays hôte. Selon la nouvelle règle de la CAF, le groupe du pays organisateur, n’enverra qu’un seul qualifié. Au cas où le pays qui accueille la CAN est classé premier de son groupe, l’équipe classée deuxième se qualifiera pour le tournoi. A rappeler que ces changements sont la suite du récent symposium de la CAF, tenu à Rabat (Maroc).

Ainsi s’achève cette édition et à la semaine prochaine chers lecteurs !

Mame Diallo