Revue de presse: accord de 20 milliards US avec la Chine, affaire UBA, mobilisation du budget à la CENI, la leçon Kenyane…

14 septembre 2017 15:15:02
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Accord de 20 milliards US avec la Chine, affaire UBA, mobilisation du budget à la CENI, la leçon Kenyane sont, entre autres, titres qui ont fait la Une des journaux de la place dans la  semaine dernière.

« Les 20 milliards de dollars Us du 9ème sommet des Brics : Un accord salué avec une vigilante réserve », titre l’hebdomadaire Le Populaire.

Le président Alpha Condé a pris part au 9ème sommet des Brics qui s’est qui s’est tenu à Xiamen en Chine. Invité en tant que président en exercice de l’Union africaine, le président guinéen a animé le Forum de promotion de la Zone économique spéciale (ZES) de Boké créée en avril dernier, à la suite d’une manifestation des citoyens pour inciter les investissements dans la localité.

Devant plusieurs entrepreneurs chinois Alpha Condé a magnifié les potentialités minières guinéennes invitant ceux-ci à poursuivre leur investissement dans le pays. Car, depuis sa réélection, de plus en plus d’entreprises chinoises ont éprouvé de l’intérêt pour les secteurs minier et énergétique. La construction du barrage de Souapiti avec un potentiel de 450 mégawatts est confiée à China ater Electric, explique notre confrère qui revient sur la position de l’opposition.

Le Populaire souligne que si dans le camp de la mouvance présidentielle, l’on se félicite pour «ce grand coup» réussi par Alpha Condé, dans l’opposition, c’est la réserve qui prime.

Selon le président du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, «apprendre qu’il y a un tel investissement qui est possible dans son pays et avec tout ce que cela peut entraîner en termes de création d’emplois, de construction d’infrastructures, on ne peut que s’en féliciter». Toutefois, regrette l’opposant, en Guinée, les choses sont annoncées sans jamais être réalisées. «On nous avait annoncé l’investissement de 5 milliards de Mubadala. On n’a pas encore vu cela se réaliser sur le terrain. En grande pompe, en 2014, on nous a annoncé que Rio Tinto allait investir 20 milliards pour développer la mine de Simandou. Après les élections de 2015, Rio Tinto a tout bonnement annoncé son retrait. Nous voyons derrière beaucoup plus un effet d’annonce que la réalité. Les Guinéens ne se nourrissent pas de vent, de l’abstrait, plutôt ils se nourrissent du concret. Ils veulent des actes. Quand les actes seront posés, naturellement, on ne pourra que s’en féliciter».

Tout en souhaitant la réalisation de cette annonce, Dr Faya se demande pourquoi le chef de l’Etat a attendu vers la fin de son second mandat pour annoncer ce genre d’accord. «Est-ce que c’est pour nous vendre après qu’il a commencé quelque chose qu’il fallait le laisser achever? Ça ne passera pas, parce qu’il faut faire un avertissement clair. En Afrique, les gens aiment à dire: ‘‘J’ai commencé quelque chose, laissez-moi l’achever’’ pour se maintenir au pouvoir».

Dans la même lancée, notre confrère mentionne la réaction du président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne qui joue la carte de la vigilance. «Je n’ai pas d’éléments de réponse dans la mesure où je n’ai pas encore le document signé(…). Ce qu’on sait, c’est qu’on a beaucoup des mines et nous détenons 27% des réserves mondiales de bauxite dont la moitié a une teneur de plus de 50%, ce qui est exceptionnel. La Chine détient beaucoup d’industries d’alumine et d’aluminium. Elle produit 57%. C’est ce qui fait qu’elle a besoin de notre mine. Il est extrêmement important d’être vigilant et de lire les documents pour voir qu’est-ce qu’on donne et qu’est-ce qu’on reçoit». Pour Cellou Dalein Diallo, il est important de maitriser le contenu de l’accord avant de se prononcer sur la nature du contrat.

‘’Un bradage en ‘’catastrophe’’ des mines’’ titre de son côté L’Indépendant. Pour notre confrère, nombreux sont les observateurs qui voient le verre à moitié vide suite à la signature de l’accord de 20 milliards de dollars US, avec la Chine, en marge du sommet des « Brics » qui vient de se dérouler à Xiamen. Leur inquiétude, indique-t-il,  c’est de voir le président Alpha Condé brader nos mines, dans des contrats aux contours obscurs, avec un pays dont la boulimie pour les matières premières est devenue légendaire.

Dans ces colonnes, notre confrère rappelle les propos d’Ibrahima Kassory Fofana, le signataire de l’accord, qui lui, explique qu’il s’agit de « beaucoup d’opportunités pour la Guinée, pour le professeur Alpha Condé d’atteindre son objectif d’une croissance économique à deux chiffres dès 2020. Parce que pour y arriver, on a besoin d’un investissement global privé et public d’un milliard et demi par an. Pour être honnête, ce n’est pas de l’opportunisme que j’affiche, mais du réalisme économique en tant qu’économiste ». Kassory reconnaît cependant qu’on parle de ces montants tandis que « le Guinéen reste sceptique, et qu’il a raison. Parce que cela ne se traduit pas dans l’amélioration de son quotidien. La seule manière de traduire cela dans l’amélioration de sa vie est qu’il ait du travail », a-t-il souligné.

‘’ Ce contrat doit s’étendre jusqu’à 2037, il faut le rappeler’’. Mais, souligne L’Indépendant, la crainte des observateurs porte sur la gestion de toute cette manne financière, dans un pays où l’administration est gangrenée par la corruption sans oublier la faible capacité d’absorption des fonds par nos institutions, cela à tous les niveaux par manque de projets bancales et fiables. Pour conclure,  notre confrère indique qu’il faut prendre tout ça avec des pincettes. ‘’D’ailleurs, pour certains observateurs du régime, Alpha Condé chercherait juste un stratagème pour faire prospérer son ambition de conduire les destinées de la Guinée, au-delà de 2020. D’où ce projet mirifique, qui pourrait endormir les pauvres d’esprit’’, conclu le journal L’Indépendant.

‘’Alpha Condé au sommet des Brics : quels enjeux pour la Guinée », s’interroge l’hebdomadaire ‘’Nouvelle Élite’’ qui reprend ainsi une publication de l’AFP. Pour notre confrère, si la Guinée intéresse pour ses réserves minières, le secteur de l’énergie est aussi vu comme une opportunité par les investisseurs.

« Le Démocrate », de son côté s’est intéressé à la mobilisation du budget électoral.  « La CENI à la peine », titre l’hebdomadaire qui explique dans ses colonnes que pour le budget électoral de 337 milliards de francs guinéens,  concocté par la Commission électorale nationale indépendante  (CENI), pour la tenue des élections locales à venir, l’Etat guinéen se serait engagé à débourser seulement 100 milliards, soit moins du tiers du montant. Pour combler le gap financier, l’institution chargée d’organiser les élections entend se tourner vers des partenaires étrangers, sauf que ceux-ci auraient encore en mémoire le fait que le pouvoir avait déclaré n’avoir pas besoin de concours extérieur pour financer la présidentielle de 2015.

Citant des sources proches de la CENI, Le Démocrate révèle que l’Etat guinéen n’aurait prévu de débourser que 100 milliards de francs guinéens, représentant le budget électoral. Le reste du montant, la CENI a été invitée, semble-t-il, à faire la manche auprès des partenaires étrangers. Des partenaires qui, poursuit notre confrère, n’ont pas l’air de répondre favorablement à la nouvelle sollicitation.

Pour les élections locales en vue, Le Démocrate souligné qu’à l’allure où vont les choses, l’Etat guinéen a intérêt à piocher dans sa trésorerie pour combler le gap de 200 milliards de francs guinéens que les partenaires n’ont pas l’air de vouloir offrir afin que les élections puissent se tenir à bonne date.

L’autre affaire qui continue de marquer l’actualité, c’est celle de l’incarcération à la Maison centrale de Conakry depuis décembre 2016, soit 8 mois, d’un groupe de 7 agents de l’UBA qui croupit en geôle sans aucune forme de procès.

‘’Affaire UBA : A qui profite le statu quo?’’, c’est le titre de l’hebdomadaire Le Populaire.

 Interpellé et incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis décembre 2016, soit 8 mois, un groupe de 7 banquiers (G7) croupit en geôle sans aucune forme de procès. Il est reproché au groupe des paiements hors-caisse effectués dans leurs services respectifs et qui sont évalués à plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens. Selon les experts, cette pratique n’est nullement une opération isolée. Elle est couramment faite par les employés de la banque, notamment les plus hauts perchés comme le directeur général et l’ensemble des membres du Comité de direction (Codir) qui s’étaient impliqués en accordant ces paiements hors-caisse à certains clients dont nous taisons volontiers les noms, rappelle notre confrère.

A titre illustratif, révèle t-il, pour booster les chiffres des nouvelles agences UBA de Kipé et de Kaloum, le directeur général et le staff du Codir ont accordé ces paiements hors-caisse à certains clients startup de ces agences à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de francs  guinéens.

Revenant sur le fil de l’affaire, Le Populaire rappelle qu’à la date du 17 novembre 2016, des responsables des opérations et de caisse des agences ont été convoqués au siège pour donner des explications sur les différents paiements hors-caisse effectués dans leurs agences respectives. A l’issue de leurs explications, ils ont été mis à la disposition de la Direction centrale de la police judicaire (DPJ) où il est engagé une procédure d’enquête préliminaire qui dure plus d’un mois. La banque signifie au G7 et à la DPJ que son souci était de recouvrer les fonds auprès des clients, et au G7, de ne jamais fournir les vrais chiffres à la DPJ au risque de payer 10% sur les montants recouvrés et surtout d’orienter tous les recouvrements à la banque. La DPJ se rendant compte que la banque lui cachait des vérités sur les chiffres, et qu’elle avait trouvé un cabinet parallèle de recouvrement, a diligenté la procédure de déferrement au TPI de Kaloum où le dossier est confié au cabinet du doyen des juges d’instruction, Djeila Barry le 21 décembre 2016. Ce dernier met aussitôt le G7 sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry. Les premières auditions du G7 effectuées par le cabinet du juge d’instruction absorbent tout le mois de janvier 2017. Certains staffs et clients impliqués dans le dossier sont également entendus. Dans la seconde quinzaine du mois de février, le directeur général de la banque rend visite au G7 à la Maison centrale pour lui réitérer qu’il est convaincu que les fonds n’ont pas été détournés et qu’il souhaiterait la contribution des personnes ressources du G7 pour le recouvrement desdits fonds auprès des clients. Un travail est fait dans ce sens même si le rapport financier produit par le G7 n’était pas exhaustif comparativement à celui fourni par la direction générale de UBA.

S’agissant de l’intérêt d’aller au procès le G7, après les premières auditions, est convoqué par deux fois de suite au cabinet du juge d’instruction. Le temps passe. L’affaire traine. Des sources concordantes font état de pratiques courantes de la banque et indiquent que les fonds en question n’ont jamais fait l’objet de détournement. La situation se complique. L’usage des termes par les banquiers ne convainc pas les hommes en robes qui cherchent à voir clair sur l’existence d’une complicité interne. Au fur et à mesure que les enquêtes évoluent, Dame Thémis découvre l’implication d’au moins 30% du staff des membres de la direction. Cela tonne dans la banque. Les jours d’après une cohorte d’employés est convoquée. Mais la décision de les emprisonner ne sera jamais exécutée. Au vu de cet état de fait, les avocats du G7 demandent une liberté provisoire de leurs clients. En vain. Elle est plutôt renouvelée.

Fait nouveau, selon notre confrère, le directeur général de UBA au moment des faits, Franck E. Jonathan Gooré est relevé de ses fonctions de même que le responsable juridique Djemori Kouyaté qui, depuis, est hors du pays. Tous deux sont emportés par le vent d’une affaire de… 70 milliards de FG !

‘’Détention du G7, vivement le procès’’, s’exclame pour sa part l’hebdomadaire Le Diplomate à sa grande Une. Le journal revient sur un scandale qui mine la filiale de Guinée de United Bank for Africaine  (UBA). Un scandale qui a la provoqué privation de sept employés, de cette banque, de leur liberté suite à un mandat de dépôt pris par le cabinet d’instruction du Tribunal de première instance de Kaloum en charge du dossier.

Notre confrère dénonce cette détention prolongée en violation de la loi avant de s’interroger : « Alors à qui profite le crime malgré cette entorse manifeste de la Loi ? Pour le journal, le silence devant le crime à ses implications de responsabilité dans le crime, pour reprendre une citation de l’écrivain français Albert Camus.

Le Démocrate révèle qu’un conclave aurait été tenu au TPI de Kaloum où effectivement, le besoin de renouvellement du mandat de dépôt a été de décidé. Chose qui, poursuit notre confrère, est restée entre les quatre murs de cette juridiction. Un état de fait qui, ajoute Le Diplomate, à fini par semer le doute dans la tête des 7 employés qui ont eu le sentiment d’être abandonnés par leur conseil. Pour preuve, le journal rappelle une première audience de référé qui devait se tenir le 25 août dernier, mais finalement reportée à la quinzaine, soit le 7 septembre dernier.

En attendant que lumière soit faite sur cette affaire, le Diplomate estime qu’il est à craindre que l’opinion  publique ne puisse jamais connaître les tenants et aboutissants de cette nébuleuse affaire.

La décision historique de la Cour Suprême Kenyane d’annuler la victoire du Président sortant à l’élection présidentielle n’est pas passée inaperçue en Guinée. ‘’Alpha Condé s’en félicite, titre La Lance à sa grande Une barrée par les photos du président de la Cour Constitutionnelle de Guinée, du président Alpha Condé et du président de la Cour Suprême du Kenya.

Dans leur communiqué, rappelle l’hebdomadaire, Alpha Condé et l’Union Africaine se félicitent que ‘’l’appel à l’apaisement dès la veille des élections du 8 août ait été entendu et apprécient l’esprit de maturité et de responsabilité de tous les acteurs du processus qui ont préféré les voies légales’’.

Notre confrère explique que Alpha Condé n’a pas navigué à contre-courant de la vague des commentaires et d’analyses qui ont suivi la décision historique de David Maraga. ‘’C’est cela aussi diriger une institution, qu’elle qu’en soit la dimension, c’est être obligé de prendre des responsabilités, ou réagir à des décisions, même à contre cœur’’, ironise La Lance.

L’hebdomadaire La Lance, estime que pour Alpha Condé, David Maraga a adopté ‘’un comportement qui honore l’Afrique et prouve que désormais, la démocratie installé sur le continent ‘’. Heureusement, poursuit le journal, Nairobi est à des milliers de kilomètres de Conakry. Comparant les présidents des institutions judiciaires de la Guinée dont celui de la Cour Constitutionnelle qui s’est attiré des ennuis après avoir invité Alpha Condé à se méfier des sirènes révolutionnaires, La Lance invite les guinéens à apprécier en 2020, date de la prochaine élection présidentielle. ‘’En attendant, seul Alpha Condé n’a pas dit ce qu’il veut jusqu’à maintenant. Mais les sirènes ont déjà commencé à retenir’’, notre confrère qui termine sur ces propos du président Alpha Condé : ‘’L’Afrique sera ce que nous voulons qu’elle soit et la preuve est aujourd’hui faite que les africains peuvent se comprendre pour préserver l’essentiel : la paix et la quiétude des citoyens’’.

Pour l’hebdomadaire satirique Le Lynx, en Guinée, l’acte de la Cour Suprême du Kenya nous amène à faire une rétrospective des trois dernières élections organisées dans le bled. Dénonçant de passage la gestion des présidents de nos institutions judiciaires et ceux en charge des élections, La Lance estime qu’en Afrique, le Kenya devient désormais un exemple.  ‘’Sa Cour Suprême donne ainsi la leçon à celles des autres pays africains qui parrainent le syndicat des présidents à vie. Mieux, Uhuru Kenyatta s’est incliné devant la décision de la Cour Suprême. Ce coup de tonnerre électoral ouvre désormais une nouvelle ère pour l’Afrique’’, souligne l’hebdomadaire qui pense que la décision de la Cour Suprême du Kenya démasque clairement l’hypocrisie de certaines  chancelleries occidentales et surtout des missions d’observation internationales des élections en Afrique.

Bonne lecture !