dimanche, 26 mars 2017, 05:24 GMT

L’année 2016 n’a pas été pour Mamou une année rose, des événements sans précédent ont bouleversé le quotidien des citoyens de la ville-carrefour : manifestations de rue, grève, insécurité, accidents de la circulation, détournement de fonds, faible réussite des candidats au baccalauréat unique, naufrages de plusieurs  jeunes en méditerranée. Bref, 2016 aura été une année noire pour Mamou. Mais malgré ce triste constat, nous pouvons saluer les reformes au niveau de la Justice et les efforts pour maintenir notre ville propre.

En début de l’année 2016, les centrales syndicales CNTG, USTG et autres ont lancé un mouvement de grève pour appeler l’Etat à réduire le prix du carburant à la pompe mais aussi procéder à une augmentation des salaires de tous les fonctionnaires. La préfecture de Mamou n’a pas été en marge de ce mot d’ordre de grève. Des échauffourées à la gare routière de la Conserverie, dans le quartier Almamya , entre des jeunes taximètres et la CMIS N° 10 de Mamou ; des barrages érigés à la sortie de la ville pour Conakry empêchant tout mouvement de véhicule de transport public, des marchés fermés : voilà ce qui a caractérisé la ville pendant des jours.

Les coupeurs de route ont fait parler d’eux à Mamou en 2016. De nombreux  braquages de véhicules de transport public et des conducteurs de taxis motos ont été enregistrés dans les périphéries de la ville-carrefour. Des morts, des blessés et des biens emportés : c’est le triste bilan dressé suite à ces attaques.

Des scènes d’insécurité isolées ont été aussi enregistrées en 2016 : une attaque à main armée au lycée Doukouré où l’assaillant s’est fait tirer une balle dans le pied. L’attaque s’était produite au moment des cours.

Il faut noter des actes de bravoure contre les braqueurs. A Sokotoro, dans la sous-préfecture de Saramoussaya, un conducteur de taxi qui a été braqué par trois jeunes à bord d’une moto dans la nuit du samedi  20 au dimanche 21 août dernier avait eu le courage de se jeter sur le porteur de l’arme qui fut neutralisé et battu à mort. Les autres complices ont été arrêtés les jours suivants.

Lors d’une attaque à Dounkiwal , sur la nationale Mamou-Faranah, le conducteur d’un véhicule a été assassiné. Elhadj Amadou Kolon BARRY, Inspecteur régional des Affaires religieuses, à travers un communiqué radiodiffusé, avait demandé aux imams de procéder à la lecture du Saint Coran dans toutes les mosquées pour l’anéantissement de tous les braqueurs.

Pour traquer les coupeurs de route, le centre opérationnel mixte de sécurité, composé des gendarmes de la compagnie mobile d’intervention de sécurité (CMIS) et de l’escadron mobile N°12, a été installé à Mamou depuis mi-novembre 2016. Ce centre est chargé de lutter contre la criminalité et toute forme de braquage le long des axes routiers. Ses éléments organisent des patrouilles dans la commune urbaine et en milieu rural.

 

La fermeture du ‘’Couloir de la mort’’

 

En 2016, le ‘’Couloir de la mort’’, le  lieu le plus dépravé de Mamou a été fermé. Il était surtout reconnu pour être un endroit les gens s’adonnaient à la consommation abusive de l’alcool et de la drogue ainsi qu’à la prostitution. C’était le symbole de la dépravation totale  des jeunes filles et garçons qui fréquentaient ces lieux.

Sept cas d’assassinats y ont été répertoriés. La plupart des victimes ont été bastonnées. Les autorités religieuses avaient élevé le ton pour demander aux autorités administratives de prendre toutes les dispositions pour la démolition de tous les bâtiments autour du ‘’Couloir de la mort’’.

Quelques jours après, une équipe d’agents de la police conduite par le commandant Joseph Panival Haba avait procédé à la fermeture des différents bars et des maisons de passe du ‘’Couloir de la mort’’.

 

Justice

 

En 2016, notre justice a changé de visage. Plus de détention prolongée des présumés. Le tribunal de Première instance de Mamou fait face, depuis novembre 2016, à l’épineux dossier du détournement de fonds à la mairie de Mamou.

Les trois présumés auteurs accusés de malversations financières de 259 917 000 GNF à la mairie, en février-mars 2016 sont : Elhadj Oumar Diallo, ex-président de la Délégation spéciale, Ibrahima Soriba Keita ex-receveur et Honoré Saa Tolno ex-secrétaire général à ladite commune. A la barre, seul Ibrahima Soriba Keita a reconnu les faits. Les deux autres, Elhadj Oumar Barry et Honoré Saa Tolno, ont nié les faits de détournement pour lesquels ils sont poursuivis.

Le montant de 259 917 000GNF, représentant les redevances fiscales de MTN Areeba à la commune de Mamou, a été retiré du compte en deux tranches, selon les explications à la barre. « Une première somme de 180 millions et une deuxième de 79 millions », explique-t-on.

Après trois audiences, Sidiki Kourouma, le président du Tribunal  promet de rendre le verdict le 18 janvier prochain.

Un cas de libération d’un détenu  de la prison civile de Mamou a irrité plus d’un.  Il s’agit de Thierno Minkhaïlou Diallo, âgé d’une cinquantaine d’années. Il avait été jugé et condamné en mai 2016 pour vol de bétail à un an d’emprisonnement ferme et au paiement  d’un million de francs guinéens. Après 7 mois d’emprisonnement, le condamné s’est retrouvé dans la nature. « C’est suite à un transfèrement de la prison de Mamou pour celle de Mali que le monsieur s’est retrouvé en Sierra Leone. Au cours de fuite, il fera un accident », avait expliqué  Daouda Diomandé, substitut du procureur.

Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 novembre, aux environs de 22 heures, Thierno Minkhaïlou Diallo a été ramené à la maison centrale de Mamou après quelques jours passés en Sierra Leone.

 Une grande quantité de chanvre indien (1350 kilogrammes) saisie au cours de l’année 2016 a été incinérée le samedi 31 décembre dernier. Selon des informations recueillies sur place, cette quantité de chanvre indien incinérée proviendrait de la Sierra Leone.

 Une mission mixte des autorités locales et des partis politiques (mouvance et opposition) avait fait en octobre et novembre 2016, une tournée de sensibilisation dans les sous-préfectures de Mamou pour appeler les citoyens à la base à la réconciliation nationale initiée par le Chef de l’Etat et le Chef de file de l’opposition. Sur 13 sous-préfectures, 9 ont été visitées. Par manque de moyens, la mission n’a pas pu s’achever.

Partout dans les localités visitées, le gouverneur de région, Amadou Oury Diallo, a appelé les populations à la réconciliation nationale et à la culture de la paix.

Des infrastructures de l’indépendance toujours inoccupées

Une année après leur remise, certaines infrastructures construites dans la région de Mamou à l’occasion de la célébration du 56ème  anniversaire des festivités de notre indépendance restent toujours inoccupées. Par contre, parmi celles qui sont fonctionnelles, il y a des ouvrages qui n’ont pas été équipés.

Parmi les infrastructures non fonctionnelles, nous pouvons citer le centre d’accueil et la direction préfectorale de l’aménagement du territoire, construits dans le quartier Thiewgol à 5 km du centre-ville. Là, un gardien surveille les lieux envahis d’herbes et qui servent de ‘’ghetto’’ pour les consommateurs de drogue. Au quartier Loppè, un nouveau marché est construit pour une centaine de places. A défaut d’être utilisé, ledit marché sert pour le moment de cadre à la réception des cérémonies de mariage. Malgré les multiples plaidoiries des citoyens pour délocaliser le marché Avaria, qui expose les occupants à tous les dangers, rien n’est fait.

Au quartier Madina-Scierie, il y a aussi le grand établissement flambant neuf de deux bâtiments R+2 réservé pour le collège et le lycée Cabral qui est à la merci des intempéries de la nature.
Au quartier Almamya Dumez, au marché Pépé Kallé, seuls les hangars sont occupés par les étalagistes. Certains kiosques en cours de construction ont été abandonnés par l’entrepreneur.
Parmi les quelques infrastructures fonctionnelles, seuls les blocs administratifs du gouvernorat et de la préfecture ont été équipés. Toutes les autres, ce sont les anciennes tables et chaises qui ont été installées.
Suite au programme de délocalisation  de la fête de l’indépendance, en 2015, la région de Mamou a bénéficié d’une trentaine d’ouvrages administratifs, sécuritaires et scolaires pour les trois préfectures. Pourquoi jusqu’à ce jour certaines de ces infrastructures qui constituent des bijoux pour ces villes et qui ont coûté des milliards ne sont toujours pas opérationnelles ?

Autre fait ayant marqué les esprits a Mamou : la cérémonie d’inauguration de la mosquée de Timbo en mai 2016. Une bousculade y a failli provoquer des pertes en vies humaines. 

Rappelons que cette mosquée qui suinte de nos jours a englouti depuis 2009 des milliards de nos francs. Le capitaine Moussa Dadis Camara qui avait lancé les travaux avait financé 2 milliards de francs guinéens. L’Arabie Saoudite et Kadhafi avaient aussi apporté un apport financier. En 2015, le président Alpha Condé a achevé la mosquée avec 3 milliards.

Sur le plan sanitaire

La maladie à virus Ebola, qui a fait des milliers de morts en Guinée, a été vaincue en 2016. Mamou, qui n’a enregistré aucun cas, a bénéficié du renforcement de la surveillance sanitaire aux frontières. L’organisation internationale pour les migrations a rénové le poste frontalier du district de Sitacoto dans la sous-préfecture de Ourekaba ;  ceci grâce à un appui financier du Japon.

L’année 2016 a été marquée par l’organisation des Journées nationales de vaccination contre la poliomyélite des enfants âgés de moins de 5 ans. Quelques cas de réticences sporadiques ont été constatés. Ces cas de réticences font suite aux effets secondaires provoqués  par le Praziquantel, un déparasitant distribué fin novembre aux enfants de 5 à 14 ans dans les préfectures de Koubia et Mamou. Une campagne financée par l’OMVS (l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal). Le Praziquantel avait provoqué chez certains enfants des vomissements et des diarrhées. Ce qui a suscité chez les parents le refus  cette fois-ci d’accepter le vaccin anti-polio.

600 équipes composées de 1206 agents qui ont fait du porte-à-porte pour administrer la dose de vaccin à 200.000 enfants à Mamou.

Dans le secteur de l’éducation, les candidats de Mamou au baccalauréat unique ne vont jamais oublier l’année 2016. Sur un total de 1425 candidats, toutes options confondues, seuls 268 candidats ont pu décrocher le bac, soit un taux de réussite de 19%.

Certains élèves, qui ont abandonné les classes, se sont retrouvés en aventure dans les pays du Maghreb, via à Bamako. Plusieurs d’entre eux ont laissé leur vie en tentant de traverser la Méditerranée. Une dizaine de familles ont endeuillées courant 2016, suite aux naufrages.

Depuis janvier 2016, environ huit cents mineurs ont été interpellés à la frontière guinéo-malienne, à Kouremalé.

Badicko Diallo

Mamou, Moyenne Guinée.

Badicko Diallo